‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 215 sur 257 · I. Commiss. di Rin. cl. Albizzi. III, 38" ; cf. p. 5SS · texte numérisé non relu

I. Commiss. di Rin. cl. Albizzi. III, 38" ; cf. p. 5SS

'2. Lettre de Georges Cesarini (Hàle, 20 avril I i.'Vi •" ^'lm'ï^hs Uomani liic novitcr liahetiii" Papani omniiio Florenliam \'entiirum esse, el ibidem pro ipso mine jneuni adaetari el fideiri. » Arcli. Goiizaj::a de Mauloue, Ciirlcfifii» degi iiuiuli ed' nllri ne' Svizzeri, E xvii, n" 3.) Cl', une lettre de la seigneurie de Florenee à eelJe de Venise du 5 avril (Cecconi, p. i,v). Dès le mois de février, les Florentins avaient mis deuv navii-es à la disposition du i)ape pour le conduire où il \oiidrait ibid.. p. i.iv .

le jour OÙ A'espasiano da Bisticci se souvenait d'avoir vu, sur la place de Santa Maria Novella, la foule émue éclater soudainement en sanglots à la vue de ce pontife, doublement vénérable par son saint caractère et par ses infortunes, qui se dressait sur la tribune élevée devant le couvent dominicain pour entonner le verset Adjiitorium nostrum, prélude de la bénédiction pontificale '.

A Rome cependant la fuite du pape avait donné le sig-nal du pillag-e. Partout où avait résidé Eugène IV, à Sainte-Marie-auïrastévère, à Saint-Chrysogone, au Vatican, la populace fit main basse sur tout ce qu'elle put enlever. Parmi les objets dérobés, on signale même des registres qui font sans doute encore défaut dans les séries des archives du saint-siège ~.

Seul le Château-Saint-Ange continuait de déployer la bannière de l'Eglise en face de la ville révoltée, et le gouverneur, un certain Balthazar Baroncelli d'Offida, dont le nom reparaîtra plus d'une fois dans ce récit •^, manifestait l'intention de tirer vengeance des rebelles. Pour se défendre contre ses sorties, les Romains avaient la ressource d'élever des barricades en travers du pont Saint-Ange et à l'entrée du Borgo. Mais, pour mettre fin à son bombardement, il n'y avait qu'un moyen, s'emparer de la citadelle. On espéra y parvenir par l'entremise d'un espagnol, le chevalier Riccio, introduit dans la place, et qu'on croyait acquis à la cause républicaine. De fait, il communiqua plusieurs fois avec les avant-postes romains, et leur donna à entendre que l'heure de la victoire allait sonner. Un jour, en etîet, le Château

1. G. Morelli, p. 119; G. Cambi, p. 191 ; Istorie di Firenze (Murât., XIX, 975- 977) ; A. Travei-sari, Hodœporicon, p. 69 ; Vespasiano da Bisticci (A. Mai, Spicil. Roman., I, 18-21). — Le i juillet, la sei^meurie projetait d'envoyer à Bâle une députation dont les membres seraient désignes par le pape lui-même (Commiss. di Rin. d. Alhizzi, III, 591).

2. Brefs du 17 juin (L. Pastor, Ungedruckte Akten, p. 2i)etdu 12 juillet 143i (Arch. du Vat., Reçf . 306, fol. 1 v° ; Theincr, III, 325).

3. A la date du 3 décembre 1433, il commandait 180 hommes d'armes, dont 110 préposés à la garde du Palais apostolique (Arch. du Vat., Armar. XXJX, t. 22, fol. 96 V").

RESPONSAIMI.ITK hKS l'KUKS 3i9

s'emplit de cris; des honinies apparurent aux créneaux, sur la tour, proclanaant la capture du gouverneur; Riccio lui-même, du chemin de ronde, suppliait les P»omains de venir prendre possession do la citadelle. Quelc{ues-uns se risquèrent et trouvèrent Oflida enchaîné avec {{uatre de ses officiers, implorant la pitié. Ils revinrent annoncer cette heureuse nouvelle, retournèrent au Château accompagnés d'autres notables. Toute la foule des Romains s apprêtait à les suivre, quand les bombardes placées sur les plates-formes se mirent à tonner ; les portes soudain se refermèrent, et, délivré de ses fers, le rusé Balthazar compta ses prisonniers : ils étaient onze, dit-on, dont huit bourg-eois notables '. Eugène IV en conçut d heureuses espérances pour le recouvrement de ses biens et la délivrance de son neveu ~.

Au dehors, François Sforza gardait une attitude équivoque, d'une part, prétendant vouloir sauver le pape et le réconcilier avec le duc de Milan, d'autre part, ménageant les Romains révoltés et leur offrant de leur envoyer un capitaine pour défendre leur liberté. Cependant, par crainte de perdre le fruit de ses conquêtes, il persistait à barrer la route aux deux condottieri enrôlés à la solde du Yisconti. Mais Piccinino réussit à tromper sa vigilance : il se rapprocha de Rome, et le peuple conclut avec lui, ou plutôt avec Philippe-Marie par son intermédiaire, une alliance de cinq ans : c'était l'avenir assuré, semblait-il, à la république romaine 'K

Dans ce bouleversement des Etats de l'Eglise, le concile avait, certes, une grande responsabilité. S'il n'avait point agi, il avait

1. Fl. Biondo, déc. III, lib. 6, p. Sn'.» : Infessiira, p..'î2. Le récit de N. dclla Tiiccia (p. 136, 1 i2) est quelque peu dill'éreut: un miuiiie(iuin représenlaul Halthazar dOflida aurait été projeté du liaut du Château dans le Tibre, ce qui aurait fait croire à la révolte de la {,'arnisoii. Cf. Platina, fol. 125 v"; saint Anlonin, Chron., lit. X\1I, p. 528.

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