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CHAPITRE IV — LE SYNDICALISME

L'offre et la demande ne suffisent point à tout expliquer. Pour que le salaire s'élève, il faut aussi que ia production s'accroisse,car c'est avec la production même qu'il se paye ; et pour que la production s'accroisse, il faut, d'une part, un capital bien employé, pour un machinisme perfectionné et des directions itechniques sûres ; d'autre part, une main-d'œuvre ^habile, active, bien disposée. Le fonds des .salaires, jc'est l'ensemble de la production. Le prélèvement du jcapital est peu de chose. Le mieux-être du travaillleur n'est donc pas une question de répartition, comme l'imaginent les socialistes ; mais une question d'organisation du travail.

Les grèves ne font hausser les salaires que nominalement ; en réalité, elles paralysent leur ascension normale, elles les font baisser réellement.

Les syndicalistes, il le faut reconnaître, justifient la grève autrement. D'après M. Hubert Lagardelle, qui est avocat, elles auraient pour fin de « jeter le capitalisme dans les voies du plus haut perfectionnement possible, de surexciter l'ardeur des maîtres de la production ». Il est indubitable que, jusqu'à un certain point, elles y réussissent ; mais non passé ce point. Les industries sont solidaires ; des grèves trop fréquentes leur «communiquent un état de lièvre et d'insécurité qui les intimident, les plongent dans le marasme et les détraquent. x\lors, les capitaux se refusent, les machines ne se renouvellent plus, les usines se ferment, et la production langujt, le chômage et la misère sévissent...

Concluons. L'amélioration matérielle de l'ensem-

blc dos travailleurs, — et ce n'est pas ce qui import( le plus pour les travailleurs, — ne se peut obtenir! que par une meilleure économie des produits di! travail et surtout une plus grande production.

En somme, les résultats des grèves seraient appré ciables pour les ouvriers, s'ils n'étaient payés par tanl . de souffrances et surtout s'ils étaient durables et réels. |

Au surplus, les mouvements sociaux sont beaucoup trop complexes pour pouvoir être déterminés! par des chiffres sur d'aussi faibles moyennes. j

En général, les grévistes réclament une diminutipn de temps de travail ou une augmentation de salaires. Or, une diminution d'heures de travail a pour effet de propager le travail aux pièces qui permet une exploitation plus intensive, et une augmentation | de salaires n'est pas toujours réelle, à tout le moins! définitive.

Le salaire est bilatéral. Ainsi, fonder une coopérative qui fait baisser le prix des objets de consommation est une manière, et non la moins bonne, de faire hausser les salaires sans y toucher.

Mais on ne voit que le salaire nominal. C'est là un des préjugés ouvriers à redresser. Et puis, les salaires ne se peuvent accroître indéfiniment. Il est uneij limite qui ne saurait être dépassée, et il semble bien, en l'état présent du machinisme, de la technique eti| de l'organisation du travail, qu'ils aient atteint cette i limite.

En effet, dans la grande industrie la plus productrice, on ne peut évaluer à plus de 10 0/0 des salaires, soit 0,40 à 0,60 par ouvrier et par jour les bénéfices

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