Jean de Raguse, p
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qu'on en vint à se demander s'ils ne cherchaient pas à rompre, pour avoir un prétexte de transférer le s^uiode sans l'assentiment du pape. Eux-mêmes avaient à la l>ouclie déjà le mot de dissolution ', et les Siennois, épouvantés, s'apercevaient que Charybde et Scvlla n'étaient pas une vaine invention des navigateurs.
Que faire? Déchirer le traité à peine conclu avec le pape? Personne n'y pouvait songer ~. Négocier secrètement et s'accommoder avec les pères en cachette du saint-siège? C'est bien ainsi qu'on se représente habituellement le rôle des Siennois : mais on va voir combien la légende est ici loin de la réalité.
Le premier soin du consistoire fut, au contraire, d'envoyer le texte des demandes des pères au nouvel ambassadeur que la république venait d'accréditer près du] saint-siège-^, en le chargeant de les placer sous les yeux du souverain pontife. Le trésorier du pape devait être averti, ainsi que d'autres prélats favorables h la république ^ A Sienne même, la question fut débattue entre les
J. V. plus bas (note 4) la lettre du 3 octobre.
2. Je ne sais même si ce traité ne reçut pas, bon gré mal gré, de la pari des pères une sorte d'homulogalion. Qu'on remarque la formule de lintitulé : <. Infrascripta sunt capitula, conventioncs et pacta..., auclore Domino, in Cnncilio generali practilata, traclata, lirmata pariter et conclusa. - Jloniiin. ConciL, I, 14, Jj.)
3. Andreoccio di Marco Bindi, précédemment ambassadeur de la république a Florence iv. plus haut. p. 16, note 3), venait d'être envoyé en ambassade à Rome: il partit avec cinq chevaux le 15 septembre 1423, et rentra le 2 novembre (Arch. d'État de Sienne, Libri di amhasciiiinri, n° 2407. fol. 17 V ; Concisloro, Delihernzioni, 335. fol. 5 V).
4. Lettre du 3 octobre à l'ambassadeur Andreoccio : « Tu sai quantc molestie ci anno date queste nation! del Concilio, per modo che non abbiamo tutto di potuto che respondere c provedere a le loro domande, et per in fino aqui non aviamo inteso quello che ci pare intendere al présente, si come è che la loro intentione sia de ronipere et dissolvare questo Concilio o de translatarlo in qualchc parle contrai-iam[ente] a la volontà et intentione del nostro Signore : la quai cosa comprendiamo molto bene per certe domande fatteci al présente per loro, fuore, al parère nostro, dogni honestà et dovere. De le qnali ti mandamo la copia cole presenti. La quale examinata per te. potra eomprendere la tua prudentia di quanta importantia sieno allonore e stato del nostro Signore Ne è nostro pensiero dvoltarci per niuno modo l'orechie, ma con efi'ccto attendere alla observantia de le cose fatte et capitolate cola detta Santità. Non obstante che ci sia affirmato per alchuuo de principal! maximamente de la nalione .\nglica che, non facendosi quello è stato damandato sopra la materia de la sicurtà del Concilio, non è per fars! maj alcuna sessione, e che molti prélat! prestamente s! partirano con rottura etscandalo. Et, secondo el parère nostro et de molti allri citta-
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« nations » et les légats de Martin V '. Comme on m- parvenait pas à s'entendre -, Tévêque de Lincoln partit pour Home (12 octobre), suivi de deux autres délégués 3. Or, il paraît que Martin \' leur lit une réponse favorable '«. Les pères aussitôt se radoucirent et. [irobablement, rabattirent beaucoup de leurs prétentions. Ce qui lait que les légats — la chose mérite d'être notée — présentèrent eux-mêmes à l'acceptation de la république le nouveau projet dasseurement. C'est une circonstance que les Siennois curent bien soin de mettre i-u relief, atin de dégager leur responsabilité : ^ Nous faisons savoir à votre Sainteté, écri- (( vaient-ils le li novembre, comme quoi, rct/uis par cas très « révérends présidcnf.s du saint concile, nous avons concédé à « ceux qui vinrent ou qui viendront audit synode certain asseure- « ment ou sauf-conduit dans la forme me me quil a plu auxdits (( présidents de fixer, sans y rien ajouter, sans en rien retran- <( cher... ' .. Et plus tard, le 13 janvier, ils insistèrent encore
ilini piiiicipali, el anco de pii'i pivlali equali, corne amici del nostro Coiiiunc, ceiiaiino parlato, lutlo questo interviene per non essere venuto quà el santo Padrc al del)il<) tem])0. » Copia letlere del Concistoro, n" 1622.)
