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Toute la qoestioQ de l'idéal traaeceDdental revient à ceci : Trouver à ^absolue, nécessité un concept, ou au concept d*une chose sa nécessité absolue. Si l'on peut Tun, on doit aussi pouvoir l'autre ; car la raison ne reconnaît pour absolument nécessaire que ce qui est nécessaire par son concept. Mais l'un et l'autre surpassent entièrement tous nos efforts possibles pour satisfaire notre intelligence sur œ point. Nous sommes même incapables de nous consoler de notre impuissance à cet égard.
La nécessité absolue, dont nous avons si indiapensablement besoin, comme d'un dernier support de toutes choses, est le véritable abîme de la raison humaine. L'éternité même, quelque horriblement sublime que la dépeigne Halles, ne frappe pasàbeaucoup près l'esprit de tant de vertige; car elle mesure seulement la durée des choses, mais elle ne les sourtient pas. On ne peut ni se défendre de la pensée suivante n^.ia supporter, qu'un être, que nous nous représentons comme le plus élevé de tous les êtres possibles, se dit en quelque sorte à lui-même : Je suis d'une éternité à l'autre, rien n'existe hors de moi
que par ma volonté; maù d'où sms-^e donc? — Ici tout s'écroule au-dessous de nous, et la suprêm^e perfection, comme la moindre de toutes, flotte suspendue sans soutien, devant la^ raison spéculative, à laquelle il ne coûte rien de faire disparaître l'une et l'autre, sans le moindre empêchement. ^
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Beaucoup de forces de la nature, qui maniCeetent leur existence par certains effets, restent impénétrables pour nous» car nous ne pouvons pas les pour-suivre assez loin par l'observation. L'objet transcendental qui sert de fondement aux phénomènes, et avec lui la raison pour laquelle notre sensibilité est soumise à ces conditions suprêmes plutôt qu'à d'autres, sont et restent pour nous inscrutables, quoique la chose elle-même du reste soit donnée, mais seulement sans Jêtre aperçue. Mais un idéal de la raison . pore ne peut être dit impénétrable^ par cela seul qu'il ne présente aucune autre garantie de sa réalité que le besoin de la raison d'accomplir toute l'unité synthétique, par le moyen idéal. N'étant pas même donné comme objet qui puisse être conçu, il n'est par conséquent même pas donné non plus comme un objet ioscrutable. Cet objet doit plutôt, comme simple idée, trouver sa place et sa solution dans la nature de la raisouy'et par conséquent y être recherché ; car la raison consiste précisément à pouvoir rendre compte de tous nos concepts, opinions et assertions, que ce soit par des raison subjectives, ou si elles ne sont qu'une simple apparence, par des raisons objectives.
DÉCOUVERTE ET EXPUCATION DE l'appareuce dialectique
Dans toutes les preuves transcendentales de Texistence d'un être
nécessaire.
Les deux preuves employées jusqu'ici sont trans-
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oendeutales, c'est-à-dire tentées iDdépendammenl de tout principe empirique. Car quoique la preuve cosmologique ait pour fondement une expérience en général) elle n'est cependant pas tirée d'une qualité particulière de cette expérience, mais de principes purs de la raison , par rapport à une existence donnée par la conscience empirique en général; elle abandonne même cette direction pour ne s'appuyer que &ar des concepts absolument purs. Quelle est maintenaot, dans ces preuves transcendentales, la cause de l'apparence dialectique, mais naturelle, qui unit les concepts de la nécessité et de la réalité suprême, et réalise, substantifie ce qui cependant ne peut être qu'idée? Quelle est la cause qui nous force d'admettre quelque chose de nécessaire en soi parmi les choses existantes, et qui cependant nous fait reculer en même tempsdevant Texistenced'un pareil être comme devant un précipice; et d'où vient que la raison se comprenne là-dessus, et qu'elle parvienne de l'état fluctuant d'un assentiment craintif et toujours rétracté à une persuasion tranquille?
Il est très-remarquable que, dès qu'on suppose qu'il existe quelque chose, on ne peut pas éviter la conséquence, qu'il existe aussi quelque chose de nécessaire. L'argument cosmologique repose sur ce raisonnement tout naturel (quoique pas plus certain pour cela). Au contraire, si je puis supposer le concept que je veux d'une chose, je trouve que Texis-
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teace de eette chose ne peut jamais être représentée par moi comme absolument nécessaire, et que rien, de quoi que ce soit qui existe, ne. m'empêche d'en penser le non-étre ; que je suis obligé par conséquent de supposer pour ce qui existe quelque chose de nécessaire en général, il est vrai, mais qu'aucune chose particulière ne peut être pensée comme nécessaire en soi : c'est-à-dire que je ne puis jamais effectuer comr plètement la régression aux conditions de l'existence, sans supposer un être nécessaire par lequel je ne puis du reste jamais commencer.
