‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 38 sur 257 · Monum. ConciL, I · texte numérisé non relu

Monum. ConciL, I

6. Ihid., p. 43. — Il résulte d'un acte du 7 mars que le groupe de Jean de Fabrègues dut répondre à la démonstration des partisans de Cadoène par d'autres protestations, faites également au nom de la « nation française » iibid.. p. 46).

7. Décision du 17 janvier 1421 : «Deliberaverunt dici cras de mane unam missam

RÉSISTANCE DES 8IENN01S 51

pouvoirs de lu commission coiislituée sept mois aupanivant pour le « fait du concile ' » et la chargea d'empêcher à tout prix la dissolution -. Alin de combler les vides produits par les premiers départs, on eut 1 idée de battre le rappel dans les couvents et paroisses de la ville -^ et l'on enjoignit aux capitaines et podestats du territoire de diriger vers le concile les maîtres en théologie, abbés, prévôts, prieurs, curés et archiprêtres de leurs circonscriptions '. Ce fut une invasion, mais qui ne paraît pas avoir été goûtée par les pères du concile : car une protestation au nom des u prélats siennois de la nation italienne » fut affichée aux portes de la cathédrale par décision du gouvernement (8 février), et, le lendemain, les autorités ordonnaient encore qu'on portât plainte aux pères et aux légats, qu'on interjetât appel au concile '.

solemnem Spirilus Sancti in aula Consilii..., et liât, et proponaLur de maleria Coiicilii, in quo concédât Altissimus nielius obtineii pro statu uni\ersali sacrosancte Romane Ecclesie et exaltatione ac statu pacifico hujus aime civilatis et presentis regiminis ejus. » (Aich. d'État de Sienne, Concisloro. Deliberazioni, fol. 9 v.)

1. Cette constitution remontait au 2S juin I i23 : aux membresdu gouvernement, Capitaine du peuple, gonfaloniers, etc.. a\aicnt été adjoints les six personnafres suivants : Jacopo di ser Marco, Chrislopiie .\ndrea, Antonio di Matlco Guido, Agoslino di Nicolao Cristoforo, Urbano di Pictro del Bello et Jacques Massani ;i7)td., 333, fol. 27 V, 28 r" . A la mission de préparer les habitations et l'approvisionnement, un Conseil du peuple du â juillet ajouta des pouvoirs absolus pour négocier, agir et traiter en tout ce qui concernait la réunion du concile et la venue du pape, et cola par une dérogation expresse aux lois de la république : •I Habeant plenam, omnimodamet intfcgram facultateni, auctoritatem et baliam, sine aliquo excepto et contradictione, (pianlam et qualeni liabet (>onsilium générale Canipane. in dicta malcria cl super niateria adventus sanctissimi domini noslri pape Martini V et Romane Curie ad dictam civilatem Sencnsem, et non in aliis..., praticandi, providendi, tractandi. C(jncludendi et lerminandi eo modt> et forma et prout et sicut ipsis visum fuerit. >> La première partie de cette motion fut volée par 377 lupins l)lancs contre 30 noirs; la seconde par 301 lu[nns blancs contre 13 nu'ns (Consiiilio (jenemle, Deliberazioni, 215).

2. « Circa materiam confirmandi sacrum Goncilium in civitate Scnarum et operandi ne dissolvatur, ut Présidentes velle facere asseruntur. » [Concistoro, Deliberazioni. 337, fol. 9 r''.

3. Décision du 19 janvier : « Et commiserunt in dominuin Ratislam, eorum coUegam, iniltendum pro leligiosis et aliis qui possint interesse (^oncilio et nationi Ytalie. » Ibid., fol. 9 v°.)

-i. Mandenu-nt du 21 janvier Copia lellere del Concisloro. n" 1623 .

