‹ La crise religieuse du XVe siècleChapitre 88 sur 257 · Moniim. Concil., II · texte numérisé non relu

Moniim. Concil., II

2. Le discours dapparal qu'un de ces envoyés dut prononcer devant le pape se trouve dans le nis. lat. 15627 ;i'ol. 16-50) de la Bibl. nal. Le thème choisi est le texte de S. Mathieu (u, 18) : « Vox in Rama audita est, ploratus et ululatus. >. Il va sans dire que Rama est interprété ici comme sif-rnifiant le concile de Bàle.

RKSISTANŒ DES PÈRKS 139

sèment de la paix, réforme de IFf-^lise '. Kn cas de dissolution. — ils avaient de bonnes raisons de le croire. — l'AUemaj^ne et daulres royaumes feraient au pape « soustraction partielle d'obé- « dience » et procéderaient à la saisie des revenus des cardinaux. De nouveaux ambassadeurs allaient être envoyés, porteurs cette fois dune « sommation » ; puis, par tous les moyens, les pères pourvoiraient ;i la continuation du concile cl au ^gouvernement (le ll^iclise. Peut-être allég-uerait-on la su[)ériorité du pape: à cette prétention romaine les pères de Bàle avaient une réponse toute prête, les décrets de Constance. Kn un mot, le concile, une fois constitué, se reconnaissait seul jui;e de l'opportunité dune prorogation ou dune dissolution '-.

La plupart de ces idées furent aussi exprimées dans mi acte d'appel que plusieurs membres du concile interjetèrent, vers le 20 janvier, au pape mieux informé ou au concile lui-même. L'intention dlùigène IV ne pouvait être d'eifectuer la dissolution annoncée qu'au cas où les faits allé^^ués seraient reconnus exacts : or, ces faits étaient faux, au dire des appelants. Dans le même acte, je remarque qu'on invoquait le décret Frequcns comme réj^^lant d'une manière j^énérale les cas de translation, ce qui était contraire, on s'en souvient, à la lettre du décret et à l'interprétation romaine, et ce qui. d'ailleurs, ne pouvait avoir d'application au cas actuel, puisque la bulle du 12 novembre constituait non une translation, mais une dissolution véritable ^.

Symptôme é>^alement inquiétant : les j^ens de Bàle, en même temps ((uils se plaignaient au pape, faisaient part de leurs intentions au reste de la chrétienté. Leurs ambassadeurs. Louis de la Palu et Henri Stader. en se rendant à lîome. devaient s'aboucher avec le duc de Savoie, avec le duc de Milan, avec le roi des

1. C'est ainsi qu'ils avaieiil déjà clt-fini leur mission dans le décret du 1 i décembre.

Page 1