‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 181 sur 257 · T. lialler, II, ,">02, .'jOO ; Mnniim. Concil., II · texte numérisé non relu

T. lialler, II, ,">02, .'jOO ; Mnniim. Concil., II

2. Le 20 juin 1 13.'5, Alphonse V recommandait à son aumônier de tâcher de détacher Tudeschi du parti d'Eug^ène IV, en agissant avec prudence, mais en lui faisant de généreuses offres de sa part .1. Anietllcr v \'inyas el .T. CoUell, I, 402- •i06 .

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dont les dispositions étaient si manifestes? Le devoir de 1 Empereur, des rois, des princes n'était-il pas tout indiqué ? faire cause commune avec l'Eglise, dont se séparait Eugène IV. Si celui-ci les vovait désormais lui refuser l'obéissance, peut-être reviendrait-il à de meilleurs sentiments.

Je passe les arguments, déjà cent fois reproduits, par lesquels le légat prouvait ([ue le conflit portait sur une ([uestion de f<ii. L Eglise, oui ou non, est-elle au-dessus du i)ape, son ministre? Est-elle faite pour lui. ou est-il fait pour elle ? Doit-on dire dans le symbole : Credo in papam, ou bien : Credo in sanctam Ecclesiani catholicam ' ?

A tant d(> fougue, à tant d élo([uence, à tant d'apparente logique, Barthélémy Zabarella n'opposa ([u'une défense timide.

A l'entendre, la bulle Diidii/n sacrum pouvait être considérée comme une adhésion pure et sinq)le, vu (jue les conditions qu'on y avait insérées étaient, pour ainsi dire, nécessaires-, auraient pu être sous-entendues. En règle générale, la présidence des conciles n'appaitient-elle pas aux légats? Et, si l'on a commis quelque excès de pouvoir, n'y a-t-il pas lieu de le réparer?

On objecte, ajouta-t-il, qu'un concile ne saurait faillir : mais, d'ordinaire, (juand une cause est introduite devant un synode, on écarte du jugement ceux ([ui se sont portés parties. Or, le concile est peuplé d'ennemis avérés du pape, tels ([ue les sujets du duc de Milan -'. Sur ce chapitre, Zabarella était sûr de j^ouvoir s'entendre au moins avec Sigismond, qui avait rapporté d'Italie la plus ardente soif de vengeance à l'égard de son ancien allié Philippe-Marie. Dès son arrivée à Bàle, l'Empereur avait éclaté violemment en reproches contre ce Visconti qui lui avait proposé

1. Hihl. nul., ins. lat. 151.3, loi. l-l.i: Hibl. Mazarinc, ms. 1681. Col. .il v : I?il)l Lauroiiticnne. plut. .\vi. ms. 1.3, fol. 111 v" ; Ampliss. collecl.. \'I1I. 6i.3. ('f. Mnnnm. Concil., II. Î75-S87, i9i : J. Ilaller, II. 505.

2. Sur les violences e.vercées par Philippe-Marie pour forcer les prélats de ses états à se rendre au concile, v. surtout (2. Majrenta. / Visconli e ijli S/Vi/:,i nel cuslelloili l'avia, II, 159-161.

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jadis (le dissoudre le concile, et qu'il voyait exercer dans le synode luie sorte de présidence occulte '. Vne autre fois, il souleva les protestations de Tévêque de Pavie et du cardinal Rranda en répétant ([ue le concile était aux ordres du <luc de

Milan -.

Au surplus, Zabarella s'aventura le moins possible sur le terrain de la doctrine, comme s'il l'avait senti g'iissant. A un moment pourtant il dit assez gauchenient : « Le concile de Constance (( doit-être cru comme parole d'Evang-ile, à moins qu'il ne con- (( tienne des choses contraires à la foi. — Auriez-vous un doute (( à ce sujet? interrompit Cesarini, — Je crois ce que croit l'E- « glise, et je sais que les papes ne jurent d'observer que les (c décrets de huit conciles. » C'est ce qui permit au légat, l'mstant d'après, de rabrouer le pauvre nonce, en lui rappelant que les prélats sont tenus de connaître leurs articles de foi, et qu'il ne sied pas à un archevêque de répondre comme un illettré.

