I. — Nous savons que la principale cause de la crise
viticole mondiale, et même française, est la surproduction.
Peut-on adresser à la Gironde le reproche d’être surproductrice ? Nous ne le croyons pas.
En eïfet, la superficie cultivée a considérablement diminué en Gironde depuis 1875, date à laquelle on pouvait compter 180.000 hectares de vignes environ. (Rappelons que la superficie plantée oscille actuellement entre 125.000 et 130.000 hectares.) Il est vrai que les rendements ont augmenté, ainsi que le tableau ci-contre permet de s’en rendre compte.
(3) Lalforgue, Les différentes crises et leurs caractéristiques.
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Production des vins en Gironde.
Quantités récoltées
Périodes (en hectolitres) Observations ASAONAMA SAONE re el Le 1.645.800 Oïdium.
TSSOMAL STONE LR en. 1.132.900 Oïdium enrayé. LOCO AS OO Re 2.558.000 Phylloxéra.
LSTOMANLS TOR Roues 2.926.100 Mildew. SAC M SSSR RECETTE N 1.778.600 Reconstitution ISSOMOUL SOS PARENT ER 2.230.300 terminée.
LOIORANTIOEETENIEMANS RAATANR 3.438.400 LOUIS ET RNT: 3.472.300 TOI STONE RENE PAU D 3.306.900 HOT SAMI PME AN AE at 4.976.000 LOPONRALOD TAN ENTRE PANNEAU 4.620.000 O2 AMIS ARENA Rte CRE 4.200.000 ÉREME AIDE ENS HOT RARE Ah 4.446.083 LOST ER EEE I Ne 3.350.000
Il faut cependant faire quelques réserves sur la valeur réelle de cette augmentation, car les indications de récoltes ont été longtemps grossies ou diminuées, suivant les intérêts du moment. La pratique des acquits fictifs, en usage seulement depuis la création des appellations d’origine, a pu, elle aussi, contribuer à grossir les chiffres les plus récents. L'augmentation est, malgré tout, certaine, bien que les chiffres anciens ne comprennent pas les vins destinés à la distillation (nous savons que l’Entredeux-Mers distillait beaucoup autrefois).
L’accroissement de la production est dû à l’augmentatation des rendements à l’hectare, mais cette augmentation n’est pas la conséquence, comme le soutiennent certains, de plantations faites dans des terrains particulièrement fertiles. Elle provient surtout du greffage, des nouvelles méthodes de cultures, de la sélection des greffons, de la suppression des cépages à production trop incertaine.. Cette augmentation est donc une simple conséquence du progrès, et il serait injuste de vouloir empêcher nos viticulteurs de conserver la totalité de leurs vignes
MAssON, À
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(celles complantées en cépages à très grand rendement ne pouvant, en aucun cas, donner droit à l’appellation « Bordeaux »), puisque la superficie cultivée à diminué de 50.000 hectares environ depuis 1875.
On pourrait dire qu’il y a surproduction en ce sens que, depuis les lois sur les appellations d’origine, les vins de l’Entre-deux-Mers, autrefois distillés pour la plus grande partie, ce qui avait l’avantage de fournir d'excellentes eaux-de-vie et de diminuer de façon sensible le total des vins offerts à la consommation sous le nom de «Bordeaux », sont aujourd’hui vendus sous cette appellation, ce qui abaisse la qualité moyenne de ces derniers. Ce fait nous montre quelles peuvent être les conséquences d’une réglementation inopportune.
La Gironde ne saurait donc, selon nous, être taxée de surproduction, au sens propre du mot. Pourtant elle en subit les conséquences, tout au moins en ce qui concerne ses vins ordinaires. Ceux-ci, malgré leurs caractéristiques évidemment supérieures à celles des vins du Midi ou de l’Algérie, sont sérieusement concurrencés par ces derniers qui, en raison de leur coût de production moins élevé et de leurs rendements très supérieurs, peuvent être vendus, en Gironde même, à un prix inférieur aux vins locaux similaires.
Le coût de production est, en effet, plus élevé chez nous que presque partout ailleurs. Quelques chiffres le démontreront.
Une enquête, faite en 1932 auprès des directeurs des services agricoles, à permis d'établir le coût moyen de culture de 1 hectare de vigne dans chacun des 61 départements producteurs. Il ressort de cette enquête que la Gironde arrive au cinquième rang, avec 8.500 francs, après le Bas-Rhin (17.700), l’Aisne (12.400), le Haut-Rhin (10.200), l'Yonne (10.100), alors que les départements du Midi ne dépassent guère 6.000 francs et descendent même au-dessous de ce taux.