‹ La Crise Viticole en GirondeChapitre 26 sur 78 · EU À DUR · texte numérisé non relu

EU À DUR

Il s’agit là de moyennes. Dans la réalité, certains vignobles girondins n’atteignent pas le prix de 8.500 francs à l’hectare, et, à l’opposé, les grands crus ont un prix de revient considérablement plus élevé, ainsi que nous le verrons à la section suivante.

Enfin les rendements girondins étant généralement inférieurs du tiers ou de moitié à ceux des vignobles du midi et de l’Algérie, cela même pour les vins ordinaires, il apparaît clairement que la concurrence de ces vignobles favorisés est insoutenable pour notre département. Cette concurrence à nécessairement provoqué la baisse et le nivellement des cours par le bas, rendant tous bénéfices impossibles à nos producteurs.

La crise des vins ordinaires de la Gironde nous semble donc être essentiellement provoquée par la concurrence redoutable des régions grosses productrices à coût de production réduit.

II. — Le prix de vente des vins courants à la production est bas, mais il n’en est pas de même à la consommation.

C'est ainsi que M. Brault pouvait écrire, dans son ouvrage Le problème du vin : « À Nîmes, pays viticole, tel hôtel-restaurant fait payer 5 francs la bouteille de 80 centilitres d’un vin acheté 150 francs l’hectolitre. Le prix des bouchons et la mise en bouteilles se paient donc 475 francs ! » Cet exemple n’est malheureusement pas isolé, et il est compréhensible que, devant les prix demiandés, le consommateur moyen se restreigne au moment précis où il lui faudrait boire plus que jamais. La faute n’est ici ni au producteur, ni au consommateur, mais aux intermédiaires qui abusent de leur situation pour faire de rapides fortunes, ainsi qu’en témoigne péremptoirement le nombre croissant chaque jour des débits de boissons. Très nombreux sont les tenanciers de ces établisse-

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