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qai est demandé, il reste encore à savoir ai une e^p^ rience d4terminée^ par conséquent l'expérience des choses du monde présent, sa nature et son arrangement ne donne pas une preuve qui puisse nous aider sûrement à nous convaincre de l'existence d'un être suprême. Nous appellerons cette pwnye phynco-théalogique. Si elle devait aussi être impossible, il n'y aurait donc aucune preuve. suiBsan te possible, par la simple raison spéculative de l'existence d'un être qui réponde à notre idée transcendentale.
D'après tout ce que nous avons dit plus haut, l'on apercevra facilement que la réponse à cette, question doit être facile et solide. Car comment pourrait jamais être donnée une expérience qui dût être conforme à une idée ? C'est précisément le propre d'une idée, que jamais une expérience ne puisse lui être^adéquate. L'idée transcendentale d'un être nécessaire premier, suffisant à tout, est si énormément grande et si élevée au-dessus de ce qui est empirique, de ce qui est toujours conditionné, que l'on ne peut, d'une part, trouver jamais assez d'éto£Fe dans l'expérience pour remplir un tel concept ; et que, d'autre part, l'on ne cesse de tâtonner dans le conditionné, cherchant toujours vainement l'absolu, dont aucune loi d'nnesynthèseempirique ne donne un exemple, ou ne présente le moindre guide pour y conduire.
S'il y avait un être suprême dans cet enchaînement des conditions, il en serait un anneau, et, de
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même que les anneaux intermédiaires qu'il précède, il exigerait encore une recherche ultérieure relativement à son principe encore plus élevé. Si Ton veutau contrarie le détacher de cette chaîne et ne pas le qomprendre, en sa qualité d'être purement, intelligible, dans la série des causes physiques, quel pont la raison peut-elle jeter pour atteindre jusqu'à lui, puisque toutes léis lois du passage des effets aux causes, et même toute synthèse et toute extension de notre connaissance en général, ne peuvent avoir pour objet que Vexpérience possible, c'est-à-dire les seuls objets du monde sensible, et n'ont de valeur que par rapport à eux ? ^
Le monde, tel qu'il se révèle à nous, présente un théâtre si étendu de diversité, d'ordre, de finalité et de beauté, soit qu'on l'envisage dans l'immensité de l'espace, ou dans son infinie division, que, même d'après les connaissances acquises par notre Faible intelligence, tout langage pour rendre de sinombreuses,desiinfinimentgrandesmerveilles,et l'impression qu'elles font sur nous, est impuissant. Aucun nombre n'en peut exprimer les' forces; notfe pensée même n'en saurait concevoir la limite : ep sjDnrte que notre jugement du tout doit se résoudre en une admiration muette, mais d'autant plus ^ éloquente. Partout nous voyons un/3 chaîne d'effets et de causes, de fins et de moyens, une régularité dans la naissance ou la moi;^ ; et comme rien n'est parvenu de n. 21
soi-même à l'état où U se trouve, cet état signale toujours plus loin une autre chose comme sa cause, laquelle rend à son tour nécessaire une recherche nouvelle, quoique constamment la même. En sorte que la totale ■ universalité des choses irait s'abîmer dans le néant, si l'on ne prêtait pour appui à celte contingence infinie quelque chose» en dehors d'elle, subsistant par lui-même originairement et indépendamment, qui en garantît en même temps la durée, comme cause de son origine. Cette cause suprême (par rapport à toutes les choses dansle monde), comment faut-il en concevoir la grandeur? Nous ne connaissons pas le contenu du monde, et nous pouvons moins encore estimer sa grandeur par la comparaison avec tout ce qui est possible. Mais qu'est-ce qui nous empêche, puisque nous avons besoin de la causalité- d'un être extrême etsuprême, de la placer en même temps, quant au degré de perfection, "au-dessus de toute ~dxf^ chose possible "^ Ca que nous pouvons faire facileW, qm\({^e sans doute seulement par le circuit déluîHd'un concept abstrait, si nous nous représentons eW^» comme en une substance particulière, toutes les ]||rwÇ"°°* possibles réunies. Ce concept, favorable à 1^[^®°** de notre raison dans l'économie des principesf ^ sujet en lui-même à aucune contradiction j ?f même avantageux à l'extension de l'usage de la r son au sein de l'expérience, à cause^ de la directi
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qu'une idée semblable nous fournit vers l'ordre et la fioalité, sans être Jamais ouvertement contraire à une expérience.
Cet ar{i;ument mérite d'être toujours rappelé avec respect. C'est le plus ancien^ le plus clair et le plus conforme à la raison humaine. Il vivifie l'étude de la nature, de la même manière qu'il tire son existence de cette étude, et en reçoit par là de nouvelles forces. Il conduit à des fins et à des vues que notre obser^ vation n'aurait pas découvertes d'dle-mème, et étend nos connaissances naturelles au moyen du fil eonducteur d'une unité particulière dont le principe est hors de la nature. Mais ces connaissances rétroagis^ sent sur leur caxise, savoir, l'idée occasionnelle, et élèvent la foi en un auteur suprême jusqu'à une persuasion irrésistible.
