‹ La crise socialeChapitre 8 sur 184 · CHAPITRE II — LE SOCIALISME · texte numérisé non relu

CHAPITRE II — LE SOCIALISME

)ublication qui se consacre à la culture morale, la léclaration socialiste d'un des plus riches banquiers le Paris, — lequel se gardera bien cependant d'engager un de ses trop nombreux millions, dont il sollicite lui-même l'expropriation, dans une entre- Drise sérieuse d'organisation sociale positive. Pour déblayer le terrain, il est entendu qu'ici on passera 5ur ce socialisme d'amateur, comme sur le socialisme simplement électoral de la bande radicale et celui des vilains crocodiles de la philanthropie de carrière. Du snobisme, des procédés d'exploitation et de l'hypocrisie ne sont point des doctrines, ni même des instincts.

Même si Ton s'en tient au socialisme des socialistes, on n'en peut dégager une méthode commune ni un esprit général. L'Unité socialiste, qui est la grande pensée de M. Jaurès, n'a pu grouper et contenir toutes les tendances socialistes qui vont de rétatisme de M. Millerand et du réformisme sociocratique de M. Fournière au caporalisme de M. Jules Guesde et au syndicalisme impulsif de M. Griffuelhes, en passant par le municipalisme possibiliste de M. Brousse, le pédantisme de M. Andler, l'arrivisme des « indépendants », la blocarderie de M. Breton, le verbalisme torrentiel de M. Jaurès, la mélasse blanquo-marxiste de M. Vaillant, la spirituelle démagogie de M. Sembat, la frénésie de M. Hervé et Tésotérisme de M. G. Sorel.

Les définitions qu'on a pu faire du socialisme n'ont rien de précis. Les meilleures sont celles : P de M. Paul Deschanel : <( Un changement dans le régime

de la propriété par la socialisation des moyens de production » ; 2° de VEncyclopédie américaine, citée par M. Domela Nieuwenhuis : « Un mouvement ayant pour but de détruire les inégalités de condi-l lions sociales dans le monde par une transformation économique » ; 3° de M. Emile Durkheim : « Une tendance à faire passer brusquement ou progressivement les fonctions économiques de Tétat diffus où elles se trouvent à Tétat organisé ».

Celles des socialistes, innombrables, sont aussi vagues. Citons-en quelques-unes.

Un que les cuistres du socialisme méprisent beaucoup, parce que d'origine prolétarienne, autodidacte, c'est-à-dire étudiant social dans la vie sociale, à Tatelier et non dans les bibliothèques et à la Sorbonne, Benoît Malon, nous a donné celle-ci qui en vaut une autre : « Le socialisme est l'aboutissant synthétique de toutes les activités progressives de l'humanité ».

Pour M. Georges Renard, « est socialiste quiconque veut, comme but, diminuer l'inégalité sociale, et, comme moyen, assurer à chaque membre de la société une part de la richesse totale, en associant les hommes et en socialisant les choses. Si on voulait condenser dans une courte formule la quintessence du socialisme, on pourrait dire : il tend à Tégalité par la solidarité des hommes et des intérêts ».

Pour M, Éd. Bernstein, « c'est la poursuite ou l'état d'une société organisée d'après les principes de l'association », et pour M. S. Merlino, <( c'est tout le travail de renouvellement qui s'agite dans la société actuelle ; c'est l'ensemble de toutes les tendances

Page 1