J.IIaller, II
ulvolil; DLCL.vuKi: DES i'i;hi:s 141
Ainsi la [)oi<^née de clercs et de j)rélats qui prétendait, en vertu de la c(uadruj)lc' inslilulioii ih' deux papes et de deux conciles, représenter ;i Hàle ri'^-^list' universelle eng'at,'eait, dès ce premier mois d(^ l'année 1 i32. la lutte contre le souverain pontile. h^lle se (lis;iit concile, et, comme tel. ;i paiiir de son ouverture canoni([ue, ne connaissait plus de maître sur terre. Armée du fameux décret de (Constance de la cinquième session, elle consentait encore à solliciter du pape une rétractation ; mais déjà, prévoyant le relus du saint-père, elle proclamait son droit à la désobéissance, bien plus, elle prétendait que la chrétienté lui obéit. Pour provoquer ainsi la révolte de ce petit groupe jusque là si soumis, il avait sufli de la menace, non pas de le disperser détinitivement, mais de l'ajourner à une époque et dans un lieu peu éloi<;^nés. Qu'allait donc accomplir de si considérable l'assemblée de lîàle avant le mois de mai li3'J? Car telle était la date du rende/.-vous fixé à Bologne par Eugène. Mais, indépendamment de l'urgence de certaines aiïaires (juil semblait impossible de retartler, le souvenir des atermoiements de 1423 et 1424 obsédait, je le répète, l'esprit des hommes de 1432. Après une longue attente, on tenait le concile : on ne voulait pas risquer de le laisser échapper.
Toute cette résistance se manifesta — on l'ignore généralement — avant que les gens de Bfde eussent connaissance des secondes bulles d'Euu'ène 1\' '. La lenleur extraordinaire des communications entre Rome et l'Allemagne à l'époque du concile mérite d'attirer l'attention : elle explique, dans cette histoire, bien des circonstances obscures, bien des malentendus ignorés. La bulle de dis.solution du 18 décembre avait mis plus de vingt-trois jours
1. Rcmarc|uez ciue (>esarini, dans soncpître du l:< janvier, parle seulement de la V faculté qui lui est dunncc >>dc dissoudre IccDiicile p. 97 et ne fait aucune allusion au reproche d'avoir convoqué les llussitesà Bàle : ce reproche, en ellet, ne se IrouNc que dans la bulle du 18 décembre.
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à venir do Rome à Plaisance ' ; il lui en fallut environ einquante pour arriver jusqu "ù Hàle '-'.
Dans cet intervalle, le nombre des pères s'était encore accru '. Le duc Guillaume de Bavière était venu prendre son poste de protecteur du concile (3 février). Amédée \'11I. duc de Savoie, dont le rôle devait avoir une si étrange importance, avait envoyé une ambassade, encourageant les pères, promettant son concours, annonçant le départ de ses représentants et de quel{|ues-uns des principaux membres du clergé de ses états ''. D'Allemagne étaient venues d'autres nouvelles rassurantes. D'Italie, le roi des Romains écrivait aux pères : « Courage ! Nous sommes avec « vous jusqu'à la mort !... S'il fallait voir ce concile se séparer, (' comme les précédents, sans résultat et sans motif, pour la <( perte de la chrétienté, il nous paraîtrait fade de vivre plus (( longtemps parmi les fils des hommes ! » Et non seulement il exprimait la conviction qu'Eugène, mieux informé, se raviserait, sous peine de souiller son règne d'une tache indélébile, mais il insistait lui-même auprès du pape, en faisant valoir que le concile ne céderait pas, se sentant soutenu par la plupart des princes. On conçoit comme de telles assurances, que Sigismond lui-même communiquait aux pères, devaient les affermir dans leur résolution "'. « Tous ici, écrivait-on de Bâle le 9 février, « entendent continuer le concile ; car non seulement l'Empe- (' reur, mais presque tous les princes d'Allemagne et le duc de