1. L'arclu'vèque de Crète et rév<''i|m' de Spolète étaient attendus à Sienne dès le 8 juillet ; à celte date, on s'occupait, en même temps cjue de leur procurer des lits, de leur présenter, à titre de cadeaux de bienvenue, des bonbons, des drafrées, de la cire, un muid de blé, dori^e et dépeantre et douze bouteilles de vin
Concistoro. Deliheniziinii. .iîl, fol. 7 r°. Les 18 et l'.> août, il est question des habitations que l'État devait faire aménager pour larclievéque de Crète et pour l'abbé de Colonna iibid., fol. 21 v°, 22 r" et v). Le 1 1 septembre une délé},'ation fut chargée de ccmférer avec les pi-ésidents du pape à l'occasion des instructions (|u'on devait rédiger pour le nouvel ambassadeur à Rome, Andreoccio di Marco Hindi ihid., 335, fol. 6 r").
2. Ces discussions eurent i)our effet de retarder une session lL\ée d'abord au 8 octobre v. une lettre du 0 octobre, citée plus bas, p. 2S, note 5). Ce même Jour, une commission fut ciiargée par le gouvernement de rédiger les réponses à faire, sur la question du sauf-conduit, tant aux présidents du pape (juaux représentants des <• nations .. Concislura. Delihenizioni, 33 i, fol. 12 Vj.
.1. Dominique de San ("lemignano et Barthélémy de Pistoja [Copia lellere del Concisluru, iv Jt)22 .
4. V. une dépèche de l'ambassadeur siennois datée de Rome, le 21 octobre [Copiari di lellere direlle al Concistoro. liasse 18).
j. ■ lusuper Saiiclitati vestre notum facimus qualiter, requisiti a veslris reverendissimis Presidentibus sacri Concilii, quamdam securitatem et salvum conduclum iis qui venerunt et venturi sunt ad Concilium concessimus, in eadem forma, nil uddilo vel dempl >. in i[iia de ipsoruni Presidentium voluntate proccssit.
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sur la correction parfaite de leur attitude h ce moment : « Les <* nations réclamaient un saul-conduit. (j-aignant (ju'il n'en (( résultât ({uel([ue inconvénient pour nous, nous n'avons con- « senti à l'octroyer que quand il a plu à votre Sainteté de le périt mettre. Encore avons-nous voulu le faire sous la forme qui « nous a été indiquée, pas autrement K » Rien de plus exact. Des copies de l'asseurement avaient été soumises notamment à deux cardinaux alors présents à Sienne -, Antoine Correr et Alphonse Carillo ^. Par surcroît de précaution, le consistoire avait exig'é des lé<j;ats remise d'un ordre écrit '', cpii fut ensuite déposé entre les mains d'un des bourgeois de la ville '. Ainsi les autorités siennoises semblaient se faire forcer la main. En réalité, très satisfaites du résultat de la né<)^ociation , elles agissaient pleinement d'accord avec les représentants du pape ; mais au saint-siège revient en grande partie le mérite d'avoir trouvé la solution d'un premier conflit qui menaçait de désorganiser le concile.
eamque in publica forma, hoc mane, eisdem Prcsidentibus presentari fecimus. <> (Copia letlere del Coucistoro, n° 1622.)