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CHAPITRE III — LE RÉFORMISME

On reconnaît là le « propriétisme » des jaunes et ce •qui a inspiré les nouveaux projets de loi de MM. Parsons, Viviani et Briand.

Le projet de loi de M. Justin Godart est peut-être plus sérieux. Il se propose de faire participer le travail aux bénéfices de la plus-value, qui résulte d'une collaboration du capital et du travail. Il va sans dire que le capital sera d'abord amorti. « Dans toute société par actions, est-il dit dans Texposé des motifs, nous proposons de rendre obligatoire la constitution d'une réserve faite sur les bénéfices et de l'affecter à Famortissement des actions ». Au fur et à mesure que serait amortie une action du capital, on créerait deux actions de jouissance : « L'une sera remise au porteur de l'action amortie ; l'autre, dite action de jouissance du travail, sera la propriété du travail ».

Gomme la part du travailleur qui sera ainsi faite, et que M. J. Godart estime à 200 millions par an, est presque impossible à répartir, les actions de jouissance du travail serviraient à constituer une Caisse de crédit au travail. Cette caisse servirait à fournir auK sociétés coopératives les capitaux nécessaires ; aussi « à subventionner renseignement professionnel, grâce auquel les travailleurs, en conquérant la maîtrise de leur métier, serviront leurs propres intérêts et ceux du pays ». Enfin, à faciliter aux artisans la transformation de l'outillage de leur atelier de famille.

Puis, « en attendant d'être le maître de sa production, la possession d'actions de jouissance permettra au travail de prendre une part active dans la direc-

tien des affaires et de se préparer à la gestion des siennes... De la sorte, le rêve, si souvent formulé, de voir le travail discuter et traiter avec le capital d'égal à égal sera réalisé ».

Mais le véritable caractère de la copartnership, ce qui en fait le type de la réforme économique sérieuse, c'est d'être, non un programme de parti, un bluff électoral, une fiction législative, mais une expérience, un résultat réel de l'initiative privée.

Un grand industriel de Paris, M. Charles Mildé,. s'est décidé à l'appliquer d'une manière fort ingénieuse dans trois entreprises : 1° les travaux d'installations électriques ; 2» voitures mécaniques ; 3° couture.

« Dans ma conception, dit-il, le capitaliste est à la fois un commanditaire et un associé dirigeant.

« Il est associé dirigeant jusqu'au moment où, satisfait de ses profits limités, il est obligé de se retirer remboursé, dans les conditions que je vais indiquer, par le personnel de tout ordre qui a conquis le patronat par son travail.

« Voici le mécanisme de la société, que j'appellerai « société à capital remboursable par le travail » :

(( Je suppose un capital de 100,000 francs, réuni pour assurer le fonctionnement d'une entreprise de location de voitures, soit 1,000 actions de 100 francs.

(( La société a réalisé, la première année, un bénéfice de 10,000 francs; je place 5,000 francs en réserve pour l'amortissement du capital et les imprévus de l'entreprise ; je donne 5,000 francs au. capital, soit 5 0/0 par action.

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