‹ La crise sociale de 1848;Chapitre 48 sur 158 · On créa quelques écoles, à Mulhouse surtout · texte numérisé non relu

On créa quelques écoles, à Mulhouse surtout

grandes manufactures où, du moins, ils ne manquent ni de jour ni d’espace1».

La loi enfin, confiée à la surveillance d’inspecteurs non rétribués, pris parmi les manufacturiers, puis parmi les vérificateurs des poids et mesures, et qui n’osaient sévir, fut très mal appliquée et resta lettre morte en beaucoup d’endroits2. Mais elle n’en conserve pas moins, dans l’histoire sociale de la France, une importance capitale en tant que premier acte de cette législation industrielle destinée à un développement si considérable. Pour la première fois, l’État intervenait pour réglementer les rapports entre employeurs et employés, et faisait usage de sa volonté souveraine pour limiter la liberté absolue sur laquelle reposait la société économique : première atteinte à un régime qui, en théorie et en pratique, avait régné depuis cinquante ans, première pierre à l’édifice nouveau, première lueur d’espoir aussi pour les classes ouvrières de faire un jour servir les institutions politiques à l’amélioration de leur condition matérielle.

— « Il ne s’agit aujourd’hui que des enfants en bas-âge, s’écriait Gustave de Beaumont pendant la discussion, mais, soyez-en sûrs, un temps long ne s’écoulera pas sans qu’il s’agisse aussi, et sans qu’on vous le propose, de réglementer le travail des adultes....

— C’est vrai, approuva-t-on.

— Est-ce un bien? Est-ce un mal? conclut-il. Je ne le dis pas, j’incline à croire que c’est un bien; mais c’est grave, soyez-en sûrs ! »

La Monarchie de Juillet elle-même ne tarda pas à lui donner raison, par un projet de 1847 qui réglait le travail des femmes de tout âge3; elle n’eut pas le temps de le faire aboutir, mais elle légua à ses successeurs cet exemple, gros de conséquences.

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