Ihid.. fol. 20 r
3. Arch. nat., LL i% fol. 5 v et 116 r". —C'est la lettre dont Uinaldi, en deux endroits différents t. VIII, p. 567, 568), a publié de longs passages, sans s'apercevoir quils appartenaient à un même document.
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jeté dans les esprits par les manœuvres araji^onaises, \v parti de l'antipapi' pouvait relever la tète et faire remettre en question, au sein du concile, la lé^ntimité de Martin V; ou, simplement, lopposition au pape, déjà si forte, pouvait trouver dans l'adversaire de Louis III un solide point dappui. et les éléments hostiles du synode se jj^rossir de tout ce que rArafj;-on, la Sicile, d'autres pays encore déverseraient sur Sienne d'agitateurs dociles au mol d'ordre d'Alphonse. Les contemporains ne s'y trompèrent pus: un chroniqueur siennois el un biographe de Martin \ s accordent i)our dénoncer le péril aragonais comme la principale cause du découragement du pape ^ .
Ajouterai-je quela confiance des légats dans le gouvernement .siennois était quelque peu ébranlée? Non qu'on pût reprocher à celui-ci d'avoir violé un traité dont l'absence du pape avait rendu la plupart des dispositions caduques. Avec plus déraison le saintsiège eût pu se plaindre de l'inobservation des articles secrets, si toutefois ceux-ci avaient été réellement acceptés. En tout cas, Martin \' ne rencontrait pas à Sienne l'appui sur lequel il avait compté.
On le vit bien au moment du scandale provoqué par un sermon violent du frère mineur Guillaume Josseaume (3 octobre) -. Cet orateur, connu pour son intempérance de langue 3, avait développé devant les pères la comparaison suivante : « De même (' que la Vierge eut deux époux, l'un qui lui commandait, le « Saint-Esprit, l'autre qui la servait, saint Joseph, de même (( ri^glise a deux époux : lEsprit saint, qui la gouverne, le pape,
1. François Tomazzi, loco cit.: L. Duchosue, Liber iianti/icidis. II. 521. — Tomazzidoiiiu- U-s diniaichos dAlphonsc en favcnr de l'antipape comme ayant été dénoncées à Martin \' i)ar larclievèque de Cologne.
2. Dominicu (/e /im/)/(«.s-. cest-à-dire k- lO" dimanciie après la Pentecôte, où se lit la parabole dn roi qui célèbre les noces de son (ils.
.\. Il s'était vu, pour cette raison, emprisonné, au concile de Constance, le 4 août 1 ilT. à l'instigation du général et des religieux de Tordre des Mineurs; puis il avait été remis aux mains du cardinal de Foi.v (II. Finkc, Forschungen iindQuellen zur Ge^ch. il. Kunslunzer Koncils, Faderborn, 18S9, in-8°, p. 210 .
« qui lui obéit. » Et il avnit ajouté : « A rEiiliso appartient de (( diriger, de gouverner le pape, de l'instruire de ce qui touche à (( la foi. de ce qui est nécessaire au salut. » Doctrine assez conforme aux principes de Constance, tels du moins qu'on les interprétait couramment, mais qui ne pouvait trouver grâce devant les légats. Examiné pourtant parla (( nation française », qui n y vit rien à reprendre au point de vue de la foi, ce discours recevait à Sienne une publicité inquiétante. Les présidents, qui avaient songé dès la première heure à s'assurer de la personne du prédicateur, adressèrent alors aux magistrats une demande d'emprisonnement; mais ceux-ci objectèrent les clauses de l'asseurement : ils n'agiraient contre Josseaume que sur réquisition du concile. L'intéressé en fut prévenu, et les autorités protestèrent qu'elles défendraient tout suppôt, même au besoin contre le pape, même si le pape était présent.
A quelque temps de là, Josseaume disparut, enlevé de nuit, disait- on, et emmené au loin par des religieux de son ordre. Vengeance des légats, sema le bruit public, et déjà l'on pensait que le malheureux frère allait payer ses hardiesses de sa liberté ou de sa vie . Mais Josseaume revint comme il était parti, et Jean de Raguse avoue que les démarches des Français, l'intervention même des Siennois, tout prêts, s'il le fallait, à exercer des représailles contre le couvent de San Francesco, ne furent pour rien dans ce retour, qu'il qualifie de « miraculeux » : le plus probable est que Martin V avait jugé prudent de mettre iin luimême à un exil qui soulevait tant d'émoi '.
Je pourrais citer encore l'exemple de l'abbé de Paisley, un
1. Jean de Raguse, p. 50, 6i. — Celte aventure ne fut point la dernière de Guillaume Josseaume. Dénoncé, en 1 i29, pour avoir exposé, à Metz, des doctrines hétérodoxes, il fut condamné par le concile de Bàle, rétracta ses erreurs, le 9 juillet 1 132, et n'en subit pas moins une longue détention. Ce Josseaume était un rigoriste : il enseignait, par exemple, que. qui ne s'abstient pas de péché pendant une journée entière, n'a pas la contrition et recourt vainement au sacrement de pénitence (Bibl. nat., ms. lat. 1575, fol. 81 v" , et Ampliss . coUectio, VIII, 1.39; Mon»;». ConciL. II. 211. 215 ; Concilium Basiliense, II, 161. 207, 262, 310; V. 20 .
ATirn iiK i.Norii^TA.NTfc; des M'irmiTKs siknnoises 41
écossais, chargée d'an'aires du roi de France. Les présidents voulurent sévii- contre lui, mais ne purent obtenir laide du hras séculier.
Plus tard, les Siennois se plaig-naient d'avoir été souvent recjuis par les lé<;ats de laiic iinprisonner des suppôts du concile '.
Les autorités ag'irenl. un j'uir, auprès de l'abbé de Vallombreuse, pour lui faire relâcher un reli<i^ieux de son ordre, dont il avait prescrit l'arrestation à Sienne, et elles lui rappelèrent que tout nu'nibre du concile avait le droit » d'aller, de « venir, de résider, selon son gré, librement, sûrement » ~.
Ainsi, de jour en jour, les autorités siennoises marquaient plus de complaisance pour une assemblée où fermentaient des idées révolutionnaires.
Ces craintes, jointes aux soupçons qu'entretenaient les sournoises menées du roi d'Aragon, suffisent peut-être à expliquer, sinon à justifier, l'énervement des lég-ats. Ils se crurent débordés. Nous touchons au moment où l'on ne peut plus douter de leur intention de dissoudre le concile de Sienne.
Les pères projetaient l'envoi d'une ambassade pour supplier de nouveau pape, cardinaux, prélats, de ne pas différer plus longtemps leur venue -^ : les légats s'y opposèrent. A ce signe,