‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 39 sur 257 · Monum. Concil., I · texte numérisé non relu

Monum. Concil., I

3. Décision du 17 février:» Dcliberaveruiit quod pro parte maguificoi-um Dominiirmii ipspondeatur Pape ad literam per ipsum scriplam Jacobo domini

RECRUES FAITES PAR LE CONCILE 5o

Il ne devait guère se faire d'illusiou sur l'olTet de son plaidoyer. Mais, au moment où la situation du concile semblait désespérée, un secours, depuis longtemps attendu, ranima soudain l'espoir du parti réformateur.

Jean de Haguse était, à Sienne, l'unique représentant de cette Université de Paris qui avait jadis tant insisté pour la réunion dusvnode '. Le 2 février, il reçut enfin des nouvelles de la délégation que l'Université avait tardivement fait partir -. Plein de joie et de confiance (malgré de fâcheux bruits), il écrivit aussitôt à ses collègues de se hâter : ce serait la fin du schisme de la «nation française -^ o, le salut du concile, le triomphe de la réforme ^

Au même moment, on annonçait l'approche de Jean de Rochetaillée, archevêque de Rouen, ambassadeur du roi d'Angleterre " :

Marci. excusando et justificando opéra dicti Jacobi et vestre Communitatis, et eliam dolendo et mirando de verbis per eum scriptis, et aggravando opéras Presidenliiin). El similitei- scribatiir iina litlera Collegio cardinalium. et quod illa liltera Pape Icgatur in Cmsilio populi. » (Arch. d'État de Sienne, Concistoro, Deliberazioni, 337, M. 22 r°.)

1 . On lui avait même contesté, un moment, le droit de siéger comme délégué de llnivcisité: les lettres qu'il produisait l'accréditaient plutôt auprès du pape que du concile. Cependant il avait invoqué le témoignage de plusieurs prélats, et Martin Y, renonçant à le chasser du synode ou à lui fermer la bouche, s'était bnrné à l'aire le vide, autant que possible, autour de lui (Jean de Raguse, p. 3, 61,

2. Le 26 septembre seulement l'Université avait arrêté le texte des lettres et des articles qu'elle faisait porter au pape, aux cardinaux, au concile, aux Sienm.is. Le 10 novembre ses ambassadeurs n'étaient pas encore partis J^enifle et Châtelain, .li/c/.ir. Charliil. i'niv. Paris., 11.303. .305).

3. Cette querelle était déjà, parait-il, en voie d'accommodement.

1. Lettres du 3 lévrier 1 i2i Monutn. Concil . , I, 18 . Cf. une décision prise le 11 février par les autorités siennoises : <■ Deliberaverunt dare ambaxiatoribus Universitatis Parisius pro eorum mansione domum in qua stabat Judex appellationum pênes Kxecutnremjuslitic. >- Concisloru. Deliheriizioni.SSl. fol. 18 r".

b. V. une délibération capilulaire de llouen du 28 février li2i, où il est ques-

o6 Martin v et le concile de sienne

le nom de ce prélat, célèbre dans le clerj^é, inspirait universellement confiance.

En efTet, le 12 février, pères et bourgeois, en grand nombre, se portèrent à cheval^ fort loin dans la campag-ne, au devant de ce haut personnage et des cinq délégués de l'Université de Paris, le trop fameux Jean Beaupère, l'ambitieux Jean Chulfart ', Robert Poitevin, Jean Hervé et Jean le Moutardier 2.

Ces nouveaux venus furent aussitôt les arbitres de la situation. Les deux fractions hostiles de la nation française décidèrent, d'un commun accord, de s'en rapporter, quant à leurs griefs réciproques, au jugement de Rochetaillée et, quant au choix d'un président, aux cinq universitaires, lesquels s'empressèrent de nommer l'archevêque de Rouen.

Ainsi se trouva réalisée l'union tant désirée. On ne prévoyait pas alors qu'elle allait précéder de si peu la dissolution.

Le coup de grâce, en effet, vint de ceux-là même de qui l'on attendait le salut. Au surplus, on n'était pas sans concevoir quelques soupçons, en dépit de la confiance qu'on témoignait :

tion " dicli archiepiscopi ad Consiliuni générale in curia Romana ex parte principis et Ecclesie existentis » (Arch. de Seine-Inférieure, G 2123, fol. 162 v°) . — A l'occasion de l'ambassade que le roi et. l'Église gallicane devaient envoyer au concile général, une taxe avait été imposée sur le clergé des provinces de France soumises à la domination anglaise. Mais le clergé de la province de Reims, réuni en chapitre provincial à Noyon, détermina, de son côté, sa part contributive. Il en résulta un appel interjeté, le 7 février 1 424, par le chapitre de Noyon au souverain pontife et au concile (Bibl. nat., ms. français I2û;52, fol. 14 r").

1 . Chancelier de la reine Isabeau de Bavière, avide d'honneurs et d'argent, et qui, en 1419, avait passé huit mois en cour de Rome (A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. xvui, xxiv, xxxi ; H. Denifle, Chartul. Univ. Paris., IV, p. xvii-xix).

2. Jean de Raguse, p. 49. — François Tomazzi prétend que six docteurs délégués par l'Université vinrent avec celui qu'il appelle le « patriarche de Paris », c'est-à-dire Jean de Rochetaillée (Muratori, XX, 23". C'est peut-être qu'il faut joindre aux cinq maîtres nommés par Jean de Raguse Liévin Nevelinc, qu'on retrouve à Rome, peu après, chargé de représenter la Faculté de droit {Char lui. Univ. Paris., IV, 432). — Cf. cette décision des autorités siennoises du 13 avril : " Deliberaverunt procurari de cera, confectis, bladis, vino et aliis rébus, prout decet et consuetum est, ambaxiatori régis Anglie, ex uno capite, et ambaxiatoribus Universitatis Parisius, ex alio, qui nuper venerunt ad Concilium. » [Concistoro, Deliherazioni, 337, fol. 20 r°.)

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