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CHAPITRE I — LA FEMME ET LE POSITIVISME

tanée du sentiment féminin sur Taclivité masculine ».

Non seulement la femme doit être universellement affranchie de tout travail salarié ; mais il la faut préserver encore^ comme les philosophes, de tout souci de richesse et d'ambition. Elle devra donc librement renoncer aux dots, dons et successions. « Car les préoccupations ambitieuses, dit A. Comte, nuisent davantage aux femmes que les sollicitudes matérielles. Prêtresses domestiques de l'Humanité, nées pour modifier, par Taffection, le règne nécessaire de la force, elles doivent fuir, comme radicalement dégradante, toute participation au commandement ».

De même pour le philosophe. Car les situations sont analogues. Ici, la constitution politique détermine Faction du pouvoir spirituel sur Tautorité temporelle nécessaire ; là, la constitution domestique systématise la prééminence du pouvoir moral. La femme et le philosophe, c'est-à-dire le cœur et l'esprit, concourent à contenir et moraliser l'autorité matérielle. « La femme et le prêtre constituent les deux éléments essentiels du véritable pouvoir modérateur, à la fois domestique et civique ».

Voilà réalisée, pour la première fois sur notre planète, la parfaite harmonie de l'activité, de l'intelligence et du sentiment qui relie la population objective, présente, de l'Humanité aux deux populations subjectives, du passé et de l'avenir. «La femme nous pousse vers l'avenir, tandis que le sacerdoce nous subordonne au passé, la masse active ayant pour domaine le présent ».

Jamais la femme n'a été promue si haut, parce que jamais sa véritable nature ne nous fut si complètement définie. La Vierge Marie, si touchante à tant d'égards, n'est qu'une grande partie de la nature féminine idéalisée. Le positivisme nous révèle toute l'adorable intermédiaire de l'Humanité qu'est la femme. C'est par elle que nous pouvons seulement concevoir ce Grand Être. « Telle est leur sublime destination, dit Comte, aux yeux de la religion démontrée. Le Grand Être leur confie spécialement sa providence morale, pour entretenir la culture directe et continue de l'affection universelle, au milieu des tendances, théoriques et pratiques, qui nous détournent sans cesse ».

Dans la religion de l'Humanité, la femme est donc glorifiée successivement comme mère, épouse, fille et sœur, voire comme domestique. Quatre dimanches par an sont consacrés à ce culte. De plus, à la fin de chaque année bissextile, on célèbre la fête collective des femmes, personnellement sanctifiées.

Les femmes sont les plus douloureuses victimes d'une anarchie qui réveille les bestialités primitives. Dans ce chaos de violences, les hommes peuvent encore s'anesthésier d'orgueil. A tout le moins, ils satisfont leurs grossiers appétits. Mais avec leurs pauvres vanités de poupées parées et empanachées, leurs triomphes d'alcôve, les femmes ne se peuvent soustraire longtemps à l'angoisse du néant qui les oppresse. Elles souffrent de n'avoir plus à aimer qu'elles-mêmes et leurs chiffons. Est-ce qu'elles ne crient point leur désespoir jusque dans les toilettes

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