5. <• Decreverunl afiigi valvis majoris ecclesie chatliedralis protestaliones faclas

La lettre du pape du 18 janvier rendait encore plus difficile la résistance des Siennois. En ai)parence, ils résolurent de se faire accommodants et humbles ' ; ils tâchèrent de justifier leur conduite dans le passé et garantirent que, dans l'avenir, il n'y aurait aucun reproche à leur faire (30 janvier). Malgré cet étalage de respect et de soumission, les envoyés du pape trouvèrent la réponse un peu vague. Un des commissaires du gouvernement fut chargé de fournir de nouvelles explications à l'évêque d'Anagni et à son compagnon, pour que les émissaires de Martin V ne repartissent pas sous une impression trop mauvaise ''.

Cette méfiance était justifiée : les Siennois n'avaient garde de renoncer à leurs sourdes menées. Ils reportaient leur espoir maintenant sur Florence, qu'ils eussent voulu intéresser au maintien du synode -^ : que le clergé florentin, en effet, se joignît au

pro parte prelatorum noslronim nationis Ylalice, secundum consilium doctorum limitatas, scriplas manu ser Vannis, notarii domini Capitanei populi... Quod unus Vexilifer magister et alter ex Balia faciant protcstationes Presidentibus et prelatis, appellationes ad Cuncilium et omnia que fiicrint oportuna juridice, et secundum consilium doctoruni, ad confirmationem Concili. » {Concistoro, Deliberazioni, 337, foL 16 i-.) — Ces incidents se rattachent à la scission de la nation italienne, à laquelle Jean de Raguse ne fait allusion qu'en termes vagues. On verra plus loin que les Siennois rendirent les légats responsables de l'exclusion de leur clergé.

1. Un Conseil du peuple réuni à cette occasion, le 29 janvier, s'en remet aux commissaires du soin de répondre à Martin V « ad honorem civitatis ac presentis regiminis et ad bonum lînem consequendum ». (Ihid., fol. 12 v.)

2. « Quod ambaxiatoribus domini nostri Pape respondcatur dulciter et bénigne ad interrogata, juslificando res preteritas, et quod in futurum se portabunt in factis Concilii [itaj quod non poterunt Juste ab aliquo reprehendi, cum verbis humilibus et placabilibus, ostendendo reverentiam, devotioneni et obedienciam habere ad doniinum nostrum Papam. El, post factam responsionem predictam dictis ambaxiatoribus eleganter per magnificum priorem dictorum dominorum, etc., quia visum est ambaxiatoribus dictam responsionem fuisse nimis generalem, et propterillam non bene contcnti recedebant, deliberaverunt iterum replicari debere prefatis ambaxiatoribus per ser Cristoforum Andrée magis clare, qui concordet responsiones sive coUoquia facta cum dictis ambassiatoribus et officialibus Balie in aula Pape cum suprascripta responsione facta per dominum Petrum, et materiam adaptet... » [Ihid., fol. 13 r'.) L'évêque d'Anagni reçut des Siennois un présent dont il est question dans les procès-verbaux à la date du 2i février [ihid., fol. 27 r°).

3. [5 février :] « Deliberaverunt mittere duos ambaxiatores Florenciam qui notilicent Florentinis do dissolulione Concilii quam Présidentes querunt, petendo eos auxilium et favorem, etc. »{Ibid., fol. 15 r".)

DIRS REPROCIIKS Dl' PAPE AUX SIEN.NOIS 0.1

clergé sicnnois, et l'on parvenait à constituer un groupe compact hostile h la dissolution '. Si Sienne, à ce moment, consentit à prêter une cinquantaine de lances à ses puissants voisins -, il est probable que le désir de les gap^ner à sa politique religieuse ne fut pas étranger à sa générosité •"'.

