CHA'PITRE IV
Histoire de la rsûsoa pure. v .
Il •
Ce iStrë n^est destii^ 4n'à sigiialeif une lacune dans le système, et qu'il faudra- rempltridésormais. Je me contd^te d6>jetpV'd'un'poînti de, vue purement transceflNlental^ do. ppitit^ d^-vuie 4e4a n«itiMr& de là i^aisdn pure i un ^coùp^ td^ceil ! rapide stai^ l'isneemble .de son œuvre jiiequiiet j ^-cpuvre^ qui représente sisus doùié à' meS' ;féux' pu! édifice, mais un ëdifipe en ruines.' ^
55S VÉTHODOLOGIB
Il 6Bt assez remarquable, quoique la chose ne puisse naturellement pas arriver d'une autre mani^, que les hommes , danA Tenfance de la philosophie , ont commencé par où nous finirions volontierB mainte* nant, savoir, par étudier la connaissance de Dieu et Fespérance ou même la nature d'une autre vie. Malgré l'imperfection des concepts religieux introduits par les antiques usages que les peuples avaient encore conservés de leur état de grossièreté , la partie la plus éclairée de la nation se livra cependant à des recherches indépendantes sur ce sujet, et Von s'aperçut facilement qu'il ne pouvait y avoir au-^ cune manière plus fondamentale et plus certaine de plaire à la puissance invisible qui gouverne le monde, pour être heureux au moins dans une autre vie, que de se bien conduire dans celle-ci. La théologie et la morale furent donc les deux mobiles , ou plutôt les points aboutissants de toutes les recherches rationnelles et abstraites auxquelles on ne cessa de se livrer par la suite. La première fut proprement ce qui attira peu à peu la raison purement spéculative à Tœuvre, et ce qui plus tard, sous le nom de Métârphysique, devint si célèbre.
Je ne distinguerai point ici les temps où s*opéra telle ou telle révolution dans la Métaphysique \ seo!lement j'exposerai' en très^u de mots la diffièrenee de l'idée qui oeeasiona les principales révolutions. J'y trouve une^ triple fin en faveur de laquelle ces
TRANSGBNDBNTALE. 553
révolutions se août opérées sur ce champ de ba-taille.
1'' Quant à F objet de toutes dos conDaissances rartionnellesi les uns furent purement philosaphes sen-^ sualistes, d'autres purement pA^io^op^s rationalistes. Épicure peut être regardé comme le principal philosophe du sensualiame, Platon comme celui du rationnalisme* Mais cette différence des écoles , si peu sensible qu'elle soit^ avait déjà commencé dans les siècles les plus reculés, et s'est maintenue sans intwrupCion. Ceux de la première école affirmaient qu'il n'y a de réalité que dans les objets des sens, que tout le reste est imagination ; ceux de la seconde disaient au con« traire qu'il n'y a qu'apparence dans les sens , que l'entendement seul connaît le vrai. Malgré cela, les premiers ne niaient point une réalité correspondant aux concepts de l'entendement ; mais cette réalité n'était pour eux que logique^ tandis que pour les antres elle était myÉiique. Ceux-là accordaient des conn cepts intellectuels, mais ils ne connaissaient que des otgets sensibles. Ceux-ci voulaient que les véritables objets fussent siuiplement intelligibles, et affirmaient une intuition de l'entendement pur, sans le secours d'aucun sens, ; mais seulement confuse suivant eux.
