CHAPITRE II —- LA DÉCOMPOSITION MORALE
tien peut préparer la reconstitution possible. Là est la tâche essentielle à laquelle doivent s'employer les hommes de cœur et d'intelligence.
Et c'est à ceux-ci seulement que nous nous adressons.
En dehors des partis, au-dessus, inaugurons le grand pouvoir spirituel qui assume d'organiser et de diriger l'opinion publique, et pour cela, d'abord, acceptons franchement les conditions de désintéressement entier que cette mission impose.
Soyons avec la masse afiective, toujours, même dans ses égarements, et pour la ramener. Aidons sincèrement les prolétaires à s'incorporer à la société, à organiser, dans les mutualités, les coopératives, les syndicats, les universités populaires, leurs libertés politiques et sociales. Ne laissons pas à la seule démagogie le prestige de Tamour social.
De toutes parts, à l'anarchie qui détruit, opposons l'action positive qui construit. Si médiocres que puissent être, sous un régime de dispersion systématique, nos éditlces, ce sont les seuls qui, solidement fondés, ne seront pas emportés par la tourmente prochaine.
On le sait de reste, ceux qui se voueront à cette tâche austère ne seront jamais nombreux, car il faut renoncer décidément aux succès ordinaires qui se marquent par les acclamations, les places, les distinctions et l'argent. Il n'importe ; ce sont quelques justes seulement qui sauvent les Cités maudites.
Pour être de ces justes, ou plutôt de ces sages, il faut que notre vie soit une prière constante, nous
3iÙ TROISIÈME PARTIE — LA CRISE MORALE
voulons dire une vie vraie dont chaque acte résume simplement tout ce qui la constitue, tout ce qui en fait le prix pour des hommes : aimer, penser, agir.