Rien n'échappait à l'œil vigilant de Martin V. De nouveau il exprima son vif mécontentement : « Si d'autres, écrivit-il aux (( masristrats de Sienne, d'autres dont le dévouement et les sen- « timents nous inspirent moins de confiance, avaient agi de la « sorte envers nous, empêchant, par des procédés déshonnêtes « et contraires à la liberté conciliaire, nos présidents et les autres « prélats de poursuivre Y expédilion du synode, nous aurions été « plus disposé à le soutTrir : mais, dans une ville que nous <( avons toujours aimée, où nous avons vu avec tant de joie et « de confiance le concile transférer ses séances, supporter tant « et de tels dégoûts, c'est ce qui nous est plus difficile, c'est « ce qui nous cause une douleur plus grande. Notre honneur, « notre intérêt, ceux de l'Église de Rome ne comptent pas « pour vous. Vous ne songez qu'au gain, comme si le concile (' devait être une sorte de foire pour les marchands, et non « une libre consultation des prélats. C'est à ceux-ci, et non « aux laïques, qu'il appartient de discuter ce qui a trait au (( saint synode et de prendre, à cet égard, toutes les mesures

1. Décisions des 16 et 18 février : <- Quod ambaxiatores alias electi ad civitatem Florenlie mittantur cras ad inquii-cndum Florenlinits, quod disponanl eorum prêtâtes ad confirmalifjnem Cmuilii Seiiensis. et quod ato eis hauriatur et reportetur eoruni (inalis. claracl ultinia intcntio in prediclis... Delibcravcrunt respondere aniha.\iati)ri Flort-ntino quod inaniniet prclatus Florenlinos quod velint congregari cum prelatis Senensibus et esse unius intentionis. » Ihid., fui. 21 r", 22 v".) — On dinéra pourtant encore le départ pour Florence de l'ambassade projetée.

2. Décisiiin du K février: « Facere j^ratum responsum anibaxiatori F'iorentino quale pulaverint convenire ad conservationcm amicitie et fraternitatis ipsorum, et quod, secundum postulata ambaxiatoris prefati, cisdem Florentinis prestentur et conccdantur.i.. lancée nostre gentis armorum. ut verus amor, non ficlus, appareat. >> Ibid.. fol. lO r'^.j

.3. Cf. une décision du 12 février :« Quod camerarius Bicherne prestet officialibus Balic Concilii florenos decem auri pro quibusdani sccretis expensis liendis pro dicto Concilio...» [Ibid., fol. 19 r".)

o4 MARTIN V ET LE CONCILE DE SIENNE

a nécessaires. Nous vous prions donc et requérons de ne pas « porter la faux dans la moisson d'autrui, de ne point vous (( mêler de ce qui ne vous regarde pas, et de ne pas vous imac o'iner que le concile doive être prolongé ou dissous à votre (( gré. Si nous vous voyions persister dans de telles manières de (( faire, notre honneur nous obligerait k vous ôter toute possibi- <( lité de continuer ces pratiques ^.. » Puis, s'adressant particulièrement à Jacopo di ser Marco, le négociant dont le nom figure en tête de la liste des commissaires : « Nous avons signifié à K ton gouvernement, écrivit le pape le 12 février, de ne pas « parler de réforme de l'Eglise quand votre gain seul est en « cause, et de ne pas entraver par des démarches malséantes la « libre expédition du concile, comme s'il ne s'agissait que d'une « opération commerciale. Depuis, nous avons été informé « d'heure en heure des façons déshonnêtes dont vous usez, toi et (( certains autres marchands, qui, par amour du gain, ot non « dans l'intérêt de l'Église, empêchez et troublez Yexpédition (( du concile général. Si vous ne réparez vos torts, quelle honte <f souillera à tout jamais la réputation de votre cité ! Et, ce qui « nous fait peine à dire, toi que nous chérissons d'une tendresse « paternelle, et plusieurs autres marchands, tes concitoyens, vous « recevrez du peuple siennois votre salaire, quand il aura bien « compris la portée de vos actes. Si vous persévérez, peut-être (( serez-vous cause d'un nouveau schisme dans l'Eglise ; mais « vous finirez par être cause aussi de la perte de votre patrie '^. » A ces lettres, si menaçantes et si mortifiantes, le gouvernement siennois ne répondit qu'en témoignant un étonnement peu sincère et une douleur fort inutile, en essayant, tout aussi vainement, de justifier sa conduite et celle de Jacopo di ser Marco, enfin en se répandant en plaintes contre les légats ^.

i. Arch.nat., LL i\ loi. 49 r'^ ; Rinaldi, VIII, 567.

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