2"" Quant à Corigi$ie des connaissances rationnelles pures^ si; elle» sont dérivées de l'expérience, ou si ei^ ont leur seiuroe dans la raison indépendaïnmeat de l'expérience, le» uns jurent émpiristes^lea autres
if
584 • MAfrewoLoo» '> «
nwlogistes. Aristotep&oti être considéfé comme l^ dnf des empiristes ; Platon comme celui des Doologiiti^ b&cke qui^ ohez.ieB mod^iiaes, «i»stll4i le»>i^nMÉ!î^r;let Leibniz la.wcbm} (<piaîqm' à une aistt granidodistâtio» de ff^JD «jwt%m6^i]^3p»li)^«e)y ii'cnit eepêfedMipunièibe fi» à^tte cbntmitrerse; CerlaiiiemeDt 'ÉficitteiMAwa^ son - sens beauconp plw «onséquent dans son ^yaUttae sensnaliste (car il ne raisonna jamais en dehors des botttes de Vetpéneoœ)qa'AmSote et Locke ^ ^qoe^de daroier surtout^ /I^r &P^ aroir dérivé de Teipè-' rienee* tous les concepts. et tons kS'^inoipes, vbsî loin dans .leur asage, qu'il. affiirin& la- possibilitâée démontrer. aussi éfvidemin«[it rexistenee de Dieu et l'immortalité/de l'âme (quoique efs dettz ol)jet$ sofûf tout à fait en dehoips. des bornes» dé i'expirieDce pos* sible)^ qu'un, théorème de mathématiques»
^ Quant à la méthode ^ si Ton doit appeler qnd^que dhiose méthode, ee doitéjive hniprMédé/Mir pnncipBSi Or, on peut 'dfviseï^' celles ^iqMtiOQtieiit à |il^ sent le^ premier rang' dans ceUe:biittfn€tie^d'e4^iw^tÎH gationde la natnre^ en méthodemti^ettè^ittatàtêlU-' tischei^ et en • métlvodê scMntî/l^wi iÀ^^rùUumdsté àe lava^son pure adoipte cd'prinei^,'qciè pAr là raûson cemdune, sans îseienêe'i^la' seienM^ft'Mlftt ponrlui^que le bon isens), il«vattVséM'^li«piÉhr&^ port aux grande&'quesiioas qni ootMitikeii» lespMblêmes de la Vétaphyslque I, ^ue pat hir spéèullitioA» R affirme^deno que l'on peel détorakimiri plu^eÀfe-
meAtU>^Qd^ttr«UîélcÂg9eBiQAiide la lune par le simple epuf^^dioilnquA piOr Wrd^aUii<dfslffi«l)^iBatj^,
cipe.j^at,jM.qu'il;y a da.toés-sèdufde,; leraMfriBder» tou»: let^ ;itt&]r9d8' ^ctificiela ^ i^eGoaitoaDâé don^fâeitao mélhde propre pour étendra 8^^oniiaiaB»in»a/;6Èav pour ce qui .^at dei9 oatttraUstes' pàfr défm^. de pln:> grandes connaissances, on ne peut rien leur itùpiitevi justement ; ils suivent la raison commune sans proclamer leur ignorance comme une méthode qui devrait contenir le secret de tirer la vérité des profondeurs du puits de Démocrite.
... Quod sapio satis est mihi : non ego euro
Esse quod ÂrcesQas, serumnosique Solones (Pbrs.),
est leur devise. Avec cela ils peuvent vivre contents et dignes d'approbation , sans se soucier de la science ni en confondre les œuvres.
Pour ce qui regarde les partisans d'une méthode scientifique y ils ont ici le choix de procéder ou dogmar tiquement ou sceptiquement ; mais ils doivent en tous cas procéder systématiquement. En mentionnant ici, par rapport aux premiers, le célèbre Wolf, par rapport aux seconds David Hume , je puis me dispenser , pour mon objet actuel , d'en nommer d'autres. La méthode critique est la seule encore qui soit ouverte avec les deux autres. Si le lecteur a eu la complaisance et la patience de la suivre avec moi, il peut voir maintenant si , dans le cas où il voudrait bien
556 MÉTHODOLOGIE TRAlfSGBlfDBNTÂLÉ.
contribuer à conyertir ce sentier en route royale , ce qu'un grand nombre de Bidcles n*ont pu mener à bonne fin' jusqu'ici, ne pourrait pas être accompli atant même que celui où nous vivons soit écoulé , à savoir, de satisfaire complètement la raison humaine, en une matière dont elle s'est constamment occupée avec ardeur jusqu'ici, mais aussi toujours inutilement.
