V. cette lettre, plus bas, p. 45, notel
2. Alphonse Carillo était arrivé à Sienne vers la fin du mois d'août, et Antoine Correr vers la (in du mois de septembre. Il est plusieurs fois question des honneurs qui leur furent rendus lors de leur entrée et des demeures mises parla ville à leur disposition (Cnnsistoro, Delibenizioni, 3.?i, fol. 25 r°; 335, fol. i V". 5 r», 7 v", 8 v, 18 r", 21 V; 330, fol. 0 V).
3. V. vme décision du 2 novembre : '< Decreverunt ((uod trahantur très copie salviconductus quem Présidentes Conoilii petunt Concilio fieri, que ostendantur illis duobus cardinalibus qui Senis sunt. et uni alteri. prout ip«is infrascriptis eunlibus et redcuntibus videbitiir... » (Cnucistoro. Deliherazioni, 330, fol. 3 r").
i. Décision du S novembre : " (Juod infrascripti très de Balia, ex parte Gonsistorii, rcspondeant Prcsidentibus Consilii super facto salvi conductus quem fieri Concilio petunt, replicando verba que di.xerunt dicti Présidentes eisdem, et dicendo, illis verbis iiornalis quibus eis videbitur, quod Consistorium et Commune Senarum est et fuit et erit semper promptum et paratum eis complacere; et quod finaliter cum eis concludant quod dicti Présidentes ostenda[n]t et dent eis scrij)turas corum mandati, cujus auctoi-itate dicti majinifici Domini et Consistorium possint facere dictum salvum conductum. Quo vise et dato, salvus conductus erit eorimi bencplacito paratus, dummodo faciant contentos starc dicto salvo conductu illos de nationibus. » (Ibid., 336, fol. 4 r".)
5. Décision du 7 novembre : « Quod pênes ser Nicolaum Dardi deponatur licentia quam Présidentes Concilii dant majcnificis Dominis et toti communitati ut per Commune Senarum possit fieri salvus conductus omnibus venientibus ad dictum Concilium. >< Ihid., fol. 0 Iv".)
GAHAKTIES ACCORDÉES Al'X PÈRES 25
Le nouveau sauf-conduit donnait satisfaction aux pères, k ceux du moins (juo l;i [)assion ne portail pas à demander l'impossible. Un se ferait de ce dotumcnl une idi'-e inexacte, si Ton s'en rapportait à une copie interpolée (jui n'est peut-être que la reproduction d'un des premiers projets proposés par les légats '. Le véritable texte, tel qu'il se trouve conservé aux Archives de Sienne ', est conforme à c»'lui que Jean de Raguse a inséré dans son Histoire \ Pour tous les membres du concile, c'était la liberté entière d'alleret de venir, de résider, de parler, de discuter au sujet de la réforme ot dans l'intérêt de l'Église, sous la seule condition de ne pas remettre en ipiestion les résultats acquis auxquels on devait la fin du schisme, c'est-à-dire la déposition de Benoît XIII et l'élection de Martin V. Chacun, par exemple, pouvait se retirer quand il lui jîlaisait, sans être obligé d'en demander la permission au saint-siège (6 novembre).
L'historien passionné du concile se garde d'indiquer la part que le pape et ses légats avaient prise à l'élaboration- de cet acte ^ ; il n'explique pas non plus les différences considérables qui devaient exister entre le projet original présenté par les pères, que caractérisait, au dire des Siennois, tant d'indiscrétion et d'inconvenance ', et le texte définitif adopté par les
1. C'est le texte publié clans la eollection Mansi X.W'HI, loT't . Il contient une lonf,'ue phrase, qui ne se retrouve pas dans l'acte authentique : « Petita tamen priniitus et obtenta licentia ah eliprendis et deputandis. viro 'lisez : uno! pro qualibef natione.auetoritate doniini nostri Papte vel Pr.esidcntum ; itatamen (|uod nulli nalioni liceat inte^ralitcr recedcre de dicta civitale, quousque Concilium dissolvatui- sec nndum Jui-is formam. » .\insi. pour se retirer, chaque membre du concile aurait eu besoin du consentement de commissaires choisis dans chaque nation par le pape ou par ses présidents.
