‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 102 sur 158 · Vraie République , 26 mars · texte numérisé non relu

Vraie République , 26 mars

LA CRISE SOCIALE DE i848

des clubs ou dans les colonnes des journaux, dénoncent l’héritage comme « la plus grande iniquité humaine » profèrent des menaces de destruction, lancent des appels plus ou moins voilés au meurtre et au pillage, déclarent qu’ « il faut anéantir le dernier bourgeois, brûler le grandlivre de la dette publique2», proposent de laisser mourir les riches de faim en établissant autour de leurs maisons un cordon sanitaire : ils ne feront guère que donner à leurs adversaires les armes les plus dangereuses contre euxmêmes et contre tout le socialisme 3. Le peuple de Paris fournit, au début, de février, nous l’avons vu \ un très mauvais terrain pour de telles excitations, et les chefs écoutés des clubs, parmi lesquels, à côté d’hommes d’action et de coups de main comme Blanqui et Barbés, se trouvent des pacifiques résolus comme Gabet, sont loin de souscrire à de pareilles théories; mais, par contre, ils restent absolument dans le vague quand il s’agit d’exposer leurs conceptions sociales ; ils demandent que « l'égalité, la solidarité et la démocratie » deviennent les « principes fondamentaux du pacte social s »; ils invitent les « privilégiés » à abandonner de bonne grâce leurs « privilèges B » ; ils réclament « la socialisation progressive et pacifique des instruments du travail, afin qu'ils soient mis à la portée de tous les citoyens7 », « un système démocratique d’inégalité successivement décroissante et d’égalité successivement croissante » 8 ; ou, plus simplement, « le droit de vivre en travaillant », « l’organisation du travail et l’assurance du bien-être par le travail », « la reconnaissance du droit de vivre et la garantie de ce droit par l’État organisant le travail », et « que le gouvernement prenne l’initiative en matière industrielle 9. »

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