Au sujet de l'encyclique Deus novit, Zabarella se retrancha derrière son ignorance : ni lui, ni l'évêque de Cervia n'en avaient entendu parler. Émanait-elle du pape ? Ils ne le savaient pas ; ils croyaient même le contraire.

« Plût au ciel qu'il en fût ainsi, répartit Cesarini I Nous (( serions moins éloignés de nous entendre. » Et il réfuta point par point les réponses hésitantes de l'archevêque de Spalato, en constatant que le nonce n'avait fourni aucune preuve en faveur de la prétendue supériorité du pape sur le concile ^.

Zabarella tint à répUquer. Il paraissait placer surtout son espoir dans les princes, insistait pour qu'on tînt compte de leur

1. Deutsche Reichslagxaklen, XI, 82. Cf. Murât., XXI, 110, 222.

2. L'évêque de Pavie prétendit n'avoir jamais revu de mot d'ordre au sujet du procès du pape. Il en était de même, pensait-il, des autres prélats milanais, qui n'étaient pas, d'ailleurs, plus de sept au concile {Monum. ConcU., II, 498).

3. Bibl. nat.,ms. lat. 1513, fol. 13 v°, 17 r»; Bibl. Mazarine, ms. 1684, fol. 57 v°, 59 v": Bibl. Laurentienne. plut. xvi. ms. 13. fol. 113 v°. 114 r" : Amplisa. collect., VIII, 6j(i, (359. Cf. Munuin. ConciL, II, i87-îy5; J. Ilaller, II, 505.

NOL'VLLI.KS IMîitlliM.A IIUNS

avis, de celui de leurs ambassadeurs: « Il faut sonj^er non seu- « lement au nom])ix' des votants, mais au nombre des gens que « chaque votant représente. Il \ a ici tel ambassadeur ({ui parle (. au nom de tout un royaume : son sullrage l'emporte sur celui « de trente prélats. ■> l'Urange théorie qui provoqua aussitôt de la p.irt de Cesarini une énergique protestation 1

La conclusion de ce débat aurait été, en somme, désastreuse pour le saint-siège sans une intervention conciliante des ambassadeurs vénitiens. Toutes ces discussions ne menaient à rien, dirent-ils. La bulle Deiis novil elle-même, fût-elle authentique (ce qu'ils ne croyaient pasj, n'avait aucune importance, car le pape ne l'eût pas expédiée s'il eût su la présence de l'Empereur, l'octroi d'un nouveau sursis. Ce qu'il fallait, c'était trouver un terrain d'accommodement '.

C'est à cpioi s'employèrent, durant les semaines suivantes, les Vénitiens, Sigismond, les ambassadeurs étrangers : car, en dépit de toutes les résolutions et de l'impatience de plusieurs, le concile céda aux instances de l'Empereur, des Électeurs, des Vénitiens, de Charles VII, des ducs de Bourgogne et de Savoie ', et se laissa entraîner à accorder encore des prorogations : une de huit jours le 19 octobre, une autre de la même durée le 27, le 7 novembre enlin un sursis de trois mois.

Les pères n'eurent pas lieu de s'en repentir. Ce temps se trouva par eux utilement employé à achever la conquête morale des puissances.

Simon Charles, le dernier envoyé de Charles Vil, fut peutêtre le seul à essayer de remettre en avant l'idée des concessions réciproques •* : c'était une question depuis longtemps tranchée.

Sigismond insista davantage pour qu'Eugène, du moins, fût

1. .\ini>liss. coUecl.,\U\,'ôm\ Deutsche Reichstagsakten, XI, 9J ; cf. p. 93 J. llaller, II, 505.

■2. Moniiin. Concil.. U. ibS. i66, 567. 498 : J. Ilaller. I. 255; Deutsche Reichslagsahien, XI, 169: .Encas Sylvius. De rehus Dusilem (jestis. p. 55.

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