Ce serait donc non-«eulement nous priver d'une consolation, mais encore vouloir tout à fait l'impossible, que de prétendre enlever quelque chose à l'autorité de Cette preuve. La raison, incessamment élevée par des arguments si forts et qui vont toujours en se multipliant sous sa main, quoique ces arguments ne soient qu'empiriques, ne peut être tellement abaissée par le doute d'une spéculation subtile et abstraite, ^ ' qu'elle ne doive être arraçjiée à toute irrésolution P^^'-^istiquecommeàun sopge, à T aspect des mer- 30 ; '\g jg la nature et de la majesté qui éclate dans i^ ^ .mcture du monde, pour s'élever de grandeur en
grandeur, jusqu'à la plus haute grandeur de toutes ; du conditionné à la condition, jusqu'à Tauteor suprême et absolu.
Quoique nous n'ayons rien à objecter contre la rationnante etl' utilité de ce mode de procéder, quoique nous soyons plutôt disposés à le recommander et à l'encourager, nous ne pouvons cependant pas approuver la prétention d'accorder à cette espèce de preuve une certitude apodictique et un assentiment qui n'aurait besoin d'aucune faveur ni d'aucun secours étranger ; et l'on ne peut nuire à une bonne cause, en rappelant le langage dogmatique d'un prétentieux disputeur au ton de la modération et de la modestie, au ton d'une foi suffisante pour la tranquillité, quoiqu'elle ne commande pas précisément une soumission absolue. Je pense donc que l'argument physico-théologique est à jamais impuissant à prouver à lui seul l'existence d'un être suprême, et qu'il doit toujours laisser à l'argument ontologique (auquel seulement il sert d* introduction) cette lacune à remplir. Celui-ci renferme donc toujours Vuniqtue argument possible (s'il y a lieu toutefois à une preuve spéculative), que ne peut dépasser aucune raison
humaine..
Les principaux points decette preuve physico-théologique son les suivants : V dans le monde se trouvent partout des traces visibles d'un ordre exécuté avec la plus grande sagesse, suivant un dessein dé-
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terminé^ et dans un tout d'une variété ineffable tant par son contenu que par la grandeur infinie de son étendue. 2<^ Cet ordre de causes finales est tout à fait étranger aux choses du monde, et ne leur appartient que cootingentiellement ; c'est-à-dire que la nature des différentes choses ne pouvait d'elle-même, par des moyens nombreux si différents qui devaient convenir entre eux, s'accorder pour des fins déterminées, si ces moyens n'avaient pas été parfaitement choisis et appropriés à des idées fondamentales, par un principe raisonnable. 3" Il existe donc une (ou plusieurs) cause sublime et sage, qui doit être cause du monde, non pas u niquement comme une nature toute-puissante qui agi t aveuglément, par fécondité, mais comme intel- ligeoce qui agit par liberté. 4® Son unité se conclut aveccertitude del'uûitédu rapport mutuel des parties da monde dans les choses auxquelles notre observation s'applique, commode pièces d'un ouvrage artificiel, et avec vraisemblance, suivant tous les principes de l'analogie, s'il s'agit de choses que nous ne puissions connattre immédiatement.
Sanschicaner ici avec la raison naturelle sur sa conclusion, lorsque raisonnant d'après l'analogie de certaines productions de la nature avec ce que crée l'art humain, qui fait alors violence à la nature et la contraint d*agir, non suivant ses fins à elle, mais en se pliant aux nôtres (d'après leur ressemblance avec des édifices, des vaisseaux, des horloges), elle conclut que
cette nature a aussi pour fondement une semblable causalité, savoir, une intelligence et nne volonté ; lorsqu'elle dérive encore la possibilité interne de la nature agissant librement (laquelle rend d'abord possible tout art, et peut-être même la raison) d'un an* tre art, quoique surhumain : — sans vouloir, disje, chicaner sur cette manière de raisonner, qui ne supporterait peut-être pas la sévérité de la critique transcendentale, il faut avouer cependant quesi nous devons une fois nommer une cause, nous ne pouvons pas agir ici plus sûrement qu'en suivant l'analogie avec de semblables produits intentionnels, qui sont les seuls dont les causes et le mode d'action nous soient connus. La raison ne pourrait pas se justifier à ses propres yeux de vouloir passer de la causalité qu'elle eonnatt à des principes d'explication obscurs et indémontrables qu'elle ne connaît pas.
Suivant ce raisonnement, la finalité et rharmonie ti'ùn si grand nombre de dispositions de la nature pourrait simplement prouver, si elle prouvait quel* que chose, la contingence de la forme, mais non celle de la matière, c'est-à-dire de la substance dans le monde ; car il faudrait encore, p<Tur établir cette thèse^ qu'il pût être démontré que les choses du monde n'étaient pas d'elles-mêmes propres à cet ordre et à cet accord, suivant des lois générales, dans la supposition où ces choses n'auraient pas été, quant à leur subtcmce même, le produit d'une sa-
geaœ fiuprfime. Mais il faudrait pQur cela un tout autre argument que celui qui résulte de l'analogie avec l'art humain. Cette preuve pourrait donc démontrer tout au plus un architecte du monde ^àont la puissance serait toujours très-limitée par la nature de la matière qu'il travaille^ mais non un créateur du monde^ à l'idée duquel tout est soumis. Ce qui n'est pas à beaucoup près suffisant pour le grand but que l'on se propose^ à savoir, de prouver une cause première qui suffit à tout. Si nous voulions prouver la contingence de la matière, il nous faudrait recourir à un argument transcendental qui n'a pas dû figurer ici.
