lean de Raj^use, p
2. Il n'était fait d'exception que pour l'évêque de Lincoln, qui demeurait hors des murs, et pour les {.'eus de sa maison. — Au mois de janvier, ce Richard Flemmin^ avait hasardé, dans un sermon, la proposition suivante : « Vous n'êtes jufîes du pape ([u'en cas d'hérésie ou de schisme et, selon certaines personnes, lorsque, coupable d'un crime notoire, il se montre de plus incorrigible. » Cette restriction jetait un doute sur la validité de la sentence' rendue jadis contre Jean XXIIl. Les pères les plus fidèles aux traditions de Constance en furent scandalisés : ils auraient réclamé une sanction sévère, si je ne sais quel accident survenu, le lendemain, à l'évêque de Lincoln ne l'avait soustrait à leurs poursuites. Jean de Raguse, bien entendu, considère cet accident comme un châtiment providentiel (p. 64).
3. [19 février l'i2î :] <■ Deliberaverunl quod, ut nullus prelatus advena exire possit civitatem sine licentia Concilii et prcsidcntium Nalionum vel majorum partium Nationum, per maf^nificos Dominos et Capitaneum pi.puli eliganlur duo cives pro qualibct porta civitatis, sive super cuslodia dictarum portarum, (jui
Kn consé({uence, nouvelle démarche auprès du pape, cette fois par lentremise du cardinal Correr. Celui-ci s'en retournait à Rome, après un séjour de cinq mois ;\ Sienne. Gomme de luimême, il devait tâcher de persuader au saint-père d'envover aux Siennois une ambassade conciliatrice, et il devait exprimer l'opinion qu'avec do la douceur on réussirait mieux auprès de la république '.
En même temps, il s'agissait débrouiller les pères avec Rome. Ce qui restait du concile s'assembla, le 20 février, dans la sacristie du Dôme. Là les Siennois parurent dans le rôle d'offensés. Leur ville n'avait-elle pas rempli les conditions voulues ? Les suppôts n'y avaient-ils pas joui d'une entière sécurité? Quelqu'un d'entre eux avait-il eu à se plaindre d'une injure ou d'un désagrément ? '( Voici pourtant, ajoutèrent-ils, voici notre récom- « pense! » Et ils exhibèrent les lettres de reproches qu'ils avaient reçues de Martin V. Puis, cherchant à expliquer ce mécontentement du pape, ils n'y trouvèrent d'autre raison que leur refus d'emprisonner, à la demande du saint-siège, nombre de suppôts du concile, et leur résistance à toutes les démarches des légats qui, dès l'origine et a maintes reprises, les avaient sondés de
neminem de dictis prelatis dimittant exii-e sine bullettino Gonsistorii, excepto Liconiensi, ciini familia sua, qui, ex en quod habitat extra portam, dimittatur introiri et exiri pro libito vokintatis, et omnes de familia sua. Et predieti deliberaverunt ad cvitandum scandala que oriri possent in Ecclesia sancta Dei es. hoc quod quam plurimi prelati. non jui-idice, sed de facto, declaraveruat locum futuri Concilii. » {Conc.istoro. Deliherazioni, 337, foL 23 v°.)
1. Par 50 voix contre 9, le 21 février, le Conseil du peuple fixe le sens général des instructions qu'il s'agit de donner au cardinal Correr : « Quod suo medio velit operare quod dominus noster Papa remaneat cum bona pace et concordia cum Senensibus. et quod facta Concilii reducantur ad bonum linem cum honore civitatis. » {Ibid.) On décide donc de remettre au cardinal des lettres de créance adressées au saint-père (elles se trouvent aux mêmes archives, Copia lettere del Concistoro. n°1623, datées du 21 février , « sub quibus coram eo exponat excusatione» vestras et vestra bona opéra justificet in factis Concilii, et postca Sanctitatem suam, tanquam a se proprio, orteturet inducat ad destinandum Senas suos ambaxiatores cum bonis verbis et dulci ambaxiata. affirmando se credere quod cum eo habebitis bonam concordiam ». Le même jour, un laissez-passer est octroyé au cardinal et aux gens de sa suite {Concistoro. Deliberazioni, 337, fol. 24 V). -
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diverses manières et requis, au nom du saint-père, de se prêter
à la dissolution ' .
Ces révélations ne produisirent pasl'eiret qu'on en avait attendu.
De bons témoig'na^es sur leur conduite, des remerciements polis, c'est tout ce que lesSiennois obtinrent du concile. Loin de s'entlammer pour une lutte à outrance contre les auteurs des menées qu'on leur dénonçait, les pères, indillérents ou, au moins, résij,niés, n'exprimèrent que de la sympathie ; au lieu de partir en guerre contre le saint-sièj'-e, ils proposèrent de s'entremettre officieusement auprès du pape pour apaiser son ressentiment. Ce n'était pas là du tout ce que les Siennois leur demandaient. En outre, la fermeture des portes n'avait nullement l'agrément du concile. Afin d'ùter au consistoire tout prétexte pour maintenir l'obligation du laissez-passer, les pères garantirent qu'aucun des leurs ne partirait sans s'être libéré envers ses créanciers ou ses hôtes -. Force fut aux autorités siennoises de faire un pas en arrière, d'autant qu'un Conseil du peuple venait de se prononcer contre tous les moyens violents '^ Trois commissaires furent chargés de s'entendre avec les pères et de retirer les gardes des portes, s'ils le jugeaient à propos K En somme, le régime du laissez-passer n'avait duré que quatre jours'.
1 Si les Siennuis. dès ce moment, avaient reçu du pape des lettres leur recommandant de laisser partir les pères, Us n'auraient pas manqué de les produire le 20 février, et Jean de Rajrusc en ferait moiitinn. L'ordre auquel fait allusion le clironi(iucur Tomazzi est celui sans doute qu'apportèrent un peu plus tard Gérard Faidet etJacques Gerretani (v. plus loin, p. 65).