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CHAPITRE III — LE PARLEMENTARISME

la corruption et l'anarchie présentes, conviennentils qu'il y a « crise ».

La belle trouvaille ! En 1882, dans la Revue des Deux-Mondes, Emile de Laveleye dénonçait cette crise du parlementarisme, et Leverdays avait déjà publié sa belle critique des « assemblées parlantes», et Proudhon, trente ans plus tôt, avait diagnostiqué la « pourriture d'assemblée ».

Est-ce que toute maladie n'est pas une crise? La crise dont on fait quelque bruit aujourd'hui est inhérente au parlementarisme même. Elle s'est déclarée à sa première manifestation, elle s'est développée avec lui. Le suffrage universel en est le paroxysme mortel.

Tout État parlementaire est en décomposition. L'Angleterre elle-même, malgré ses dispositions remarquables pour atténuer et circonscrire le mal, n'y échappe point. Dernièrement, dans la Revue hebdomadaire, M. É. Aynard notait que la crise du parlementarisme était générale et s'étendait jusqu'en Angleterre.

C'est là une indication pour ceux qui cherchent à perfectionner la peste, nous voulons dire réformer le parlementarisme. Il en est même, comme M. Fournière, qui ne trouvent rien de mieux, pour nous guérir définitivement, sans doute, que de généraliser l'infection. D'autres, comme M. Charles Benoist, nous présentent un parlementarisme ingénieusement « limité », M. Ilynard dit « mitigé ».

Nous en sommes à la phase où il semble au patient épuisé que son mal le soutient et qu'il ne peut plus vivre sans la fièvre qui le mine. Aucun républicain

n'ose vouloir la guérison complète. Il serait superflu crexaminer ici toutes ces mitigations : diminution du nombre des députés, non-rééligibilité immédiate avec prolongation de la durée du mandat ou inamo- '' vibilité, courte période de session annuelle, représentation proportionnelle au scrutin de liste, professionnelle, tirage au sort, etc.. Retenons seulement cette remarque faite au sujet d'un parlementarisme extrêmement mitigé par M. Aynard lui-même : « On lit dans les souvenirs du comte de Montalivet qu'une brouille était survenue entre M. Duvergier de Hauranne et lui à propos d'une nomination dans le département qu'ils représentaient. Et c'était entre deux parlementaires illustres que s'établissait une semblable querelle ».

Il n'y a pas de système ni de tempérament qui puissent faire que le principe même du choix des supérieurs par les inférieurs ne soit foncièrement absurde, et que ses conséquences ne soient nécessairement anarchiques.

Un gouvernement, c'est la réaction ordonnée de Tensemble sur les parties ; le parlementarisme, c'est la réaction désordonnée des parties sur Tensemble; un gouvernement parlementaire est un non-sens.

Nous avons dit : « Une dictature se redresse, un parlement ne peut que s'enfoncer toujours plus dans la démagogie ». Le parlementarisme s'enfonce toujours plus dans la démagogie dissolvante, parce que c'est la loi de la maladie, du déséquilibre biologique ou sociologique, de gagner sur un organisme qu'elle débilite et affaiblit toujours plus.

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