Le raisonnement va donc de l'ordre et de la finalité, partout et toujours observables dans le monde, comme d'une organisation tout à fait contingente, à l'existence d'une cause qui lui est proportionnée. Mais le concept de cette cause doit nous en faire connaître quelque chose de tout à fait déterminé, éf il ne peut être autre par conséquent que celui d'un être qui possède toute puissance, toute sagesse, etc., en un mot, toutes les perfections, comme être qui suffit atout. Car les prédicats de puissance et d'excellence trh9-gr<mdey admirable, imn^ense, ne donnent assurément aucun concept déterminé, et ne disent point ce que la chose est en elle-même : ces prédicats ne sont que des représentations relatives de la grandeur de l'objet que le comtempiateur (du monde) compare
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avec lui-même et avec sa faculté de comprendre; ils ne gagnent ni né perdent en élévation, soit que Ton grossisse Tobjel, soit que l'on rapetisse, par rapport" à Toljjet, le sujet qui observe. Dès qu'il est question de la grandeur (de la perfection) d'une chose en général, il n'y a de concept déterminé que celui que comprend toute la perfection possible, et il n'y a que le tout (omnitudo) de la réalité qui soit universellement déterminé dans le cpucept.
Or, je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui se flatte d'apercevoir le rapport de la grandeur du monde, observée par lui (quanta l'étendue et à la matière), à la toute-puissance^ le rapport de l'ordre du mondeàlasagessesuprême; celui de l'unltédumondeà l'unité absolue d'un créateur suprême, etc. Lathéolologie physique ne peut donc pas donner un concept déterminé, de la causé suprême du monde, ni par conséquent suffire à un principe de la théologie, laquelle doit «ervir à son tour de son fondement à la religion.
Le pas à faire pour atteindre la totalité absolue est absolument impossible par la voie empirique. C'est cependant ce^que^l'on prétend faire dans la preuve physico-théologique. jQuel moyen emploie-ton donc pour franchir cet immense abîme?
Après être parvenu à l'admiration de la grandeur, de la sagesse, de la puissance, etc., de l'auteur du monde, ne pouvant pas aller plus loin, on abandonne
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tout à coup cet argument qui se fondait gpr des principes empiriques, pour passer à la contingence du monde, conclue de prime abord de Tordre et de la .finalité. De cette contingence , seule on va donc, uniquement par des concepts transcendentaui;, à l'existence d'un être absolument nécessaire; et du concept de la nécessité absolue de la cause première, à son concept universellement déterminé ou déterminant^ savoir, à Tidée d'une réalité embrassant toutes choses. La preuve physico-théologique s'arrête donc dans son entreprise : dans son embarras, elle saute tout à coup à la preuve cosmologique ; et comme celle-ci n'est qu'une preuve ontologique dissimulée, la preuve physico-théologique n'atteint réellement son but que dans la raison pure, quoiqu'elle en aitd'abord repoussé la parenté, et qu'elle ait tout fait reposer sur des preuves qui devaient tirer leurs lumières de l'expérience.
Les théologiens naturalistes n'ont donc pas de raison de mépriser l'argument transcendental , et de le regarder avec le dédain présomptueux de physiciens clairvoyants, comme une toile d'araignée qu'auraient fabriquée d'obscurs investigateurs. Car,- s'ils voulaient seulement, s'examiner eux-mêmes, ils .verraient qu'après avoir marché long-temps sur le sol de la nature et de l'expérience, se voyant toujours également éloignés de l'objet qui apparaît en face de leur raison, ils abandonnent
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subitement ce terrain, passent dans la région des pures possibilités, où, sur les ailes des idées, ils es* pèrent approcher de plus près de ce qui s'était soustrait à toute leur investigation empirique. Après qu'enfin, par un si grand saut, ils s'imaginent avoir le pied ferme, ils étendent le concept déterminé (sans savoir comment ils s'en sont mis en possession), sur tout le champ de la création, et expliquent par l'expérience, quoique assez péniblement et d'une manière bien indigne de son objet, l'idéal, quiaiêté simplement le produit de la raison pure, sans cependant vouloir ayouer qu'ils sont parvenus à cette connaissance ou supposition par un autre chemin que celui de Texpérience.
La preuve cosmologique sert donc de fondement à la preuve physioo-théologique, de même que l'argument ontologique sert de base à l'argument ooemologique, touchant l'existence d'unecause première comme être suprême ; et comme il n'y a pas de quatrième voie ouverte à la raison spéculative, la preuve ontologique tirée des simples concepts de la raison pure est la seule possible, s'il en est une seule qui puisse établir une proposition si élevée aunlessas de tout usage empirique de l'entendement.
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