‹ La crise socialeChapitre 69 sur 184 · CHAPITRE PREMIER — LES FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER — LES FONCTIONNAIRES

satisfaire un plus grand nombre d'assistés ». C'est le

rai nécessiteux qui est frustré. Sous un régime élec- .oral, spontanément, tout devient ferment de coruption.

Après avoir reproduit les exemples caractéristi- |ues cités par M. Jeanneney dans son rapport, le Temps disait :

« Tous ces exemples montrent assez combien il îst fâcheux de laisser toute Tapplication d'une loi J'assistance aux mains de représentants élus qui sont, par cela même, les prisonniers de leurs électeurs. Républicain ou réactionnaire, le maire ou le conseil municipal sera fatalement porté à examiner l'un œil par trop bienveiliant les demandes formulées par ses administrés, surtout quand il ne lui en poûte rien personnellemenl pour satisfaire ces demandes ».

De même, M. Frédéric Clément, dans la République 'rançalse : a Et cela, savez-vous, c'est tout le régime. Ju'il s'agisse d'allocations aux vieillards ou aux nfirmes, de pensions aux vieux soldats, de secours uix sinistrés, tout l'effort de notre politique alimenaire tend à la distribution des subventions budgéaires en primes électorales. A ce point de vue, la oi de 1905 a été une incroyable aubaine. On peut enir tout le monde, ceux qui reçoivent, ceux qui îspèrent, et les tenir tout le temps ».

Ce n'est pas tout. Cette bonne loi — parmi les neilleures — contribue encore à la dissociation de a famille. Des gens aisés font inscrire leurs vieux )arents sur les listes d'assistance. « Parmi ceux-ci^

dit M. Jeanneney, on a trouvé des commerçants, des cultivateurs (Tun d'eux paye 184 francs d'impôt foncier), d'assez nombreux fonctionnaires (l'un de ceux qu'on signale a un traitement supérieur à 4,000 fr. un membre de la municipalité... Le cas a été signalé d'enfants vivant avec leurs parents et qui, ayant subvenu à leurs besoins jusqu'à la loi d'assistance, ont fait directement et pour le compte de ceux-ci une demande d'inscription. Ailleurs, enfin, un assisté qui avait vécu jusqu'à présent avec sa fille l'a quittée pour avoir droit à une allocation mensuelle de 45 francs ».

C'est ce qui est le plus grave.

On ne le voit que trop, là encore, ce ne sont pas les expédients législatifs qui peuvent remplir les fonctions sociales. 11 y faut les organes sains, les groupes organiques puissants : la famille d'abord, le syndicat, l'association coopérative, la mutualité, la commune et la région ensuite.

Ce n'est pas l'affaire de l'État, par exemple, d'assurer les citoyens contre tous les risques, de secourir la vieillesse et l'invalidité. La loi sur les accidents du travail entrave la production et suscite des conflits entre patrons et ouvriers ; l'assistance aux malades (loi du 15 juillet 1893) est dérisoire ; nous venons de voir à quoi aboutit la loi d'assistance aux vieillards. C'est au syndicat d'assurer ses membres contre les accidents du métier; c'est à la famille' d'avoir soin de ses chers malades et de faire un soir tranquille à ses vieillards, — et c'est dans l'accomplissement de leurs devoirs, dans Fexercice de leurs

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