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si lég'itiine (lu'il soit, éprouve toujours le besoin de recourir au saint-siège pour la confirmation de ses canons. De même, en promettant au concile sa faveur, le pape ne s'engage pas à approuver indistinctement les décrets synodaux, mais ceux-là seulement qui ne portent atteinte ni à sa juridiction, ni à son autorité, qui ne blessent ni Thonneur ni la svq^-ématie du saint-siège K
11 n'en est pas moins vrai qu'aucune de ces réserves n'était alors exprimée, et pour cause. Donc, aux yeux des pères, aux yeux de la chrétienté, Eugène IV avait l'air de céder sur tous les points et de reconnaître implicitement la subordination du pape au concile général. Il se flattait sans doute que les Bâlois, satisfaits, borneraient là leurs exigences, ne lui demanderaient pas de déclaration plus précise, et qu'il pourrait, dissimulant sa pensée véritable, attendre des temps meilleurs pour s'expliquer en toute sincérité -. Mais sur quel fondement reposait cet espoir ? Lui-même remanpiait naguère combien il serait dangereux de paraître approuver ce qu'avaient fait ses adversaires : ce serait les encourager à renouveler leurs attaques plus tard et s'ôter à soi-même tout moyen de leur résister -^ En réalité, il pouvait être forcé, un jour ou l'autre, ou de renier catégoriquement ses principes, sur lesquels reposait la constitution de l'Eglise, ou de déchirer la paix menteuse qu'il venait de conclure. Dans le premier cas, l'indépendance, dans le second, l'honneur du saintsiège étaient fatalement compromis.
Les derniers jours de l'année 1433 marquent une des époques les plus critiques de l'histoire de la papauté.
En même temps que la nouvelle bulle Dudiim sacrum, des lettres furent adressées au concile, à l'Empereur et au doge de Venise, lettres pleines de bienveillance pour les pères, de gra-
1. J. de Torquemada, Réponse à Cesarini (Roccaberti, Bihlioth. ponlificin, XIII, 606); Responsio in hlasphemiam (Mansi. XXXI, 16; Siimma de Ecclesia, lih. II, cap. 100.