‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 72 sur 257 · Jean de Ra;;use, p. 96 ; cf. p · texte numérisé non relu

Jean de Ra;;use, p. 96 ; cf. p

. 4. Sur les instances des consuls de Bàle et des ambassadeurs de l'Université de Paris, Rolin promit de se rendre à une nouvelle conférence, le 20 juillet, à Montbéliard. A son tour, il les priait de s'employer pour la libération d'un familier du duc de Bourgoj;ne, Pierre de Vaudray, que les gens du duc d'Autriche avaient arrêté et emprisonné à Brisach : « Medio autem tempore guerram ac novitates per subditos dicti domini mei ducis Burgundie faciani cessare, proviso tamen quod a parte altéra nichil novitatis isto pendente tempore fieri contingat. » (Arch. de la Côte-d'Or, B 11942, n" 143. 131.)

NOMinu: i-NFiMt; di:s pèhks de iiale Ho

des plus graves censures, s'il refusait de conclure une Irèvc au moins pour la réj^ion des environs de Hàle '. ('/est seulement vers le 10 octobre quv ces efforts aboutirent à une suspension d'armes; encore ne fut-elle jurée que par (|uel((ues capitaines, et pour durer seulement jusqu'au 21 décembre '. Sur un ton ferme, Sij^ismond avait fait valoir auprès des due^ de Bourf,n)gne et d'Autriche qu'il v allait de l'existence du concile ■'. Puis, à peine conclue, la trêve fut violée par le fait du sire de Varaml»(»ii, (jui s'avisa d'envahir et de ravager le comté de Pierrette: cela nécessita de nouvelles démarches pour que Philippe le Bon se résignât à payer les indemnités voulues ''. Un concile convo- ({ué à proximité d'un tel foyer de luttes avait-il la moindre chance de jamais pouvoir se réunir ?

Ce ([iii permettait encore plus d'en douter, c'est le nombre dérisoire des ecclésiastiques qui s'étaient déplacés, durant ces premiers mois, pour venir au rendez- vous fixé depuis plus de sept ans. Le seul étranger arrivé a Bàle à l'échéance du terme de mars Ii3l éUit cet Alexandre, abbé de Vézelav, dont on avait lait, dans les derniers jours du concile de Sienne, un président de la « nation française » in extremis. lien avait été réduit à ])n)testi'r, devant le clergé de Bàle, qu'il ne dépendait pas de lui (jue la règle de la périodicité des conciles généraux ne reçût son application stricte ■' ; puis, durant près de six semaines, il

I. Mnntim. Concil.. I. <)|. 9(5, 99. 100.106, 11:2. ll.{. 117. 120.

•->. Jean (le Ha^nise. p. Ils. 121. Lettre de Nio.las Lami au chancelier Rolin datée de Hàle. le 18 oct.iin-e 11.31 ori{,'. ;elie rend compte des pourparlers entamés à Dclle. et poursuivis à Bàle. avec les capitaines bourfruij^nons. des difficultés que soulevèrent ceux-ci. du consentement qu'ils finirent par donner à une forme de trêve que le léjcal se disposait à soumettre au chancelier Rolin ^Bibl. de Dijon, ms. 957. fol. 2.S9). Promesse de cinq capitaines autrichiens datée du 12 octobre; homolojjration du duc de Hourfrogne en date du 21 .\rch. de la Cotcd"Or. B 11933 ;D. Plancher, flisl. fie li<nir;{otjne. IV. Pr., p. xcv .

3. Lettre de Si);ism.)nd an duc de Bonrpi^ne. datée tantôt du 25 l). Plancher. IV. Pr.. p. x<:vi), tantôt du .30 octobre Bihl. nat.. ms. lai. I51t). fol 249 r"" Anipliss. collecl., VIIL il ; Moniim. Concil.. 1. 129 .

i. Jean de Hapuse. p. 129. 130: D. Plancher. IV. Pr.. p. .:. cr.

5. Protestation du 4 mais l'i31 Amptiss. colk-rt.. Mil. 1; Moniiin. Cuiuil I 08- P. Hr.niel. Concil. Bnsil.. II. :<,). —La mémoire de labbéde Vézelay le sert impar-

j|g EUGÈNE IV ET LE CONCILE DE IULE

s'était morfondu dans l'attente. Les premiers délégués de lUniversité de Paris navaient fait leur apparition que le 9 avril. Un évêque celui de Cludons, et un abbé, celui de Gîteaux, s'étaient montrés le H, mais pour repartir aussitôt : on avait néanmoms profité de leur présence pour or-aniser une maigre procession '. Au mois de mai. le chapitre général des frères Prêcheurs tenu à Lyon n'envisageait encore la célébration d'un concde général que comme une éventualité douteuse \ et le pape, constatant qu'il n'était arrivé à Bâle que peu ou point d'ecclésiastiques, écrivait au légat qu'il pouvait vaquer sans crainte aux affaires de la croisade, qu'il n'y avait point urgence, qu'une fois la question des Hussites réglée (ce qui ne tarderait guère), il serait temps qu'il se rendît à Bàle pour y prendre les mesures qu il jugerait opportunes en tenant compte de ses instructions et du

fameux décret Frequeiis '\ ,. . , i

Cesarini fit mieux. 11 ne jugeait plus sans doute préjudiciable H la croisade l'ouverture du synode. Tout en se disposant a suivre l'armée en Bohème, il délégua pour présider provisoirement à sa place Jean de Uaguse et l'archidiacre aragonais Jean

de Palomar.

