PARIS
LIBRAIRIE universelle;
3 3, RUE l)i: l»ROVI.N« K. 33
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Le livre que j'ai l'iioiiiieiir de présenter au j)ul)lic français, dans Texcellenle tradu(-tion de ^I'"" Marie Pelile, a été publié en 1900 par ruuivorsilé do (Chicago. Il conlieiil les conférences faites à cette université pendant l'été de 1903 et en décembre 1904 à Boston pour le « Lowell 1nstitute ».
Depuis, tant d'événements ont surgi (|ue la lîussie d'aujourtlhui, comparée à ce (lu'elle était il y a deux ou trois ans, semble appartenir à une époque hisloric|ue d'un autre siècle. Et pourtant, j ose dire que les observations et les conclusions de ce livre n'ont pas vieilli. Le mouvement qui a abouti au commencement de la liberté politique de ma patrie était tout en germe (|uand je faisais mes conférences d'Amérique, et le but de mes études a été de démontrer la nécessité des concessions qui ont été faites depuis et l'impossibilité de les éluder plus longtemps. Cette nécessité pouvait être prévue depuis quelques dizaines d'années déjà par tout observateur suivant impartialement le développement lent, logi([ue et continu, quoique entravé sans cesse, de l'opinion publique, à côté des conditions, de plus en plus précaires, de l'existence matérielle des classes agricoles et de l'état d'exaspération toujours croissante dans les couches de cette population, dont la passivité inconsciente avait jusque-là servi à conserver intactes les anciennes formes d'existence politiques et sociales. Tout a donc été bouleversé de fond en comble