(PugeiS^)
La métaphysique a pour olfet propre dèsesinye^ tigations Dieu^ la Uherté ef \ immortalité; de telle manière que le deuxième concept, uni au premier, doit conduire au troisième comme à une conséquence nécessaire. Tout ce dont oette science s'occupe d'ailleurs ipi sert simplement ^^ moyen, pour parvenir à ces idées et à leur réalité. Elle n'a pas besoin de la physique, mais seulement de s'éleyer aùnlÀsus de la nature. La parfaite connaissance de ces trois objets rendrait la (A^o/ogje^ la morale ^ et par l'union de l'une et de rautre, la' fçli^on, par conséquent les fins les plus élevées de not^e existences/ eiôlusivement dépendantes de la faculté spéculative^ rationnelle. Dans une représentation systématique de -ces idées, l'ordre exposé, comme ordre synthétique^ serait le plus convenable; mais dans le traité qui doit né-?
cessairement la précéder, Tordre analyiiquej Finverse du précédent, sera plus approprié à notre dessein de nous élever de ce gue rexpérience nous donne immédiatemeQfy.Cresf'àrdifa de la psychologie à la cos-mobgiej et delà jusqu'à la connaissance de Dieu.
(Pagise.)
Et d'abord, la remarque, générale suivante peut fortifier notre attention sur cette majiièie de raisonnet ; Je'iootkiâié. uti ëftjét^non par cela seul que je ^pm^jtbah jéùe^ttxIb^otincRttkè îqu'à la condition âe^élemln^er'une ibtùilion donorée relativement à IteU^titf lu èoiièclèneeléitis laquelle consiste ibute ][tifisée;^€ltt0 mu c^fiària^c pas moi-même parce qoé^je 'Mit édfi£iciëiitV)e iboi^oK^é commet penftàni^ tââxÊ^yàet^ ^uefalla conëcienoe de rintaîtion et awé'^siédie' «ôffiine étant déterminée par iMpport ^b fbilétto» ^ k fpeûièë. TbiSà tes taoài de là oondbi«ûèi'>(le^ daûk>'4ii^tisée^^V^èidérê8 ed eoxttèdlèBj'ité'sMt'Sokio'pàa.énçore des -concepts inUA.- Ui'ii^et» (dèb catégdHjM);' mais de siftipleB /fogiqu6S''t[V£ tfèdonnebt àiionA^tr» aucun ^^')WlU}!(|t»'](>eD^,'^ |»r'boniiéi^èât^-non pli» mdl^ême'<i^niihe objet: L''àl>jet â^ pas la eonscèettdé :da'dé(èf^tmiti<,Wà!8 seulement celle d a
.«l^i^tnym. 559
il6mB4étermnabkf c'ast^^Ànlire eellede moa intoitioa in^erniB. (qu <aat que. an vairiété, peut être liée eoofoiv métneot à la cgndltiou géaérale :de T unité de l'iapeN ceptiqi^ > dan» la pensée).
