‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 65 sur 257 · Monum. Cuncil., II. 9ô · texte numérisé non relu

Monum. Cuncil., II. 9ô

2. Labhc de Vêzelay cl les délégués de rUiiivcrsilé de Paris écrivirent, vers le lOmai. à (|uantité de prélats, de princes et d'Universités F.-J. von lîianco, /oc. cil. : Monuin. Cotnil.. I, "I, 7'-7f>;II, ITi.

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ils s'en loposeraiont sur le concile du soin de créer d'autres ressources. Ecrire, 11 le fallait, mais à seule fin d'accélérer les levées militaires. Quant aux membres retardataires, il n'appartenait (pi "au paj)e de les relancer. Si l'on envovait, à cet edet. des messaj^es àjlome, l'inconvénient serait moindre: cela laisserait, au moins, au lég-at le temps d'accomplir sa mission belliqueuse. Tel est le lani^-age que Cesîu-initenait à la fin du mois d'avril 1431, et son porte-parole dans cette circonstance n'était autre que Jean de Ra»use, qu'on ne saurait suspecter de tiédeur k l'égard du concile ^ .

Puis, comme si le souci de la guerre de Bohème n'était pas suffisant pour détourner de Bàle la pensée d'Eugène l\\ voici qu'au même moment une autre guerre éclatait dans son voisinage, à sa porte.

La faute en est peut-être moins à lui qu'à son prédécesseur. La complaisance exagérée de Martin Y pour ses neveux avait élevé les Golonna à un degré de puissance peu compatible avec la sécurité du saint-siège '-. On crut cependant pouvoir s'entendre au début du nouveau règne. Eugène reçut le serment du jeune Antoine Colonna, prince de Salerne, naguère commandant des troupes pontificales, et se fit remettre par lui, outre quelques milliers de ducats, le port d'Ostie, le Ponte Molle et le Château- Saint-Ange -K C'était quelque chose ; mais il restait bien d'autres restitutions à faire : celle de plusieurs places d'Ombrie ou de Campanie, celle des objets de valeur laissés par le dernier pape dans le palais des Saints-Apôtres, celle peut-être de l'immense

1. Monum. Concil., I, 73; J. Haller, Concil. Basil., II, 7. — J. de Palomar rapporte cependant que Cesarini, en apprenant l'élection d'Eugène IV, lui aurait écrit pour lexhorterà venir à Bàle.

2. V. J. Guiraud, L'État pontifical après le Grand Schisme (Paris, 1896, in-S"), p. aO et suiv.

3. Andréa Billi (Murât., XIX, 143); D. Capranica (Moreizm. CoHf(7.,II. "19); Infessura (éd. Tommasini, Fonti per la sloria d'Italia, VI, 1890, p. 26j. —Les faits démentent rafl'irmation de Biondo (^déc. III, 1. 4 , d'après lequel Antoine Colonna aurait aussi rendu spontanément Narni, Orte, Soriano, Gualdo, Nocera, Assise, Ascoli, Imola, Forli et Forlimpopoli.

LA GUERKK AI \ l'dUTES Di: 1!(.>.MK I UM

trésor tjue Mail in V passait pour avoir amassé t*n vue de la :;iu'rri> contre les Turcs ou de l'union de l'Église {grecque '. Faut-il ajouter <[u'Kuj^ène W . (jui devait son élection, paraît-il, à une intei-ventioM <lu cardinal Orsini-, ne savait rien refusera cette maison ri\ale tle la famille Colonna ' ? L animosité de ses conseillers les plus intimes a pu contribuer à rendre plus exi- «i^eantes dans le fond et plus impérieuses dans la forme ses revendications très lég'itimes. Dans tous les cas, on prête au jeune jirince de Salerne cette boutade impatientée : d Plutôt que de 0 me laisser livrer aux (Irsini tout dépouillé, je préfère défendre « ma fortune et ma vie ' ! »

D'autre part, Etienne Gobmna, de l;i branche de Palestrina, (juittait Rome, dépité, a la suite d'un reproche que lui avait adressé Euji^ène IV •'. Prosper, le cadet des neveux de Martin V, un cardinal de dix-huit ans, trompait sournoisement la confiance du l)ape, recommandait sous main aux officiers de son frère de ne pas se dessaisir des places qu'ils occupaient, mettait Marino en ('lat de défense, détournait son cousin l^tienne du devoir, finissait par s'esquiver de Rome, à son tour, sans autorisation ''.

Bien qu'Antoine Colonna, déjà entré en campagne, et qui

1. Mural., III, II, 872 : Theiner, Codex diploin.. III. 122: Giorn. Xapolet. (Murât.. X\I. 1093;. Cf. L. Fumi, / Colonnn vontro Roma e pnpn Huyenio I\\ clans lioUell. (/. Socielh L'mhra di sloria patria, I, 1805, p. Gli.

2. Paolo di Licllo Pétrone (Mural., XXIV, 1130). Cf. Erich Kônig, Kardinal Giordann Orsini. Fribour};-oa-Br.. 1906, iu-8°', p. 59, 60. — Dès son avènement, Kufircne IV transféra le cardinal Orsini de l'évèché d'Albano à celui de Sabine, qui étail plus riche cl entouré des possessions de la famille Orsini, lui conféra plusieurs commendes, consLilua en sa faveur une sorte de principauté, enfin le nomma vicaire temporel en Ombrie. (îiordano devint vni des personnagres les jilus puissants de l'Ktat pontifical et l'un des cardinaux les plus riches de son temps ihid., p. 61; J. Guiraud, p. 123, 169^.

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