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CHAPITRE IV — LE SYNDICALISME

de Tancienne phraséologie démagogique éclose dans rinertie électorale.

Ainsi, Tagitation antimilitariste, les sornettes des a mythes sociaux », comme la catastrophe, la grève générale, le sabotage, — cela n'est pas le fruit nourrissant de l'expérience ouvrière.

Faut-il le rappeler?

Jj'hervéisme nous vient en droite ligne de l'Université républicaine. Jamais un ouvrier, livré à son propre instinct, à son génie empirique, ne se laissera affoler de logique comme nos intellectuels antimilitaristes. Les ouvriers communards étaient d'ardents patriotes. Chez le prolétaire anarchiste même, Fantipatriotisme n'est qu'une face de sa révolte contre tout ce qui est, parce que tout est mal ; mais ce n'est pas une philosophie.

La grève générale fut propagée par M. Briand, besogneux avocat de province qui voulait être ministre. Puisqu'il l'est, maintenant, la grève générale n'a plus de sens.

Le sabotage est anglais, encore a-t-il pris une autre allure en passant le détroit. En effet, le ca canny veut dire en dialecte écossais : a Va doucement! Va doucement! » et s'excuse par ce prétexte : (( A mauvaise paye, mauvais travail », et ce n'est pas itout à fait notre sabotage.

Les profits immédiats qu'en ont retirés les Tradelunions ont fait illusion aux ouvriers français. Et puis, ne leur a-t-on pas vanté sur tous les tons la sagesse méthodique des races anglo-saxonnes? Le trade-unionisme vise à contenir la production pour

des résultats matériels et personnels, sans se soucier des répercussions sociales. A New-York, par exemple, les aides-maçons ne doivent se servir que d'une main pour remplir leur hotte.

Le syndicalisme, au contraire, tend à exalter les forces productives.

C'est ce qu'il est convenu d'appeler le sens pratique des ouvriers anglais et l'idéologie chimérique des ouvriers français.

Sans doute, les plus gros salaires sont assurés aux trade-unionistes. Mais il en va comme du protectionnisme : ce n'est que provisoire. Ils sont, au surplus, dans des conditions économiques différentes. Les traditions aussi sont tout autres. C'est ainsi que le parlementarisme anglais a pu durer si longtemps. Mais pour être plus lente, la décomposition politique et sociale ne s'en effectue pas moins. M. Aynard, dans la Revue hebdomadaire^ en a fort bien marqué les symptômes. L'émeute effroyable des iinernployeed^ qui ne s'anime d'aucun rêve chimérique, que la faim bestiale seule déchaîne, n'est encore qu'une rumeur menaçante ; mais elle indique un mal profond.

Notre syndicalisme a une autre envergure. « Il ne limite pas son action à revendiquer uniquement pour ses membres, dit M. Emile Pouget, il n'est pas un groupement particulariste, mais profondément social ».

Mais, alors, pourquoi le sabotage ? Si ce n'est pas absolument l'hypocrite ca canny, ce n'est pas toujours, non plus, le méfait stupide.

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