2. ConrislDrii. ])plilter,izioni. .'530. fol. 0 r". .3. P. ?l.
1. On peut faire remarquer encore que le personnaj^'c qui donna lecture publique du sauf-conduit dans la session du 8 novembre ncst autre que Jean .\/.el Miiniiin. Cimcil., I. 21 . un des deux clercs de la Chambre envoyés par le pape au commencement du mois de juillet v. plus liant, p. li. note 2 .
r>. << Fuorc d'o^'ni honeslà et dovere. .. Potrà comprendere... di quanta importantia sieno aU'onore e stato del nostro Sifrnore. » (Lettre du .\ octobre reproduite ei-dessus. p. 22, note 4 . — I/ambassadeur -\ndreoccio. après avoir pris connaissance du projet, avait répondu, de Home, le H octobre. quelTectivement
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présidents '. Pour Jean de Haguse, le 6 novembre 1423 marque une date triomphale dans les fastes conciliaires.
En même temps que la victoire des pères, il y voit la défaite du paj)(' et dos légats, dont l'action, suivant lui, avait commencé dès Tété à s'exercer dans le s^ns de la dissolution. (Chaque jour, dit-il, arrivaient de la curie des messaj^ers porteurs de brefs et de lettres "-. Lesprésidents déployaient une activité néfaste : c'étaient pour les uns des promesses, des dons de bénéfices, pour les autres des menaces; par tous les moyens, ils s'efforçaient de gagner les pères à leurs desseins.
S'il en était ainsi, l'on ne comprendrait pas que ces mêmes légats eussent fait donner par les Siennois un asseurement destiné à calmer l'inquiétude des pères et à conjurer précisément le danger de la dissolution.
Martin V, dit encore Jean de Raguse, inventait chaque jour de nouveaux prétextes pour différer son arrivée. Cette seconde allégation mérite un plus long examen.
cet acte contenait plusieurs articles peu honnêtes, mais ((uOn cherchait à le présenter au pape delà manière lapins afli-oite Copiari di letlere direKe al Concisinro. liasse IH .
1. (A'qni prouveque cedei-nierétait loin de ressembler au projet des » nations », c'est que les Siennois, le 1 novembre, semblent l'aire des i-éserves pour le cas où les présidents ne réussiraient pas à persuader aux pères de s'en contenter v. plus haut, p. 24, note 4). Jean de Raj^usc cependant écrira, le 23 novembre : >< Que [salvo conductu] obtento in modo et forma ut petebatur. . . » {Moniiin. Concil., I, 27).
2. Avec sa passion habituelle, Jean de lias:use s'en prend à ces innocents agents de transmission, et prétend que beaucoup d'entre eux furent châtiés, dans la suite, de diverses manières par le jugement de Dieu. — • Il se garde bien de nommer parmi eux un personnage qui, à l'époque où il écrivait, était une des colonnes du concile de Bâte, le célèbre Dominique Capranica, alors simple docteur en droit et clerc de la Chambre apostolique. Son envoi fut annoncé par lettre d'Antoine Casini du 15 novembre Copiari di letlere direlte al Concisloro, liasse 48 ; le 16 il re^ut 2j llorins pour les dépenses de son voyage .\rch. du ^'at.. Intr.et exil., 382, fol. 119 r°), et, le 20, on décidait, à Sienne, de lui offrir un présent de bienvenue : " Quod fiât ensenium egregio decretorum doctori domino Dominico de Capranica, germano domini Pauli de Capranica, ambassiatori domini nostri Pape, » (Concisloro. Deliherazioni, 336, fol. 15 r°.)
i.i: l'APK .mti:m>i a siknm: 27
On se rappelle l;i promesse laite i)ar le pa[)e au mois de juillet : elle fut renouvelée à diverses reprises. Comptant sur la venue du saiut-père, les Siennois louèrent ou aniénai^èrent, conforménient au traitr, une trentaine de logements pour l'usage de la cour de Home '. L'évèché devait servir d'habitation à Martin \' : ils V lirent construire uii nouvel escalier-'. A certains jours, rentrt'i" du pape paraissait immiiu'ntc : on s occupait alors de rci^^ler sa réception, de désigner les citoyens qui se porteraient à sa rencontre et d'ouvrir un crédit pour l'achat du cadeau qui lui serait offert •'.
