V. La Fr. et le Gr. Sch. tVOccid., IV
4. V. son ordonnance de soustraction d'obédience, datée de Naples, le 28 juin 1423 (P. \'illanueva, Viaje lUerario a Uis iijlesias de Espana, t. XVII, Append.X).
MANŒUVRES Dl' ItOI DAliAl.oN .{ /
mis de la réforme, ayant apparemment de bonnes raisons de la redouter, se proposaient de dissoudre soudainement le concile, ou de le transférer on un lieu peu sûr, en tous cas de l'empêcher d'aboutir. Pour lui. lidèlc en cela aux traditions paternelles, il déclarait appeler de ses vieux la réiornie de l'Eglise « dans son « chef et ses membres ». Il exhortait donc les Siennois à se lij^uer, dans l'intérêt de cette (euvre, avec les pères les plus zélés, et annon(,ait l'intention inquiétante de se rendre lui-même à Sienne ou. dumoins. d'venvover et d'v faire envover par les princes ses
alliés d'importantes délégations : il se fût peut-être ainsi emparé de la direction du synode '.
Quand cette missive parvint à Sienne, sans doute vers le 13 novembre, les autorités décidèrent de la communiquer aux légats -. Mais, l'un des jours suivants, l'ambassadeur aragonais fit au gouvernement des ouvertures si délicates que les magistrats, fort émus, résolurent de ne les dévoiler qu'à un seul de leurs concitoyens, sous le sceau du secret, et jurèrent tous, sur l'Evangile, de n'en souffler mot à personne 3.
1. « Sed, quia percepimus quod nonnulli lanti boni neglectorcs, vel propriis eorum passionibus, vel quia concii repulantur. Consilium quod nunc Senis celebrari indictum est dissolvere repenline, seu ad alium non tulum locum ccrtis caulelis et adin\ entionibus satagunt commutare, et ne celebretur Consilium tolaliler ijrocurai'e. ex qun dicte salulifere reformationi ncfratur occasio i-t tuta clu-istiauitas remanet in confuso, Magnilicenlias vesLras... rogamus exortamurcjue et in Domino (ibsecramur quatinus, ne tantum chrislianitatis beneficium suspendatui'.... taliter insistatis. una cum his quos divinis obsequiis et beneficio tante rey noveiitis esse alïectos. quod omnino pax et roformacio sancte malris Kcclesie in capite et iu membris quicsque perpétua subsequantur. Nos enim, pro regibus. principil)us aliistpu" dominis et coUifratis nostris, prelatisque nostre dominacionis et illorum. ipii in cluistiaiiitatc pars exig^ua non exislunl — olTerimus ad eundem Senis SIC (^oneilium ire personaliter, vel niittere personas insi^'ues. taliter quod, nisi malifînitas evidentissinia opcretur, a sancta matre Ecclesia scrupulus undique evelletur et mundi universalis christianitas in vere pacis amenilale persistet. » (Aroli. irÉtat de Sienne. Copiari di lettere direlle al Concistoro, liasse 18.^
2. Décision du i:$ : « Quod littera transmissa per repem Ara^onie eorum Ounmunitali transmitlatur ad Présidentes Concilii. " Conci.ilnro. Deliherazioni, 33ti, fcil. Kiv. Il u e'^t question, avant le 11 novenibre.de l'arrivée d'aucun message aragonais ihid.. fol. 9 v").
3. Décision du 16 novembre : <• Quod ser Nicolaus Dardi. cancellarius. notificet Chrisloforo Andrée totuni quod recitatum est hoc manc fuisse expositum per
•iS MARTIN V ET \.E CONCILK \)K SIENNK
Les Siennois ont si bien tenu parole que nous sommes fort embarrassés aujourd'hui pour déterminer le sens exact de ces ouvertures d'Alphonse \. Ce (pi'on peut remarquer, c'est que les magistrats, prévoyant une suite à cette conveisation, s'arran<;èrent aussitôt pour que l'Arag-onais continuât à s'entretenir avec eux, soit par intermédiaire, soit directement '. Un banquet fut oll'ert au rej)résentant d'Alphonse '-. Ce diplomate demeura à Sienne, et ne cessa de nouer avec les habitants ou avec les pères des intri^^ues louches, dont le résultat fut de complicjuer encore la tâche des présidents. '
Le pape en fut si etTrayé qu'il prit le parti de s'en plaindre à Alphonse V lui-même. De là une curieuse lettre où le souverain pontife explique son intervention dans les affaires napolitaines et se défend de toute animosité à l'égard du roi d'Aragon : en quoi avait-il mérité d'être en butte aux attaques systématiques de l'envoyé du prince? Tant par ses démarches publiques que par ses machinations secrètes, cet émissaire n'était occupé qu'à battre en brèche l'autorité de Rome et à dénigrer le saint-père ; mais Martin V dédaignait de pareilles injures, comptant que Dieu se chargerait de venger son honneur et l'Eglise''*.
Le dang-er n'en était pas moins grand, A la faveur du trouble
ainbassialorem régis Aragonuni, et det sibi juranieuLum de teneudo secretiim. Et similiter omnes juraveruiit ad sancta Dei evangelia, manu tactis scripturis missalis, sccrcta tenere exposita per dictum oi'atorem, recitata in pulilicum inleidominos Capitaneum populi,Vexilliferos.et officiarios Balie et Cancellarium et me, notarium. » [Ihid., fol. Il 1-°.)
1. Le siennois Jacopo di Marco était chargé de conférer avec rambassadeur aragonais : » Et quod dioat siib brevi quod nos misimus ad Sanclum Patrem duos famulos pro informando ipsum de sessione jam facta vcl lienda, el (piodiespondit per unum verba generalia, et quod alius nondum rcdiit, et quod, quando ulterius sciemus, ulterius dicerelur Magnificentie sue circa materiam iutendentem ad adventum persone Sumnii Pontificis ; et quod dicat sibi quod, (juando vult coufene alitjua cuin Domiriis, quod miltat secretarium suum ad cancellarium Communis Senarum, et, si personaliter vult conferrc, advisel, et dabilur niodus... » Ibid., fol. 11 v".i