Arcii. du ^'at., Arinar. XXIX, t. 16, fol. ij v
3. La reine Jeanne envoya encore d'autres troupes. V. ses lettres des l**", 2 et 6maili3l(C. yiinievi JMccio, Sacfffio di coJice diplomalico, II, i, Xaples, ls79, in-5'J, p. 94, 95 1.
4. Murât., lîl, n. 869; Buonincontro^i/j/J., X.\.I, 138) ; Infessura, p. 28 ; Monstrelet (éd. Douct d'.\rcq, V, 47j.
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de l'archevêque de Bénévent Gaspard Colonna, qui en fut quitte pour un emprisonnement ', certain prieur du nom de Thomas, personna«,^e fort vn vue, subit la torture, la dé-^n-adation, la pendaison et le dépeva^'c 17 juillet) ; ses restes demeurèrent exposés aux quatre coins de hi ville -.
Gepenikwit la reine Jeanne vint, une lois de plus, au secours du souverain pontile, d'abord en opérant sur les terres de Caldora une diversion cpii obli^^ea le traitre à rétrograder (9 juillet), puis en envoyant des troupes et des navires le lon^- de la côte de manière à assurer le ravitaillement de Rome ', peut-être aussi en pro-
1. Son arrestation aurait eu lieu le 20 juin ^Uphelli, VIII. 102). Il retourna dans son arrhevêché ; mais, peu avant sa mort '.juillet 1 13.> , je ne sais (Hiels méfaits attirèrent de nouveau sur lui l'attention du pape, qui chargea le lépat ^'ilelleselu d'informer contre lui et de le citer, au besoin, en cour de Rome : ■< Cum... ad aures noslras... hodie pervenerit venerabilem fratrem C. . . archiepiseopum Beneventanum. tam preterilis temporibus quani et île i)resenti enormia conimisisse atquc quotidie commitere, imo, ultra hocipsum, nonnullos suarum ecclesiarum sulïraganearum |irelalos atque clerum eorumdem. incxquisitis coloribus, plus solito more jcravare. ex quibus, ut percepinuis, lites, eontroversic et scandala gravia sunt exorta... » Lettre du 21 février l'i35 : Arch. du \'at., Iie([. 373, fol. 138 rM
2. Murât.. III. ii. 8G9 ; Infessura, p. 28 ; L. Pastor, Umjedruckle Akten, p. 20- 22 : S. Antonin, Hisloriœ, tit. XXII, cap. .\, circa iiiit. — Passé de l'ordre des frères Mineurs dans un autre ordre monastique et devenu prieur d'un couvent que l'on ne nous nomme pas, ce frère Thomas, fort en faveur auprès deMartm V, et qui révéla à Eujîène IV l'e-xistence de sommes importantes détournées par les oHiciers du feu pape [W S. Antonin), ce prieur, dis-je, pourrait bien être Thomas « de Pilco », prieur clunisien du Pont-Saint-Esprit, au diocèse d'Uzès, qui fut chambellan du pape, protonotaire apostolique et, d'après une des sources qu utilise la Ga//ia c/iri.s<('.ina iVI. 662\ mourut en 1131. Il résulte d'une bulle de lli3 que Thomas " de Pileo " était de ceux qui avaient remis, après l'avènement d'Eufrène IV, des livres, des vêtements, des joyaux, etc., entre les mains du vicecamrier (.Vrch. du Vat., Becf. 367, fol. 27 i r";. Autre circonstance à noter : dans la bulle en question, Thomas <■ de Pileo » est simplement indiqué comme trépassé, alors que les mots « bone memorie » sont accolés au nom d'un autre défunt, l'archevêque Gaspard Colonna : cette différence semble prouver que quelque mauvais souvenir restait attaché au nom de Thomas « de Pileo ». Cela sexplifpierait bien si Thomas " de Pilco » se confondait avec le supplicié du Campo dei Eiori. Je dois dire cependant que ce dernier portait le nom patronymique de « Campanus », si l'on s'en fie au discours prononcé lors de sa dé},'radati.iu L. Pastor, p. 22\ — M. Pérouse (p. 1)5 > confond à tort ce personnage avec un prêtre pérugin du nom de " Thomas Masii » qui avait vendu un bréviaire à Louis Aleman (.\Ibancs, Gallia christ, noviss.. Arles, n" 3i77 .
