‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 87 sur 257 · Monuin. Conci/., II · texte numérisé non relu

Monuin. Conci/., II

2. Mansi, XXXI, 166. Cf. une lettre de l'évoque de Ratisbonne (ji/c/., p. I6>i\

Les malintentionnés, s'il y en avait ii Bàle, chang-eraient vite de dispositions en voyant le pape si favorable, et leur souci serait, non seulement de sauvegarder, mais d'accroître l'autorité apostolique.

Eus^ène était, en conséquence, adjuré de faire savoir qu'il avait été mal informé, qu'en réalité il voulait la continuation du svnode. On le suppliait d'écrire dans ce sens à l'évèque de Parenzo, ou tout au moins de dillerer jusqu'au mois de juillet la dissolution du concile.

Dans le cas contraire, le légat faisait entrevoiries pires éventualités. La violence des colères qui venaient de faire explosion montrait que les pères étaient prêts à tout plutôt que de se disperser, lisse souvenaient de Sienne, et ne voulaient plus être bernés. Le crédit de Cesarini était déjà fort ébranlé. Les pères avaient résolu de continuer le concile. Ils poursuivraient, ils lapideraient quiconque, fût-ce le légat, essaierait de les dissoudre ou de les proroger; si Cesarini quittait son poste, ils le remplaceraient: c'était le schisme à brève échéance ^.

Rien de plus exact, effectivement, que cette peinture de l'état des esprits. Le concile, au même moment, chargeait deux ambassadeurs, Louis delà Palu, évêque de Lausanne, et Henri Stader, doyen d'Utrecht, de plaider sa cause auprès du pape au moyen d'arguments analogues à ceux de Cesarini ~ : avantages de Bâle, inconvénients de Bologne, honte qui rejaillirait de la dissolution sur le pape et sur la cour de Rome. Mais, s'ils n'obtenaient point d'Eugène l'abandon, ou du moins l'ajournement de son projet, ces émissaires avaient ordre de lui parler sur un ton menaçant ; les pères étaient résolus à ne point quitter Bâle avant l'accomplissement de leur triple mission, extirpation de l'hérésie, rétablis-

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