‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 204 sur 257 · Eneas Sylvius, Epislola retractaloria (éd. Fea, p. 8j · texte numérisé non relu

Eneas Sylvius, Epislola retractaloria (éd. Fea, p. 8j

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ciliiilion. Les pères avaient encore la iiiéiiioii'i' IVaiche des engagements pris le 7 novembre : " Si le pape cède, avaient-ils dit, «( il n est pas im dCntre nous (pii nv lui haise les pieds, comme « à saint Pierre, (jui ne llionore comme le vicaire tle .lésus- . Christ: il sera le eliel" du concile; tous les regards se tourne- '< ront Ncrs lui : chacun cherchera à lui complaire, à lui obéir et, " autant c|u il se peut faire sans péché, à le servir '. » C'était bien le moment d'obtenir ladmissiim des présidents (jui, représentant le souverain pontife, devaient être les traits d'union entre le saint-siège et les pères. Je rappelle qii'Kugène W , pour remplir cet office, avait désigné les cin(| cardinaux Cesarini, Orsini, Pierre de Foix, Albergati et Foschi, l'archevêque dt> Tarente, lévèque de Padoue et l'al^bé de Sainte-Justine.

Le 5 février avait été le jour des grandes elfusions pacifiques. Les nonces présents à Bàle attendirent au l.'J pour présenter les bulles de nomination des présidents. Ce court espace de temps suffit pour refroidir l'enthousiasme général et donner aux pères le loisir de la réflexion '-.

1. Mamim. Co/ic/7.. II, âJl. — D'auli-e pari. Simon Charles, oinoyi' à Rome pour oblonii- du pape son adhésion au concile suivant les termes du tlécrel, avait été charjré de lui porter les assurances suivantes : « ...Item, et luy dira que le Hoy. en demonstrant par effect le bon vouloir que par singulière all'ection a tousjeu.\ eu envers N. S. P. le Pappe et son estât, se emploiera en toute faveur à la surtée de son dit estât, et par manière qu'il soit veneré et obey comme cstre doit, et que, si aucunes chouses avoient esté faictesou ti-aitées à Baalle à son préjudice et desplaisance, fera devoir de les faire modérer, et par si bons moyens ijue en ce il ajiersevra la boinie \olentié du lloy. lequel, tant comme Dieu luy douera vie, luy obeyra comme à vray pappe, en ^'ardent son honneur et justice envei"s tous... » Charles Vil faisait dire, de plus, à Eugène IV qu'il avait donné à ses ambassadeurs à Bàle l'ordre de le favoriser de toutes les manières, lui audience secrète, Simon Charles de\ait de ne)uveau exprimer au pape " la ^'rant amour et faveur que le Roy a envers luy » et lui faire, au nom de Charles VII.- « telle promesse qui convendra » Jîibl. Laurentienne. plut. xvi. ms. 13. fol. 131 v'-i.

2. Moniiin. (Joncil.. II. p. 602: J. Ilaller, III. 28. — Dès le 5 février, Georj^es Cesarini écrivait de Bàle à Mathieu Correr, secrétaire du marcjuis de Mantoue : « Adhuc pioductumnonest in médium, tamen a longe sentiturquod Papa créât .v. présidentes, dominum S. Crucis. dominum S. Angcli. archiepiscopuniTarcnlinutn. episcopum Paduanum et abbatem S. .Tustine. Kgotainen credo, ut videor compreni\cvc. non admittenturnisi cardinales. De hac re tamen nil aperlum est adluie...

Archivio Gonzajja de Mantoue. Carleggin de(fV inviati ed altri ne' Svizzeri.

320 LA IRÈVE KNTKE LH l'APK ET LK CONCILE

Avant tout, le concile tenait à ne pas eomproniellre les Iruits de sa victoire. Au degré de puissance où il était parvenu, n'étaitce point s'abaisser que de recevoir des présidents qui, à l'exception de Gesarini, lui étaient imposés par Rome? Ces bulles, rédigées suivant un modèle connu, ne paraissaient guère conformes aux principes de Constance i^la remarque en fut faite par le cardinal Branda) : elles conféraient aux présidents le pouvoir de proposer, d'ordonner, de conclure (( au nom et en vertu de l'au- (( torité du saint-siège, avec ï assentiment du concile » '. Etait-Ci' donc au pape seul qu'appartenait la plénitude du pouvoir? Il y avait là quelque chose de choquant, aux yeux du cardinal Correr, quelque chose qui rappelait l'esprit de la bulle Deus novit -'. Admettre Cesarini et Albergati, passe encore, et à condition, ajoutait le cardinal Cervantes, qu'ils fussent reçus en vertu d'une délégation du concile ! Mais les autres cardinaux nommés étaient suspects : Orsini, par son intransigeance, Pierre de Foix, par son rôle dans le Comtat, Foschi, par son caractère. Eugène IV lui-même continuait d'inspirer de vagues soupçons, et l'archevêque de Tours ne jugeait pas prudent de se soumettre à sa tutelle. L'abbé de Vézelay, tout plein des souvenirs du concile de Sienne, considérait la présence de présidents apostoliques comme un danger de dissolution. D'accord avec Gorrer, l'archevêque de Lyon demandait que, si l'on recevait quelques-uns de ces présidents, ce ne fût qu'après qu'ils auraient renoncé à toute juridiction. Martin Berruyer, Nicolas de Cues, Gilles Garlier, Denis de Sabrevois, Jean Beaupère, Bertrand de Cadoène, Jour-

E xvn, n" 3.) — Le même Georges Cesarini répétera à Mathieu Correr'le 19 février : " ^'ideo neg:otium in maj<no discrimine : nam multe allegantur cause quare recipi non debcant. » IbUI.) Enfin, dans un rapport envoyé de Bâle an marquisde Mantouc le 11 mars,, je lis ces mots inquiétants : -< La generatione Gallica, la quai è molle forte in questo sacro Concilio, non voriano per modo alcuno li diti Presidenli fosseno amessi ; anze zerchano [per] tute le vie del mondo la destrutione del Santo Padre, e voriano che nova cUecione si facesse, per che sperano che la Cliiesa rimaria di qnà da Monte. » (Archivio Gonzaga de Mantoue, loc. cil.)

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