3. Href du U juillet li31 : « Decemviris balie civilatis Florentine... Henedictus Deus Israël, quia visitavit et fecit redemptionem plebis ! Nam, cum carissima in Christo filia nostra Johanna, Sicilie et Jérusalem regina, perpetratum ab illo
108 EUGÈNE IV ET l.E CONCILE DE ilALE
curant au pape les moyens pécuniaires de prendre à son service un autre capitaine, Nicolas deTolentino •, Le résultat de ce dernier enrôlement fut une campag-ne brillante, dont l'honneur revint en •partie à Jean Vitelleschi, de Corneto, qui, sous le titre de» conimis- « saire et lieutenant en l'armée », surveillait les opérations"^ Nom
[Jacobo Candola] faeimis coniperisset, nonnullas genLium armorum copias advcrsiis terras et loca ab eodem Jacobo possessa cclci-iter destinare curavit ; eu jus rei ad cum runiore perlato, confestim pedem retulil. die vidclicet nona presentis mensis, noctu, ac quanta potest celcritate niigrare nunciatùr. Ilaque propler dilacionem aliquam intentionis nostre hujusmodi ter^iversacionc nichil nobisincomniodi allatum putamus. Non cnim dubium est quin. si fidelem nobis et sinceram operam, ul decuil, prestitisset, janidiu fuisset debellatum. Verum tamen, quanquam, si prefatus Jacobus omnes in nos conatus suos cffudisset, eramus tamen tune salis parati ad resistendum, sumns denique ab cjusdem periculo et infestatione, ut putamus. liberati. Classe vero dilectoruni fdiorum de Liga. quam, eamdem quam a Aobis. oblacione habemus a dilectis fdiis de dominio A'enetorum. satis fructuose uti speramus et intendimus : ita tamen ut i])sius Lig'e nullo modo auferatur intentio. De qua re dileclus filius Bernardus de Medicis Dilectionem vestram reddet apperlius certiorem. Ceterum cpiod ope .îacobi Candola. quoad principale propositum nostrum pei-tinet. et'Ucerc ncquivimus. adventu et opère dilecti filii nobilis viri Xicolai de Tollentino speramus nos celeriter admodum obtinere. (^)uamobreni. si quid ad illius e.xpedicionem reliquum sit ex quo illius ad nos remoretur adventus. ut quantocius perfif^iatur placeat operari, frequentibus preterea litteris nunciisque, ut quam celerrimus cjus adventus sit, eimdem excitare. Cum enim hoc impedimento absoluti erimus. qnod cfuidem presto fore arbitramur. pleraque nobis j;rala et commoda speramus operari. Et. si nobis Dcus vitam aliqualiter diuturnam concesserit, nos vestrorum erg:a nos et diclam Ecclesiam officiorum non immemores cxpei-iamini. » '^Arch. du Vat../îef/. 370. fol. 16 v°.)
1. Lettres de remerciements adressées par le pape, le 18 juillet, à la reine Jeanneetau Crand sénéchal. JeanCaracciolo (ihiJ.. fol. 23 v°, 26 r"). Le 27 juillet. Nicolas de Tolentino est nommé capitaine {jénéral des troupes de l'Église. Des lettres du 23 juillet, du 'i et du 9 août rexhortent à hâter sa venue [ihiâ.. fol. 2i r". 31 r». 32 v"). Le 23 août, Euj^ène ordonne à Gian-Anlonio. prince de Tarente. de poursuivre avec toutes ses forces le traître Caldora. 11 écrit dans le nièmt' sens à la reine Jeanne [ihid.. fol. 37 v).
2. Dès le S mai 1431. Eugène avait nommé \'ilellesclii son commissaire et son lieutenant dans l'armée alors commandée ))ar Jacques Caldora. A cette occasion. il avait déclaré que ni ^'itelleschi. ni aucun des clercs ou prêtres dont celui-ci s'entourerait n'encourrait la suspense ou l'inhabilité pour avoir assisté à des combats, massacres, homicides ou autres faits de guerre, ni même |)Our y a->'oir pris part, « etiam sévis et bellicis actibus immiscendo » (ihid.. fol. 6 v°). De nouveau, le 3 août, Eugène nomma Vitelleschi son commissaire et son lieutenant en l'armée qui allait 0)>érer dans le Patrimoine contre les rebelle*. Le besoin s'y faisait sentir d'un prélat tout à fait sûr et expérimenté : celui-là. paraît-il. avait déjà fait ses preuves dans de graves et délicates conjonctures. Eugène l'autorisait à prendre toutes décisions, à donner tous ordres, à punir toutes désobéissances (ihid.. fol. 30 r"). Une bulle fort analogue se trouve ailleurs (Recf. 371, fol. 135 v») sous la date du 15 décembre 1431.
SUL. MISSION l'I.S (UtLON.NA I 09
destiné à devenir célèbre, et qui sera plus d'une fois prononcé au cours de cette histoiri'l En discernant chez ce notaire apostolique de rares talents militaires, Eu^'ène avait lo coujjd'œil juste : mais en quoi était-il ohlii^^é d'en^^ager définitivement dans la carrière ecclésiastique et de nommer évèque de Recanati ce soudard fait pour la vie des camps ' ?
