Bulle du ntèmejour ihtd.. \>. 0:?.i
7. II eu empnrlait deux textes quelque peu dissemblables, ({ui turcut [un cL l'autre envoyés au roi de France .1. Ilaller. I. .■iJ7 . Kuf,'èue IN' avail-il donc conservé l'espoir de l'aire accepter encore des modilicatious ? CI", les instructions du sénat (le ^'enisedu 7 janvier 143» i Deuische Reichsfiif/sahteiu XI. 342).
N. UiuMldi. I\ 107.
'M)S l.A VICiniRK DU CONCILK
savoyards. Eugène l\ leur donna audience, puis adressa ses remerciements aux princes, sexcusant de la hâte avec laquelle il avait cédé aux admonestations de Venise, sans attendre leurs envoyés, et les assurant que leurs conseils avaient pesé d'un grand poids sur sa détermination. Il ne perdit pas cette occasion d'implorer leur appui. « Par éji,ard pour toi, écrivit-il à Sigis- « mond, et dans l'intérêt du salut des fidèles, nous avons « mieux aimé céder quelque chose de notre droit que continuer « à défendre l'autorité et la dignité du saint-siège. Tes conseils « ont été suivis ; à toi maintenant de sauvegarder notre perce sonne, nos droits, ceux de l'Eglise romaine !» Et à Charles VII, au duc de Bourgogne, à celui de Savoie, aux Electeurs, aux rois de Pologne et de Portugal il réclamait des instructions formelles, de façon à ce que leurs ambassadeurs et les prélats de leurs états prissent à Bâle une attitude nettement favorable au saint-siège K
Cependant la nouvelle de la victoire remportée sur « l'obsti- « nation » d'Eugène avait précédé à Bàle le retour des Vénitiens. Quand, le 28 janvier 1434, on annonça l'approche de ces heureux diplomates, moitié reconnaissance, moitié curiosité, les pères se portèrent au-devant d'eux en grand nombre.
Il en fut de même, trois jours après, quand arrivèrent les deux nonces '^. Ambassadeurs et prélats allèrent fort loin à leur rencontre. Sigismond, en personne, leur fit l'honneur de s'avancer à la distance d'un trait d'arbalète hors des murs •^.
La nouvelle bulle fut lue le 2 février et relue, en assemblée générale, le 4. L'archevêque de Tarente fit observer que le saint-père accédait à tous les désirs du synode : par amour de
1. Fl. lîiondo, p. 177, 178: Uinalcli, IX, 1(37, 168; Deuisclie Reichsdigsalilen, XI, 128, 129; J. Haller, I, .^27, 328, note 1 ; Guichenon. IV, i, 298.
2. Leiu" passag'e par la Vénétie est signalé le 16 Janvier dans la chronique de Sanudo (Muratori, XXII, 1035), qui a le tort de confondre l'évcque de Cervia avec celui de Corncto.
3. Monum. Concil., II, 501 : .1. Ilallci. 1. 7o: 111, 16: ^". 392.
riiiriMi'iii; hi:s i-kuks m: iiai.i: 309
lu paix t'I alin (|Ui.' k' concile j)ùl ;KC<(inj)lir sa mission, il se résignait à exaucer une demancU' (jui lui seniblail pourtant de nature à rabaisser (luelque peu le saint-sièp^e. Les pères, espélait-il, prendraient eux-mêmes dorénavant la défense do la papauté : il y allait moins de l'intérêt d'un homme que de celui de Dieu. ( Kic tous les dissentiments passés fussent donc ensevelis sous loubli I Ou on ne songeât plus qu'à la foi, à la réforme et à la paix ' I Le vénitien Donato lit également entendre un appel à l'esprit de charité. 11 certifiait les bonnes intentions d'Eugène, qu'il connaissait, disait-il, de longue date, et trouvait même quelque chose de miraculeux dans son cas, la guérison inespérée de son œil et de son côté paralysés. Enfin, au nom du concile. Cesarini rendit grâce à Dieu, sans oublier de remercier le pape, les nonces, le doge, les Vénitiens, et, le lendemain, dans une session où Sigismond parut de nouveau environné de tout l'éclat de la majesté impériale, le concile admit et approuva la dernière bulle Diiduni sacrum^ reconnaissant qu'Eugène IV lui avait donné satisfaction. Le Te Deurn retentit, toutes les cloches de la ville se mirent à sonner ; l'Empereur arma chevaliers les ambassadeurs de Venise. Les nonces pleuraient de joie "-.
