Monum. Concil., 1. 67 : II
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férer le concile même en ddiors de l'Allemaj^ne ' : peut-être Mari in V rèvait-il déjà de ramener l'assemblée de Bàle en Italie.
Nous n'avions pas besoin de cette nouvelle preuve pour nous convaincre que Martin V s'attribuait sans hésitation h- droil de clôturer ou de transférer un concile à son gré. Ni la décision particulière prise à Constance, à cet égard, dans la troisième session, ni les principes généraux josés dans les quatrième et cin([uième, ni les arguments d'analogie tirés du décret Frequens, ni la protestation faite à Sienne par l'abbé de Paisley n'avaient pu niodilier ses idées sur ce point.
11 faut donc se défaire du jugement accrédité par la plujjart des auteurs gallicans, et cesser de voir en Martin V le scrupuleux observateur des prétendues lois inaugurées à Constance. Le pape qui gouverna l'Église de 1417 à U31 n'est plus le cardinal Othon Colonna de l'époque troublée du Grand Schisme. Un homme nouveau s'est révélé en lui, en même temps qu'il montait sur la chaire des Innocent III, des Boniface VIII, des Grégoire XI. Il s'est gardé d'acquiescer expressément au principe de la suprématie conciliaire; il a refusé de rien détinir quant au droit de l'Égli.se de dépo.serles papes ; il a condamné formellement l'appel interjeté du souverain pontife au concile - ; il a revendiqué, à maintes reprises, dans ses bulles, dans sa correspondance et par la bouche de ses
1. La bulle do 1 123 spécifiait que les présidents ne pourraient transférer le concile que dans une ville ejuadein nnlionis : mais alors le siège du concile était une ville italienne : Martin V désirait, bien entendu, qu'il demeurât en Italie. Le cas était bien dilïérent en li31,où le concile commençait par se réunir en Allemagne. Aussi nest-on pas surpris de voir le pape supprimer les mots ejnsdein nnlionis.
2. Le 13 décembre 1126 encore, en remerciant le roi de Pologne davuir abandonné et répudié, suno et maluro consilio, l'appel interjeté jadis au futur concile par ses ambassadeurs à Constance. Martin V ajoutait: « Ab appellatione non congrua recessisti, et rcctissime judicasti nullam esse superioritatem in terra ad quain appellari possit a Uomano pontifice. » H. Bess. Johnnnes Fulkenberg, p. 444, note 3j.
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représentants, le droit de transférer le concile ou de le dissoudre à son gvé. .Le programme de son gouvernement se résume assez bien dans une bulle qu'il expédia le 8 janvier 1425 ^ : h Nous (( n'avons pas de plus grand désir (pie de voir l'Ég-lise univer- « selle affermie dans sa vaste constitution et le siège apostolique (( maintenu dans son autorité suprême ''^. »
Venu à un moment critique, Martin V a voulu et su sauvegarder les droits du saint-siège, ne se pliant qu'à une obligation, qu'il ne pouvait éluder, celle de convoquer périodiquement le concile, mais lui tenant tête, le dirigeant, le brisant au besoin, ne capitulant jamais.
La lutte, d'ailleurs, avait été relativement facile grâce à l'abstention de la plupart des représentants de la chrétienté. Peu de pères avaient répondu aux appels du souverain pontife, comme si déjà l'on fût las des longs déplacements. Peu de voix avaient protesté contre la dissolution prématurée, comme si l'on se fût résigné à l'avortement du système conciliaire. Le silence s'était fait, à peine troublé de loin en loin par des réclamations où la politique avait eu plus de part que le souci des intérêts de l'Église. Au sein de cette paix religieuse, bien compromise cependant à d'autres points de vue, Martin V pouvait éprouver
1. « ... Videre universalem Ecclesiani in sui status amplitudine stalnliri et Sedem apostolicam insua auctoi-itate et fastij^io consopvari » Rinaldi, IX, 17).
2. On raconta plus tard que, le jour où avait eu lieu, à Constance, la cinquième session, Satan était apparu à un saint homme et lui avait tenu ce langage : « Hac die credidit Concilium meam dominacionem enervare et exiinguere. et potius eam magis confortavit et fortiflcavit propter illa duo décréta que fecit: quia ego papas futuros eligendos talitei- tentabo et avisabo cum rationibus, cum amicis, cum i-egibuset cun pHncipibus. cum oecuniis. cum promissinnibns, cum promotionibus, cum viris literatis et doctoribus, cl taliter eos contra Concilia generalia armabo quod semper nitentur et conabuntur Conciliis resistcre et, quantum in eis erit, dissolvere ea et destruere, et nullatenus ipsorum décréta et statuta servare ac servari facere, et presertim hec duo décréta cassare et annuUare. » L'auteur du traité d'où jextrais cettelégende. un docteur en théologie de l'Université de 'Vienne, ajoutait que cette triste prédiction s'était réalisée à l'égard de Martin V: « Et [Sathan] tantum laboravit cum papa felicis recordationis Martino V quod breviter nihil de illis duobus decretis curavit. quin imo semper asserebat et asseruit quod potestas Pape esset major quam alicujus generalis Concilii facti vcl fiendi. >. (Bibl. Nal., ms. lat. 1445, fol. 149 v% 151 r°.)