‹ La crise socialeChapitre 70 sur 184 · CHAPITRE PREMIER — LES FONCTIONNAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER — LES FONCTIONNAIRES

fonctions essentielles que les groupes organiques se fortifient et deviennent des puissances sociales, c'està-dire des libertés positives.

Nous n'avons pas à nous excuser d'une digression : sous le régime parlementaire, assistés et fonctionnaires sont des clients. Mais revenons à ceux-ci, qui caractérisent mieux le régime.

Le fonctionnaire n'admet plus qu'il doive quelque travail pour ses appointements. Il ne consent qu'à fournir, pour la galerie, quelque vague prétexte à émarger. Au fond, il se considère comme une unité 4e la bande conquérante qui a droit à sa part de prise. Cette part, il la veut toujours élargir, et par ies mêmes procédés, non par des titres réels. Ainsi, de haut en bas, se noue une complicité tacite qui rend impossible la discipline et qui désengrène les rouages administratifs.

Il est question de limiter à 12,000 francs les gros appointements des hauts fonctionnaires. Mesure d'économie? Non pas. Il ne s'agit que de caser un plus grand nombre d'électeurs avec des émoluments moindres. Et cela n'améliorera pas les services.

Il faut deux millions d'électeurs, sous le régime du suffrage universel, pour assurer définitivement à la bande radicale-socialiste la tranquille possession j du pouvoir au moyen duquel on pressure le pays : la logique du système veut que le nombre des fonctionnaires, que les producteurs français auront à entretenir sous peu, aille jusque-là. On ira donc, et rapidement. Ce qui ne veut pas dire que notre budget fantastique de quatre milliards, qui atteindra alors,

vraisemblablement, six milliards, ne dépassera plu» ce chiffre formidable. Les convoitises ne se limitent point d'elles-mêmes. Quand rien ne les contiendra plus, il est facile de prévoir qu'elles s'exalteront jus^ qu'à faire tout sauter.

Vraiment, on ne voit pas comment nous pourronséviter une prochaine catastrophe avec un système politique qui ne se maintient qu'en augmentant le nombre des fonctionnaires dans les proportions fabuleuses de cent mille par an, en désorganisant tous les. services publics et en livrant le pays à une bande de politiciens voraces sans responsabilité î...

Les égoïstes imaginent qu'ils trouveront toujours à (( s'arranger » et à s'assurer une prospérité individuelle dans la ruine générale de l'État. Ils se trompent lourdement. Maintenant, tout se tient. A un certain degré que nous approchons, le malheur de tous fait le malheur de chacun. Les ouvriers, les cultivateurs ne sont pas sans souffrir du malaise social, du désordre, ne serait-ce que par le chômage, le renchérissement, la mévente, l'impôt s'alourdissant. Les difficultés qu'ont à surmonter les commerçants elles industriels se multiplient et s'aggravent. Après les affres de l'échéance, l'affolement devant les stocks, laissés pour compte, combien succombent ! Chaque , année, le nombre des faillites s'accroît.

A ce propos, nous citerons un petit fait, très simple et aussi très significatif.

Libéré du service militaire, un jeune homme, hoii-: nête, intelligent, laborieux, se maria et s'associa i aussitôt avec un camarade de régiment pour repren- '

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