‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 74 sur 257 · V. plus haut, p. 36 et suiv · texte numérisé non relu

V. plus haut, p. 36 et suiv

6. Le texte suivant prouve qu'il parvint à se faire donner une assez forte somme par le saint-siège : « Die xx" mcnsis decembris, prefatus dominus Angelys, locumtenens, sol vit... venerabili viro domin(j .Tohanni Pulcri Patris, pro expensis per eum factis in veniendo de Concilio Basiliensi, florenos auri de Caméra centum. » f Arch. du Vat., Inlr. et exil.. 390, fol. 50 v'.t

AMIiASSADR UK JEAN ItF.AlTKRE 11!)

cile, et cela dans lintérèt de la foi, de la paix et de runion, j)eut-êtie même en vue de l'orji^anisatiou d une croisade contre les Turcs. Il devait demander au pape de se transporter luimême à Bàle, et. en attendant, d y ré<>^ulariser par une bulle la situation du léj^at et d'v l'aire venir les prélats de tout le mr)nde chrétien. Ses instructions lui prescrivaient, en outre, de réclamer l'intervention du pape auprès des princes hellig'érants et la promulj^ation de graves censures contre les détrousseurs de grands chemins. C était, en somme, dévoiler le nombre insignifiant des pères, l'insécurité des routes, la prolongation tle l'état de guerre '. Il est probable que Jean Beaupère ne s'en tint pas à cet aveu. Ayant trouvé, à Home, les esprits mal disposés k l'égard de l'Allemagne, il semble que, pour mieux faire sa cour, il ait noirci le tableau. Il dut insister, beaucoup plus qu'il n'en avait reçu l'ordre, sur le péril hussite, sur l'immoralité des clercs allemands, sur les persécutions et massacres dont le clergé avait été victime dans le voisinage de Bàle -. « Il ajouta, lit-on dans « deux des instructions du pape, beaucoup de renseignements d'où <( résultait que le concile, si tant est qu'il existât, était condamné « à ne pas vivre, vu la rareté de ses membres -^ »

Ces propos, joints aux renseignements recueillis par d'autres voies, produisirent sur le pape une impression décourageante. On a déjà compris, d'ailleurs, qu'il restait peu à faire pour dégoûter Eugène IV de la combinaison bâloise.

Qu'on se rappelle l'hésitation singulière manifestée dîms ses lettres du 12 mars et du 30 mai '. La dernière interprétait la pensée de Martin V d'une façon fort arbitraire : Cesarini, y lisait-on, n'était chargé de célébrer le concile à Bàle que dans

Page 1