LE BG
remède ne saurait avoir d'efficacité s’il ne s'attaque aux sources réelles du mal. Actuellement, nous mourons de notre organisation et de notre isolement; c’est contre cela aussi qu'il faut lutter, au même titre qu'il faut rechercher la qualité et le juste prix. De plus, au cours de cette trop brève étude, nous avons également pu constater combien la fraude était préjudiciable à la réputation de nos vins. Certes, il faut organiser la répression, mais ne serait-il pas meilleur de chercher à restaurer chez les individus le sens moral et la conscience professionnelle qui leur font trop souvent défaut aujourd'hui !
Cette déficience que nous constatons est la conséquence d’une politique néfaste.
« On a tout fait pour arracher les consciences à toute croyance, à toute morale, à toute notion saine de dévouement et de solidarité. On a préféré leur inculquer des mythes grossiers. Toute morale s'appuyant sur d’autres ressorts que l'argent, l'envie ou la haine a été tenue pour suspecte.
» On a tout ramené à la valeur d'argent, d'autant plus admirée dans la nouvelle morale, que le travail fourni était plus faible, ou plus commun, ou plus discutable.
» Aux lumières éteintes on a cru pouvoir substituer brutalement l'étoile matérialiste. Mais les mythes grossiers ont engendré la haine et l'esprit de lutte. Et la nouvelle étoile a scintillé un quart de siècle à peine, laissant les hommes dans le désarroi et la misère morale. » @).
Contre ce désarroi et cette misère morale nous ne connaissons personnellement qu'un vrai remède : la restauration des principes chrétiens, seuls capables d’inculquer aux hommes le sens de leur devoir et de leurs responsabilités.
Si, en effet, l’homme ne fonde pas ses actes sur des
(2) Jean Dessirier, Paris-Midi, 23 et 30.janv. 1933.
bases capables de le retenir au moment de la tentation, son honnêteté et sa consicence subiront une très rude épreuve lorsque les difficultés se présenteront. Qui l’empêcherait alors de succomber, sinon le sens du devoir ?
C’est pourquoi toutes les réformes imaginables resteront éphémères si l'Esprit ne vient pas les vivifier.
Nous croyons donc que seul un retour aux principes de charité, d'amour et de désintéressement enseignés par l'Eglise peut sauver notre pays.
Nous croyons que lorsque les principes contenus dans les grandes Encycliques pontificales Rerum Novarum, Quadragesimo Anno, Casti Connubii, Divini Redemptoris… auront pénétré les jeunes classes et inspiré la nouvelle organisation professionnelle et sociale, nos efforts pour ramener un peu d'ordre, de bonheur et de prospérité seront enfin à l’abri de toutes les tentatives contraires. La ma- {ière, animée par l'Esprit, sera soumise au Juste.
Alors, devant une production rationnelle, une économie harmonieusement accordée, des esprits tournés vers le vrai, tous, du producteur au consommateur, en passant pas le négociant, nous pourrons, imitant la marine de guerre française dont la devise « Honneur-Patrie » est inscrite en lettres d’or sur tous ses bâtiments, sculpter inaltérablement au linteau de nos portes les deux mots :
« Conscience, Confiance. »