Ceux-ci, après s'être entendus avec les magistrats pour 1 institution d'une commission de l^ourgeois permanente et pour les mesures à prendre au point de vue de la moralité publique, ouvrirent le concile le 23 juillet, en vertu de cette délégation. Quatre franvais étaient présents. Malgré ce nombre dérisoire,

railcmenl- il prétend que le concile de Sienne a été dissous le 2 mars 1 i2l, et qtpa. conséquent, le'concile de «aie dev.^it souvn.- le 3 ma.. L.31. ^ 1 P. Brunet, p. 3 ; Jean de Uaguse, p. 70 ; Jean de ScgoMC. p o.

) Monument, ordinis frairum Prœdicalorum lustoncj, t. ^ U . B. M. ch;;-Mc.. c.jniuU>n.n.,ener.Hn,n^m (Rome, i^^^^ "'^.'^-^f ,,, ,„. éditée

'■ n'^'n- :ï^"^li^;:'dat c^l^m^:^^^ nn;f;h-è i:'jean de Ségovie

:;;.wSS;^iÏÏe2^X .mmédiat^ent à H.le au cas o. cela ne compromettrait pas le succès de la croisade [ibid., p. ^3).

OUVERTIRR \n: CONCILI-: 117

l'assemblée se considéra désormais comme un concile œcuménique, régulièrement constitué pai- l'autorité du saint-siège et représentant virtuellement l'Eg-lise universelle K

Les événements, d'ailleurs, se chargèrent de procurer au légat, plus tôt qu'il ne pensait, les loisirs nécessaires à l'accomplissement de sa tâche présidentielle. L'armée de 40.000 chevaux réunie à grand'peine fondit en un clin d'ieil à l'approche des Ilussites. Dans la honteuse déroute de Taus, Cesarini perdit sa croix, son chapeau de cardinal, la bulle même du pape qui l'instituait légat. Hors d'état de réparer le désastre ou de rallier les fuyards, il ne lui restait plus qu'à se replier sur l>âle. Sa piteuse apparition y eut lieu le 9 septembre -. Désormais, comme s'il eût voulu prendre sa revanche, il consacra à l'organisation du synode toute l'énergie vaillante qui ne pouvait plus trouver d'emploi sur les champs de bataille. Tant en son nom qu'en celui des pères, des lettres pressantes furent aussitôt lancées de tous côtés afin d'ébranler les retardataires -K Point de pompe, point d'escortes nombreuses; mais accourir au plus vite, ou, en cas d'impossibilité, envoyer des représentants : il s'agissait d'éteindre l'incendie déclaré dans la maison du Seigneur. Au surplus, en faisant défaut, on s'exposait à encourir l'excommunication '.

En attendant que cet appel ému produisît quelque eifet, le petit groupe des pères faisait triste ligure ^. Des ambassadeurs

1. Moninn. Concil.. I. p. S6, 90. !)1, 101. 10.'); P. Bnincl. p. 7. 9.

2. //j/(/.. p. 13. Cf. Deutsche Reichsl:irfsnlilen. X, 138. — Le pape, mal renseigné, lixa plus tard cette arrivée au mf>is doclobre Monuin. Concil., II, \b~ i.

3. .\vanl (le quitter Nuremberg pour sa campaf^ne de Hohéme, Cesarini avait déjà fait ])réparer des lettres à l'adresse des prélats et des princes (Jean de Raguse, p." 90).

4. Lettres datées les unes du 17. les autres du 19 <>u du 2i septembre, d'autres enfin du 7 octobre 1131 Hibl. nat.. ms. laf. l.'»17, fol. 31, 35. 37, 40; Musée brilanniiiue, ms. Cott(jn ('.ié<jp., E lll, fol. 5i; Monnin. (]oncil., I, 110, 115, 116; II 32; Cnmplea rendus de IWcud. de Vienne, 1852, p. 606).

5. On a puui'tanl exaj.'éré en prétendant que Cesarini trouva seulement à lîàle deux maîtres parisiens Manum. Concil.. II, 157; cf. J. Ilaller, Concil. Bu.sil., I.

118 F.lfiÈNE IV ET LE CONCILE \)K IULE

de Savoie crurent nécessaire de les prémunir contre le découragement : mieux eût valu, disaient-ils, ne pas se réunir que de se disperser dès le début '. Jean de Ra<2^use lui-même, en écrivant à Eug-ène \\\ n'osait afiirmer l'existence actuelle du concile, mais parlait seulement d'un tout petit conventicule, bien humble, bien dévoué à la j)ersonne du pape -,

C'est comme ambassadeur de ce groupe de nombre infime qu'Eugène W, le 2 novembre li31, vit arriver à Rome le parisien Jean Beaupère-^ Trop célèbre par son rôle dans le procès de Jeanne d'Arc'*, ce docteur avait fait preuve déjà, au concile de Sienne, d'une souplesse qui lui permettait d'évoluer aisément au gré des circonstances '' : son manque de scrupules et de caractère aide à comprendre l'attitude qu'il prit à Rome, si je ne m'abuse, en 1431 ".

Il était chargé de démontrer au pape, au milieu de protestations de dévouement et de reconnaissance, la nécessité du con-

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