Au surplus, les (".oloniia étaient à Ixiul de ressources. De vagues pourparlers furent entamés avec Prosper -. Antoine enfin ayant souscrit aux conditions du pape, — versement ;i la Chambre de 75.0(10 ducats, restitution de Narni, de Soriano, de Canale, de Mugnano, de Nepi, etc. ', — la condamnation du 18 mai fut rapportée le 12 septembre, tous les crimes absous, tous les biens restitués. Un seul coupable était excepté du pardon, le chevalier romain Antonio Battista ', qui avait livré au prince la porte Saint-Sébastien •'.
1. CoUe nnmiiiiilioii t'iil lieu dés lo 1« avril 1 î.il [Euhcl, Ilierarch. c;ilh. med. sévi, II. 2i2).
2. \. un sauf conduit ilêlivi-o, dès le 1"" juillet, par le pape au cardinal, valable pendant huit jours et motivé comme il suit : " Cum. sicut audivimus. noslro le velis coiispectui presentare.sed ex certiscausis venire dubites nostra licentia cl fiducia non oplentis... » [Reg . 370. fol. 13 r".)— Il est à remarquer, d'ailleurs, que Prosper Colonna navait pas été compris nominativement dans les condamnations du IS mai. non jilus que son tout jeune frère Edouard, comte de Celano.
■.\. Lod. de'Kami Murât.. XXII. 226) ; Ginrn. Xapolet. {ibid., XXI, 10!K5 : Neri r.apponi /■/)(■(/.. XVHI.lITi): Ann. F(>rliv.{ihiil.. XXII. 216) ; Biondo.déc. III. 1. n: -V. Hilli. col. I.')0: Cron. del Grnzimii. p. 3J5, 3JS ; Cron. di linloc/nu, col. 010 : Huoninconlro. loc. cil. : Murât.. III, ii, S69; .1. Guiraud. p. 62. 138; L. Fumi. p. Olô'. Commission donnée. le lo octobre, à Rosello Hoselli, clerc de la Chambre. i)our prendre possession des places restituées par .\ntoine Colonna (Arch. du \'at.. Armar. .V.V/.Y. t. 16. fol. 102 v";.
1. .Vrch. du \'a[..Re(f. 370. fol. IjO v\ Cf. un mantlemcnt exécutoire ilu 20 mai 1132s"appliquant spécialement à larlicle suivant du traité conclu avec le prince de Salerne : •■ Kl tulli li Uomaui. cxcepto messer .\ntonio Raptista. chi per cascione de la j;uerra se fecero adherenli e sejjruaci del Principe a principio (,nierre usqne ad conclusionem pacis, se ritrovasscro sfidati o condcnnati in Campilofrlio o Corte di Homa, siano reaffidali e |)Ozino slare nelle loro case, qiianto tocha al publico interesse. •> Armar. .\A7.\'. t. 16. fol. 233 v:.
ô. Mural.. III, 11. S6P. — Le 25 décembre suivant. Kugènc se plaif.'nit que le prince de Salerne eut rintenlion de céder à cet Antonio Battista la terre de Frascati : il l\-\liorta à n'en rien faire et ù ne pas permettre à ce <• fîls d'iniquilé " de résider dans le voisinage de Home \Hey. 370, fol. 53 r").
MO EUGÈNE IV ET LE CONCU-E DE llALE
Encore restait-il à réduire le Préfet. La bulle qui l'excommunie n'est que du l*"'" septembre ', et la campagne qu'au imiis de novembre commen(,'a contre lui le condottiere Fortebraccio, avec le concours de l'inévitable commissaire Vitelleschi -, allait se prolonger durant plusieurs années -^
Nous voici loin de Bàle. Et pourtant il fallait entrer dans le détail de ces combats, de ces alertes, pour juger équitablement l'apparente inertie d'Eugène IV. Il semble perdre de vue le concile général. En réalité, il ne faisait que courir au plus pressé : c'était la défense de Rome, c'était le i-ecouvrement de ses Etats usurpés.
Et je n'ai point dit encore la plus pénible des épreuves qui, au début de son pontilicat, fondirent sur Eugène IV, en lui ôtant l'usage de ses forces physiques et morales au moment où peutêtre il en eût eu le plus besoin. Vers le mois d'août 1431 '\ un mal soudain — on a parlé d'un empoisonnement dont on a rendu responsables, bien entendu, les Golonna •' ; plus simplement je conjecturerais une attaque d'apoplexie — mit, pour de longues