« Jamais, écrivait un Allemand quelques jours plus tard, « jamais victoire plus éclatante ne fut remportée depuis la nais- « sance du christianisme. L'Eglise a triomphé dans son auto- « rite ; elle a vaincu ses adversaires. Voilà qui sera pour elle « une aide et un encouragement jusqu'à la fin dès siècles... Je
1. Moniim. Concil. II, 561. 562 : .1. Ilallei-, 1.76; III, 17.
•>. Mnnum. Concil.. II. 563. 56i;.î. Ilaller, III, 19, 20. Cf. Chronir. ForoUv. Mural., XIX. 001 . — Le 15 février. le doj;c de ^'enise. en envoyant aux Florentins, « ad gaudiuniet exultationem onniium fidelium christianorum », copie de ce décret de Bàle. ajoutait : " Kx quibus clare et aperte dignoscitur ipsum Summum Pontificem lirmum et indubitatum in scde sua renianere, ut débet. " Hibl. Laurenticnnc. plut. xvi. ms. l.'î. lui. 122 r".) — II est assez étranjîe que le même décret nait été iiiilifié au chapitre de Bourges que plus d'un an après, le 9 mai I i35 Arch. du Cher. G 378'. loi. 2i7 v .
.'^lO I.A VICTOIRE Dr r.ONCII-E
(( crois très fermement que le monde n'a point obtenu de plus <( grande p^ràce depuis l'incarnation du Christ '. »
Ainsi, d'un coté, soumission apparente et contrainte, de l'autre, triomphe enthousiaste et joyeux. C'est dans ces conditions qu'après deux ans d'une lutte soutenue, de part et d'autre, avec même constance, même ténacité, même conviction, se réalisait l'union du pape et du concile. L'aurore de l'année 1434 se levait au milieu d'épanchements d'autant plus remarqués qu'ils succédaient à plus d'emportements furieux, à plus d'injurieuses et menaçantes clameurs.
1. Lettre d'Ulrich Slockcl du 19 février 1134 (.T. Ilaller, I, 76). Cf. Moniim. Concil., II, 559.
(IIAI'ITHK OCATRIHME
(1434-Li3:;)
La vieille capitale du monde romain arrosée [lar le sang- des martyrs, où avec les débris des temples du pa';anisnu' s'étaient édifiés tant de sanctuaires vénérés, cessait dètre le centre de la catholicité. Il était transporté dans la petite ville proprette, récemment reconstruite, la ville aux toits reluisants et aux nids de ci^o-^nes. dont la rouge cathédrale gothique dominait le cours impétueux du Pvhin. Dans ses maisons confortables, au milieu de ses jardinets et de ses fontaines, le long de ses petits remparts, (.u i)armi ses prairies, qu'égayaient fréquemment les danses des lîàloises ', se pres.sait une foule d'étrangers évaluée déjà, en 1 i33, à environ 3.000 hommes '. Beaucoup de Français, beaucoup d'Allemands, un moins grand nombre d'Italiens, de rares Anglais et Espagnols -^ ; un sixième environ de cette multitude cosmopolite avait été incorporé au concile, et réparti, suivant les aptitudes
1. Lellrc d'.Eneas Svlviiis Coficj/. /}a."î//., V. 36S). , ., ,
•'. I.clli-e des cnvo.vt's vénitiens <h. TJ nrtol)pe IJ.TÎ Deutsche He.rlistufisakten.
' :»' ""vil v,.leclu f) (léfcmb.-e 14S6 prendronl part environ 100 Ki-anvais. lOO Aliema.uls .... H....};.-..is. ..m pen plus de 50 Italiens et à peine 10 Kspat'nols. CI. -hneas Svlvius. De rehus liusili'ie (jeslis, p. iù.
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présumées de chacun, entre les quatre ^ députations » ^ : c'était «l'Eglise universelle ».
A cette assemblée le Christ avait remis ses pouvoirs. Le souffle de l'Esprit saint s'y faisait perpétuellement sentir. Elle avait le droit de tout définii-, de tout réformer, de tout g-ouverner, particulièrement celui que sou titre de successeur de saint Pierre plaçait seulement au premier rang- de ses serviteurs, et dont elle venait de vaincre, d'ailleurs, l'insupportable résistance.
Dans toutes les cérémonies paradait un brillant état-major, comprenant jus({u"à sept cardinaux, trois patriarches, une cinquantaine d'évêques ou d'archevêques, ce qui, en y joig-nant les abbés, portait parfois le nombre des mitres à plus de cent 2; je ne parle pas de l'Empereur et des seigneurs de son entourage, ou des chevaliers et laïques complétant les pompeuses et jalouses ambassades princières. Mais cette élite était noyée sous le flot grossissant des docteurs, des licenciés, des simples bacheliers, des chanoines, des clercs de toute catégorie, des relig-ieux surtout et des frères Mendiants '. 11 y avait eu pourtant des barrières élevées à jjlusieurs reprises contre cet envahissement : les bacheliers ne devaient être admis que s'ils étaient personnes graves, ayant enseigné ou du moins fait de sérieuses études; les Mendiants devaient offrir un aspect présentable et produire une permission de leurs supérieurs^ ; d'une manière générale, les religieux ne devaient coopérer qu'aux travaux concernant la réforme '; enfin l'on s'en fiait au discernement de la commission des Douze, instituée pour prendre toutes sortes d'initiatives. Effectivement, les réclamations, nombreuses au dedans et au dehors, produisirent