Si je dois penser quelque chose de nécessaire en général pour les choses existantes, mais sans être autorisé à concevoir aucune chose en soi comme nécessaire, il suit inévitablement de là que la nécessité et la contingence ne peuvent pas atteindre les choses mêmes ni porter sur elles, parce qu'autrement il y aurait contradiction. Aucun de ces deux principes n'est donc objectif; ils ne peuvent jamais être que des principes subjectifs de la raison : d'une part, pour chercher à tout ce qui est donné comme existant quelque chose qui soit nécessaire, c'est-àdire pour ne jamais s'arrêter qu'à une explication parfaite à priori, mais, d'un autre côté aussi, pour ne jamais espérer cette perfection, c'est-à-dire pour ne rien prendre d'empirique comme inconditionné, et pour ne se dispenser jamais par là d'une dérivation ultérieure. Dans ce sens, ces deux iHÎncipes peuvent
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très-bien coexister comme simplement heuristiques et régulateurs j principes qui ne concernent que l'intérêt formel de la raison. Car Tun dit: Vous devez philosopher sur la nature comme s'il y avait, pour tout ce qui appartient à Texistence, un permier principe nécessaire, uniquement pour mettre de l'unité systématique dans votre connaissance, lorsque vous poursuivez une telle idée, savoir, un principe suprême imaginé. L'autre vous avertit de ne regarder aucune détermination particulière concernant l'existence des choses comme ce premier principe, c'est-àdire comme absolument nécessaire, mais de vous ménager toujours une dérivation ultérieure, et de ne la réputer jamais que comme conditionnée. Mais si tout ce qui est perçu dans les choses doit être considéré comme nécessairement conditionné, aucune chose susceptible d'être donnée empiriquement ne saurait être considérée comme absolument nécessaire.
D'où il suit que vous devez admettre l'absolument nécessaire hors du monde, parce qu'il doit seulement servir de principe pour la plus grande unité possible des phénomènes , comme leur raison suprême ; et vous ne pouvez jamais y parvenir dans le mondcj parce que la seconde règle vous ordonne de regarder toutes les causes empiriques de l'unité toujours comme dérivées.
Les philosophes de l'antiquité regardaient toute forme de la nature comme accidentelle, et la matière,
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suivant ie jogement de la raison générale^ comme originelle et néoeesaire. S'ils avaient considéré la matière, non pas relativement ou comme substratum des phénomènes^ mais quant à son existence en elk-^même^ l'idée, de la nécessité absolue se serait évanouie aussitôt ; car il n'est rien qui attache absolument la raison à ce^e existence ; elle peut toujours, au contraire, la supprimer par la pensée et sans contradiction : la nécessité absolue n'était donc aussi pour eux que dans la pensée. Il fallait donc, dans cette persuasion y qu'un certain principe régulateur servît de fondement. En effet, l'étendue et l'impénétrabilité (qui composent le concept de matière) sont le principe empiHque suprême de l'unité des phénomènes, principe qui possède, en tant qu'il est empiriquement inconditionné, une propriété du principe r^lateur en soi. Néanmoins, toute détermination de la matière, détermination qui compose ce qu'il y a de réel en elle, par conséquent aussi l'impénétrabilité, étant un effet (action) qui doit avoir sa cause, et qui est par conséquent toujours indéfiniment dérivé, la matière ne se prête pas à l'idée d'un être nécessaire, comme principe de toute unité dérivée; chacune de ses propriétés réelles, comme dérivées, n'étant nécessaire que conditionellement , peut être supprimée en soi, et avec elle l'existence totale de la matière. S'il n'en était pas ainsi, nous aurions at* teint empiriquement le principe suprême de l'unité;
ce qui est défendu par l'autre principe régulateur. D'où il suit que la matière, et en général ce qui appartient au monde, ne s'accorde pas avec l'idée d'un être primitif nécessaire, comme simple principe de la plus grande unité empirique possible ; il faut que cet être soit placé hors do monde, puisque alors nous pouvons dériver avec confiance les phénomènes du monde et leurs existences d'autres phénomènes, comme s'il n'y avait aucun être nécessaire, et que nous pouvons néanmoins tendre sans relâohe à la plénitude de la dérivation, comme si un tel être était admis à titre de principe suprême.
L'idéal de l'être suprême n'est, suivant œs considérations, qu'un principe régulateur de la raison pour apercevoir toute liaison dans le monde, comme si elle résultait d'une cause nécessaire universellement sufi&sante, de manière à fonder làKlessus la r^le d'une unité systématique et iiécessaire, suivant des lois générales destinées à expliquer cette liaison ; mais il n'est point une affirmation d'une existence nécessaire en soi. Il est en même temps inévitable, grâce à une subreption transcendentale, de se repré* senter ce principe formel comnie constitutif, et de concevoir cette unité hypostatiquement. Car, de même que l'espace, par la raison qu'il rend wiginairement possibles toutes les formes et figures, qui n'en sont que différentes limitations, quoiqu'il ne soit qu'un principe de la sensibilité, est cependant
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regardé par cette raiflon là même, comme] quelque chose d'absolument nécessaire en soi, existant par lui-même, et comme un objet donné en lui-même à priori : — il arrive tout naturellement aussi que l'unité systématique de la nature ne pouvant être po^ sée d'aucune manière comme principe de l'usage empirique dé notice raison, à moins de lui donner pour fondement Tidée d'un être souverainement réel, comme cause suprême, cette idée est alors représentée comme un objet réel, et cet objet à son tour, parce qu'il est la condition suprême, est représenté comme nécessaire ; un principe régulateur est par conséquent converti en un principe constitutif. Cette subreption devient évidente en ce que si l'on considère comme une chose en soi cet être suprême, qui était absolument (inconditionnellement) nécessaire par rapport au monde, sa nécessité n'est susceptible d'aucun concept, et ne doit par conséquent avoir été trouvée dans ma raison que comme condition for* mellc de la pensée, mais non comme condition matérielle et hypostatique de Texistence.
GHAPrîRB III.
SECTIOIf VI.
De r impossibilité de la preuve physico-théologique.
Si donc ni le concept de choses en général, ni Texpérience d'une existence en général^ ne peut donner ce