C'est (pion l'effet l'évèque de Sienne envoyait de Rome les meilleures assurances, par exemple, les H et 14 septembre''.
I. Décisions des l'J et Iti aoiil : " Quod infrascripti .iiii. cives iiivcniant stantias cl mansiones. cliain accipieiido ad peiisionom. si opus l"uci-it, usquc ad numei-iim .x.\x. stanliarum.quc miltantiii- domino nostm Pape, pi-out sibi prornissum fuil... Elciicnint iiilVascripfos pnidcntos viros qui habeant tantani auloritatem quanlam habcl prescus ( tlliciiim actare cl actari lacère ninncs mansiones inventas et dopulatas ad serviliuni domini nostri Pai)e. (jue sunt .xxx. ninncro, et alias deputatas et depulandas per Commune, illas videlicet et in illislocis ubi videbunt esse opportunum .. ConrislDro. Delihi'razioni. 33Î. fol. 19 v". 21 v°. — Le pape se montra content de la liste de-; trente habitations ([ui lui fut cnvuyée, réclama en plus, cependant, la maison de l'Uperujo del Diioino, qu il destinait à l'un de ses principaux oITiciers lettre de révcquc de Sienne, du 18 août, Copiari di Icllcre (tirelle :il doncivloro. liasse IS .
•J. Décision du 12 août : " f^uod ad qnandam salan; maj^nam domus episcoi)atus fiant suntibus Commanis Senensis quedam scale opportune, qnibus ab extra possit injircdi in dictam salam. » Concisloro, Deliherazioni, .'i.'Jl, fol. 19 r".) — Usera question de nouveau de cet escalier dans une lettre de l'ambassadeur siennois écrite de Houie. le 1 octobre ^Copiari di Icllerc direlle al Concision), liasse •18 .
;i. Concisldrii. I )i hiicrazioni. Mib, fol. 1 \", Il \ .
i. Dins la seconde de ces lettres, .\ntoine Casini allèt^ue l'allluence des pères à Sienne com.ne une preuve de la conviction où l'on est généralement que le pape veut conduire l'ccuvre du concile à bonne fin : « Nec expedit multum laborare : nam D(jniinus noster, ut recolimus nos scripsisse. est primus pro hac matcria et causa consummandis, in quantum Sanctitas sua potest et sui lidelissimi servitores. Kt credat Magnificentia vestra quod, si hic alias putaretur, non vcnissent. hiis proximis clapsis diebus. tôt revercndi patres, toi doclores eximii et alii eorum pat •rnilates sociantes. » ^Copiari di leticre al Concisloro, liasse 48.)
Elles étaient contîrmées, le 21 , par une lettre de l'ambassadeur de la république. Ht, le 25, cet Andreoccio écrivait textuellement : (( Sa Sainteté, toute la journée, répète, qu'elle veut venir '. » Même impression apportée de Rome, sur ces entrefaites, parTarchevèque de Cologne -. Enlin une lettre chitrrée de l'évèque de Sienne, continuée peu après par une autre missive, fixa au S octobre la date précise de l'arrivée.
Cependant, au même moment, une rumeur se répand, qui change la joie en inquiétude. Un certain chambellan du pape du nom de Hartmann -^ est venu, dit-on, pour faire tenir, le 8 octobre, une session dont le programme est fixé d'avance. Aussitôt après, on assure que le concile sera transféré à Rome, ou prorogé jusqu'à l'époque du prochain synode, autrement dit, ajourné à sept ans. Les Siennois, qvii déjà se plaignaient que l'absence du pape fût cause des difficultés pendantes ^ insistent de plus belle auprès de leur ambassadeur : il s'agit de sonder les intentions du saint-père ; ce transfert serait une honte pour la république ^.
Après le rappel d'Andreoccio (22 octobre), l'évèque de Sienne est chargé, à son tour, de remémorer au pape ses promesses ^'. Le consistoire revient à la charge le 6 et le 8 no-
1. << Tutto giorno la sua Santità di nuovo afFerma voler venire. » (Ihid.) C(. Jean de Raguse, p. 14.