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les conséquences heureuses que pourrait avoir la création du syndicat viticole obligatoire. Ces deux institutions devraient, nous semble-t-il, constituer le point de départ, la base fondamentale, de la future corporation des viticulteurs. Celle-ci aurait pour mission, grâce à une délégation des pouvoirs de l'Etat, d'organiser la profession, de fixer les conditions du travail, de développer les institutions de prévoyance, de réglementer la production, d’assurer la vente des vins par des organismes appropriés et par une propagande bien conduite en France et à l'étranger.
Parallèlement à la corporation des viticulteurs, d’auires corporations, représentant les diverses branches de l'activité nationale, ne manqueraient pas de se développer. Et, pour éviter les conflits que pourraient faire naître des intérêts parfois divergents en apparence, nous pensons que l’existence d’un Etat fort, d’un pouvoir central énergique, est indispensable. L'Etat futur, s'étant déchargé d’un grand nombre de ses fonctions réglementaires sur l'autorité corporative, sera l'arbitre, le juge, entre les différentes corporations. Il assurera l’ordre et la paix dans le pays sans pour cela exercer une dictature pesante, que l'esprit français ne saurait supporter.
L'une des caractéristiques essentielles de la nouvelle organisation économique et sociale à laquelle nous venons de faire allusion sera de rendre à la paysannerie la place primordiale qu'elle eut autrefois dans notre pays et qu'elle n'aurait jamais dû perdre. La France est une véritable nation paysanne, et, grâce à l’excellence et à la diversité des types qui la composent, aussi nombreux que ses terroirs sont différents, notre pays possède cet équilibre, ce bon sens, cette force calme et résolue que l’on nous envie secrètement.
Nous devons beaucoup à nos terriens et, au lieu de les négliger comme ils le font trop souvent, nos dirigeants
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devraient se souvenir opportunément du fameux dicton : « Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France », et travailler sérieusement désormais à enrayer l'exode vers les villes qui s’est élevé à 2.000.000 de familles au cours des dix dernières années (enquête du Ministère de l'Agriculture). Ils devraient chercher à fixer au sol le plus grand nombre possible des Français aujourd'hui déracinés.
Le meilleur moyen d'obtenir ce résultat est, croyonsnons, de mettre en honneur la famille paysanne, cellule mère du milieu rural. Il faut non seulement rendre la campagne attrayante par la modernisation de son équipement technique (électrification, adduction d’eau, amélioration des constructions et des habitations, etc.), mais surtout faciliter aux jeunes la création d’un foyer à l'abri de trop grandes incertitudes, permettre aux femmes de se consacrer plus complètement à leur ménage, encourager la natalité par des primes et des allocations familiales très libéralement accordées, modifier l’orientation de l’enseignement dans le sens d’une école plus spécifiquement rurale, assurer enfin la sécurité des vieux en leur ménageant des possibilités d'économie et en créant des caisses de retraites.
Peut-être même sera-t-il bon d'envisager quelques modifications au régime successoral actuel, cause de division perpétuelle des terres, en nous inspirant par exemple de la législation suisse qui autorise les héritiers à choisir eux-mêmes le mode de partage leur paraissant le plus conforme aux nécessités pratiques, et qui a créé, d'autre part, un Office d'estimation pour intervenir dans le cas où les héritiers seraient en désaccord (1).
Nous voilà loin, semble-t-il, de la crise viticole girondine. Pour nous, il n’en est rien, car nous savons qu'un
{{) Le Courrier Royal, 20 nov. 1937.