‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 182 sur 257 · Monum. Concil · texte numérisé non relu

Monum. Concil

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rassuré sur les suites de l'alVaire Capraniea : le concile [xmrrail lui ij^arantir rassoupissement du [)rocès el, pour calmer tous les scrupules, suppléer condiliounellement à ce qui manquait peutêtre à la validité de son titre. Cette proposition ne lit qu'égayer les pères : elle leur révélait à quel point ils tenaient le pape dans leur dépendance. « Dites-vous cela de vous-même, demanda « Cesarini. ou le saint-père vous en a-t-il cliarg-é? — Bien « mieux, il nien a prié. — C'est donc que la papauté lui plaît, « et qu'il ne trouve pas le fardeau trop lourd ! » Un autre, l'abbé tle Vézelay, fit observer ironiquement (ju'Eugène IV ne pourrait plus reprocher au concile de pourvoir à des bénéfices, puisqu'il lui demandait de le pourvoir lui-même de la papauté. D'ailleurs, le cardinal Cervantes dénonça le caractère simoniaque de l'expédient ; il objecta aussi l'accusation d'hérésie pesant actuellement sur Eugène, d'où résultait qu'il eût été téméraire de donner à ce pape la moindre garantie. Bref, bien que la motion, présentée par l'Empereur comme favorable à l'Église plutôt qu'à un pontife dont il était le premier à déplorer le choix, eût rallié les sufîraa-es des Électeurs, des barons allemands, des ambassadeurs de France, de Venise, etc., le concile l'écarta impitoyablement '. On voit le parti que les adversaires du pape continuaient de tirer de la bulle Deiis novit, dont on ne savait toujours pas si elle était authentique ou fausse. Le 17 octobre, lecture publique en fut donnée devant 2.000 personnes. Au milieu de la stupéfaction causée par cette révélation, le procureur de la foi signala le danger d'un tel recours aux puissances séculières : il y avait là, selon lui, l'indice d'une doctrine perverse, tendant à placer l'Église sous la dépendance des princes, doctrine dont les adeptes osaient se montrer àBâle, puisque, la veille, un nonce avait eu le front de soutenir que la voix d'un seul ambassadeur l'emporte sur celles de trente évêques. La prétendue encyclique fut renvoyée

1. Mnniini.Coin-il.. 11. :m). :nr.L :n)l : .I.ilalK'r. 11, JKi. il:'-: D.-iiIsrhc llcichslafjsuklen. XI. Ki'J.

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à 1 t'xaiiu'n des clépulations, et bientôt on la déclara scandaleuse, séditieuse, téméraire, injurieuse et blasphématoire, ()lusieurs même estimant qu'elle ne pouvait provenir que d'un hérétique •.

A ce déchaînement les nonces n'opposaient qu'un honteux silence. Leur elFacement, leur couardise indignèrent le véritable auteur de la bulle Deus novit, qui regretta de s'être trouvé alors en l^'rance, pour une mission du pape, et ([ui, à Bide, eût défendu d une toute autre manière le principe de la souveraineté pontificale : c'est du nuiins ce dont il se vanta au pape dans une curieuse lettre dont j'ai déjà tiré parti -.

( Hu' Barthélémy Zabarella et (Christophe de San Marcello n aient pas épousé la doctrine d'Antoine de Roselli, cela se comprend aisément. Mais qu'ils n'aient rien trouvé à répondre aux théories de leurs adversaires; qu'il n'aient eu de courage que pour désavouer rencyclique Deus novit, peut-être pour en dénoncer l'auteur, lorsqu'ils l'eurent découvert ; qu'à ce système, assurénunil contestable, ils n'en tdent substitué aucun autre plus conforme à la pensée pontificale ; qu'ils se soient constamment

1. .U()/ii(/(i. Concil.. II. 10(3, 519: .1. Ilallor. I. 2riS : II. 506. 508, 511 : Ampliss. cnllecl., \'III. 931.

2. « Quoniam ipsos adeo jam formidolosos esse conspexi ut adinimicoiuin vcstrc Sanctitatis minas siiaderont Bi-atitudini vcslrc ut pure ac siinpliciler et ahs([uc ulla alia eautcla illi liasilicnsi coun encinni. ut scmper Coucilio. adhercre debei'otis. Quani rem ej;o, quamvis pusillus, coram vestra Sanctitateac majeslate Cesarea, justis racionibus, alia vohis nou pi-estila caulela. propulsare ausus fui. Conspicio insuper quod ignoraucia ducit eos : nam. cum Hasilee e|)islola a me con- Cecla iveitaretui- ([ue ineipil Deiia noiil, que rei iuijus manirestissime osleudebat omnem \eiitalem et seriem, et adversai-iorum vestrorum crrorcs limpide detegebat. et vestram jusliciam conlirmabal, adeo quod profundissime vestri adversarii lanj-'ebautur, et ideo conlra iilaui (am acrifer clamavei'uut ([uod ipsi Icpiti vesli-i. runiDriljus tei'i-iti ac cuiitonta iu ipsa epislola jure del'endei'e nescicntes, advcrsariorum ai'j;:umentis acquieverunt ac ad miserorum refu^ium coulufïerunt, me vidclicel, non alium ipsius fuisse epistole aulorem. Koce, beatissime paler. defcnsiones, ecee jura, ecce sanetoi-um l'atrum aueloritates (pias iu médium pro vera (ulanda justieia produxeruiit 1 Sed o uliuaui, pater sanctissime, sicut in Gallia tune al)eram, ita in Concilie interfuissem I Xam qui se ultra debitum doctissimos existimant obmutuissenl, quoniam justiciam vestre Sanctitatis adeo jure divino et iiaturali ac sanctorum Patrum auclorilal il)us roborassem. quod ora indobife latrantium compescuissem et \crba illius epistole in omnibus sui'^ parlii)us iiiiiliruias>.om. ■ lîibl. Laureulienne, plut. wi. ms. I.i, fil. j-js r'.

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