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5. Il était reparti avant le 21 mars. .V cette date, les Siennois écrivirent à leur évcque. .\ntoine Cnsini, qu'ils continuaient, derrière l'ambassadeur, à sauvegarder riiiuiiieurdu pajie Copinri di lellcre dirette :tl Concistoro. liasse 49).
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arag'onais K Ce dut être pour Martin V un réel soulaii;enient : n'avait-on pas, un moment, soupçonné les sujets du roi Alphonse do vouloir demeurer induement à Sienne, et même y appeler lantipape aragonais, Gilles Munoz '?
Le pape, après avoir entendu le rapport de son ambassadeur, adressa donc aux Siennois une nouvelle lettre, où il témoig-nait imo entière satisfaction '^. Toutefois ce n'était pas la justification publique que ceux-ci avaient rêvée : ils s'en plaignirent à Malatesta '*. Mais leur désappointement fut bien autre quand, au lieu de la bulle de réhabilitation quils attendaient, ils lurent les documents qui, sous la date du 12 mars, avaient été expédiés aux quatre coins de la chrétienté, et celui qui s'étalait, au commencement du mois d'avril, aux portes des églises de Rome '.
Effrayé des appels qu'avaient fait entendre, à Sienne, Thomas de Paisley et consorts ^, Martin 'V^ avait jugé nécessaire de justifier auprès du monde entier la dissolution du concile. Mais que dire ? Les motions subversives des Français, non plus que les intrigues
1. <' Post vestruma nobisdiscessum cuni bona cautela providimus qiiod onines prelati et alii, usque ad oralorem inclusive regris Aragonum, abierunt. » (Copia leltere del Concistoro, n" 1623.)
2. Et non, comme l'écrit par erreur le chroniqueur Tomazzi, Benoit XIII, mort depuis longtemps.
3. (1 Re^ ersus ad nos dilectus filins nobilis vir Malateste de Malatestis. in ci\itate nostra Pensauriensi in temporalibus vicarius, de bona et sincera disposicione veslra ci\ iumque vestrorum erga nostrum et Romane Ecclesie statum et honorem plura retulit... De illa rerum turbatione que acciderat gravi dolore afficiebamur maxime propter honorem civitatis ita dilecte... » (Arch. nat., LL i". f"> 40 r°.) — Il est question de ce bref du pape dans deux lettres adressées aux Siennois, de Rome, le 29 mars, l'une par Malatesta, l'autre probablement par révoque Antoine Casini (Arch. d'État de Sienne, Copiari di leltere dirette al Concistoro, liasse M).
i. « Nunc autem, videntes litteras appostolicas nobis solum fuisse directas et semper presupponentes ex parte nostra fuisse erratum, quod cum débita reverentia negamus. non possumus facere quin miremur. » (Lettre du 3 avril, Copia leltere del Concisloro, n" 1023.:
5. Il en est question, pour la première fois, dans une lettre des Siennois du 12 avril ihid.).
6. C'est l'explication donnée par Malatesta, le 19 avril : « Respondeo quod, propter quasdam protestaciones factas ibidem per nonnullos qui in Concilio permanebant ac appellationes de quibus supra facta est mentio, e.xpediens fuit hec patentes littere conficerenturque valvjs affixe fuerunt. » Copiari di leltere dirette al Concisloro, liasse 49.)
SATISFACllo.N i!i;irsKi: AIX SIK.NNmIS
(lu n.i (KAraj^'-on. nV-taient point des raisons qu'il fût convenable ouprudont (rin\o((uer ouvertemonl : restait l'intervention indiscrète des Siennois. Médire de la républiciue ne présentait pas, à rétran<>-er du moins, les mêmes inconvénients, et, à Sienne, le pape avait des moyens de se faire aisément pardonner. C'est ainsi ([ue le tableau des intrii^ues siennoises fut retracé, et même quehjue peu noirci, dans des bulles et dans une encyclique rédigées juste au moment où Malatesta portait au consistoire des paroles d'all'ection et d'oubli.
La crainte, y lisait-on, avait chassé les pères; il n'y avait plus pour eux. à Sienne, ni pour les présidents, de sécurité ou de liberté ; tenir une session publicjue, expédier et promult^uer les décisions pri.ses dans les ( nations », célébrer même une ti^rand' messe était devenu chose impos.sible par suite des agissements des Siennois et de quelques autres, qui recouraient, à tout propos, aux injures et aux manifestations tumultueuses, comme s'ils eussent en vue, non la réforme et la paix, mais le scandale et la zizanie ; plus le pape leur adressait de lettres et de messag^es, plus ils se moquaient du saint-sièg-e et de ses représentants. En terminant cet exposé sévère, Martin V n'avait j^arde d'omettre la fermeture des portes, qui, à l'entendre, équivalait à une séquestration. La conclusion était que les légats, en présence de ces menaces et de ces troubles, avaient estimé avec raison (ju'il n'y avait plus moyen d'accomplir en cette ville aucun acte qui ne fût entaché d' « impression », et qui, en conséquence, ne risquât d'être argué de nullité dans la suite K
Si les Siennois avaient souci de leur réputation, on conçoit quelle rumeur indignée dut soulever parmi eux la lecture d'un pareil document. « Voilà notre récompense ! » écrivirent les magistrats, le 12 avril, k Malatesta, après avoir rappelé avec quelle générosité, mais aussi quelle imprévoyance, ils avaient accordé au