‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 238 sur 257 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. D'après le cardinal de Castiglione, ce concile d'Ancône devait s'assembler en 1435, et le projet du pape était d'y annuler tout ce qui aurait été fait à Bàle (Moniim. Concil., Il, 391 . C'est ce projet de 1 J33, et non, comme on la cru (G. Pérouse, p. 188). celui de 1431, qui aurait rencontré de l'opposition de la part des cardinaux Aleman, Casanova et délia Porta (v. Monum. conciL, loc. cit.).

3. Ampliis. collecf., VIII, 76G ; cf. Cecconi, p. 62, xciv, ccxxxii.

LA niESTION fiRKCOll-: A ItALK 37!)

Soit, en effet, que l'initiative vînt de Paléologue ou d'Euf^ène ', oïl s aperçut vite, d'un côté comme de 1 autre, que l'intérêt commun exig-eait l'abandon du projet de voyage en Italie, et que mieux valait reprendre un projet plus ancien, moins dispendieux, plus pratique peut-être, consistant à rc-unir l'Eglise d'Orient à (^onstantinople, où le pape, de son côté, enverrait un lé<^al, des prélats et des docteurs notables. Garatoni rapporta un traité rédigé dans ce sens, qui obtint aisément l'approbation d Eugène, et, au mois de juillet 1434, il se dirigeait de nouveau vers Gonstantinople avec de pleins pouvoirs pour conclure.

Malheureusement le concile de Bàle, qui avait tini par se souvenir que l'union des Grecs et des Latins était inscrite k son prog^ramme, ne voulait pas, et ne croyait pas qu'elle pût s'opérer sans lui. Là encore il entendait se substituer au pape, avec d'autant plus d'empressement qu il y avait beaucoup de gloire sans doute à récolter et d'importance à acquérir. Garatoni, lors de son premier voyage à Gonstantinople, y trouva deux ambassadeurs l)àlois, occupés à prôner 1 autorité du synode, à démontrer que celui-ci n'avait pu être dissous par Eugène et à persuader aux Grecs de députer une ambassade vers Bàle. C'était l'époque où durait encore le conflit entre le pape et les pères : Garatoni dut insister sur le petit nombre de ceux-ci et tâcher de faire admettre la bulle de dissolution - ; les tristes querelles des Latins eurent ainsi leur retentissement jus(pie sur les rives du Bosphore.

Les Byzantins, a-t-on justement remarqué ', étaient assez subtils pour mener de front deux négociations opposées : en même temps qu'ils s'arrangeaient avec le pape pour préparer la conférence de Gonstantinople, ils crurent politique d'adresser à l*àle des ambas.sadeurs qui, s'ils trouvaient le concile aussi flo-

1. C'est s'avancer beaucoup qu'affirmer, comme on la lait G. Pérouse, p. 188^, (ju'Eufîènc IV' « eut le premier la pensée de se faire de l'union avec l'Orient une armedanslc conflit qui déchirait alors rÉ},'lise occidentale •■.

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