‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 125 sur 158 · Cf. supra, p. a · texte numérisé non relu

Cf. supra, p. a

3. Le a3 février au soir, aussitôt après la démission du ministère Guizot, il avait rédigé et signé, de concert avec David d’Angers, Guinard, Félix Pyat, Martin de Strasbourg, Recurt, Goudchaux et Bastide, au nom du Comité électoral démocratique , un manifeste où on lisait en particulier : « Considérant.... que la garde nationale a été instituée précisément pour garantir le repos de la cité et sauvegarder les libertés de la nation; qu’à elle seule il appartient de distinguer une révolution d’une émeute;

(Les citoyens soussignés) « demandent qu’il soit décidé législativement qu à 1 avenir l’armée ne pourra plus être employée à la compression des troubles civils » (cité par Louis Blanc, op. cit., t. I, p. 46).

non seulement il craignait de provoquer une nouvelle lutte sanglante, de se voir débordé par les éléments révolutionnaires les plus exaltés, d’ouvrir « une brèche par laquelle se seraient précipitées, avides et frémissantes, toutes les ambitions1 », mais encore qu’il jugeait que la composition meme du gouvernement avait le grand avantage de « maintenir en équilibre les diverses forces de la société 2 », et, en donnant des garanties à la bourgeoisie, de ne pas l’acculer à une lutte désespérée.

« La vraie politique de la situation, a-t-il écrit3, la seule politique qui fût à la fois sage et forte, était celle que la minorité du Conseil adopta, et qui consistait à profiter de la secousse imprimée aux âmes vacillantes, pour faire, avec les membres de la majorité, et par eux, quoique malgré eux, la besogne révolutionnaire. Qu’on n’objecte pas la difficulté de 1 entreprise : les laits répondent. N’avions-nous pas obtenu successivement la proclamation de la République, le suffrage universel, la reconnaissance formelle du droit au travail , 1 établissement d’un système de propagande socialiste par le pouvoir? Or, à la lecture de chaque décret qui était un pas vers l’avenir, que disait la partie contrerévolutionnaire de la nation? Elle disait : — Il faut que ceci soit bien nécessaire, puisque la nécessité en est reconnue par des hommes tels que MM. Marrast et Marie. En conséquence, elle se résignait, et la Révolution poursuivait sa route, traînant après elle, d’une main triomphante, ses ennemis silencieux. »

Cette tactique si clairement exprimée, et déjà en effet mise en œuvre avec succès, il la renouvela donc, le 13 au soir, dans la séance du gouvernement, tenue au Petit- Luxembourg. Il y exposa « les réclamations qui lui étaient parvenues sur l’ajournement des élections. D’abord, au sujet de la garde nationale, tous les citoyens n’avaient pu encore se faire inscrire ; les mairies y mettaient du mauvais vouloir. Les nouveaux gardes nationaux n’ayant pas eu le

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