i ? Gt^Di» twg' le^ jugements^ je Buia dokie toujou» /e .9M;6( dâSennMMMf du rapport qui eompoae le juge* IQ^U J)l#i» tefeat nuit propeaitiOQ apodictiqoe, et ID$me ici^nfiâ^tMi qiie cellentsl ; Xtemoi^ qui peiise^ doit 4iettyQtin» tailoir idaits» le. ptoâée ocwiine • wj^et et peut ôtre^ eonBidéiféeommeqbelque ehbse: qm n'estpaiiit mhéireat iila jpeiiàée» qui n'enieet paa le prédlic^ Cette ppqpoeition ne^igaiSie paeque je eoisioomme objet, lin être i<9tf^^ta4»^^^IIM>î*lQèate<ftlUfte m6*stance. Ce dernier caractère s'étend trè&-loin; i^exige pap.GOff^uent a^firfM Annnép^iq^î fie peuvent i^bpolvjipe^f paf)àt|r^trim^ et peut*
ètre{efi it^t^que jf çpa^jdèr^ sijpplein^eQti'âtre.pen'sàuti coi^iat^l^^e )f)i|:trcHiiFwai-7J?, jai^^ davantage
piHeuc8i{^n.lui),H.[. ' :^r'^^: / i" i-'."'''"': • • • 2!,LQ.coi^p^e.l^l>i^n^.impU|(|yie 4éjà que U mo^
j^e^X^p^rp^pti/^u^jP^r «fifpséqiienl; ;]|e.npipi dans toutç pajjpéiç,;^ q;if(^qijp>A?h(ï§e,de >^îi^^ ue peut si^ ^^oudr^^çiji ,ufle., ppoiljtipaqilé ; il design^; jpar ^naéi}ue^t ^fttHujQtflogiqueineftt simplet la pr.^paiti,on
JplPW»> ^ dpnp fine, prop()sitipii Wftl3*i««^ Mais çe)%,ne sîgp^pa? q^ let.tuoip^iuant aeit^uqe «ufr- ^^^ç.eiatplei^ ce qui serait une proposition? synthé^ IJiq^e. liç coi^Pît,4o s^b^tauoB ae.rappprtç toujours
560 ScHfttHENTB.
à des intuitionB qui ne peuvent être que sensibles en moi, et qui par conséquent sont tout à fait hors du champ de l'entendement et de sa pensée, deux choses dont cependant il est exclusivement question quand on dit que le moi dans la pensée est simple. Il serait étonnant d* ailleurs que j'eusse ici comme par révélation^ et justement dams la plus pauvre de toutes les . représentaticms, ce qui d'ailleurs exige tant de précautions s'il s^agit de distingua le substantiel et ce qui ne l'est pas dans> ce qui se présente en intuition, et qui en demande bien plus encore lorsqu'on veut savoir si cette substance peut être simple (comme pour les parties de la matière).
3® La proposition de mon identité même dans
toute diversité dont j'ai conscience est justement aussi une proposition renfermée dans le concept même, par conséquent une proposition analytique; mais cette identité du sujet, identité dont je puis avoir conscience dans toutes les représentations, ne concerne pas l'intuition du sujet, celle par laquelle il est donné comme objet, et ne peut par conséquent pas non plus signifier l'identité de la personne, au moyen de laquelle la conscience de l'identité de sa propre substance, comme ètre'pensant, est entendue dans tout changement d'état. Oh ne pourrait démontrer cette idéalité par la simple analyse de la proposition Je pense; il faudrait au contraire à cet efifot
SUrPLiMBNTS. K6i
différente jugements synthétiques fotiâés sur Tintuition donnée.
4"" Qu^nd je distingue ma propre existence, comme existence d'un être pensant^ des autres choses exté« rieures à moi (et dont mon corps fait partie), je fais aussi une proposition analytique; car les autres choses sont celles que je conçois .opmme différentes de moi. Mais je ne sais point du tout par là si cette conscience de moi-même sans choses, hors de moi, par lesquelles l^s représentations me sont offertes, est possible, et si par conséquent je puis exister simple* ment comme être pensant (sans être homme).
On ne gagne donc rien par l'analyse de la conscience du moi dans la pensée en général, par rapport à la connaissance du moi lui-même comme objet. L'exposition logique de la pensée en général est prise mal à propos pour une détermination physique de l'objet.
Ce serait une grande, et même la seule pierre d*acboppement contre toute notre critique, s'il était possible de démontrer à priori que tous les êtres pensants sont en soi des substances simples, qui, comme telles par conséquent (ce qui est une suite du même argument), emportent nécessairement la personnalité, et qui ont conscience de leur existence séparée de toute matière; car, de cette manière, nous aurions fait un pas en dehors du monde Musibie, nous serions entrés dans le champ des nouniènesy et personne ne n. 36
5fta SQPrUlIBMTS^
DOua oonteiterait pins le droit de difrieher ce fond, d'y bâtir, *et d'en prendre possession, suivant que le permettrait la bonne fortune de cbacun. Car la proposition : Tout être pensant^ comme tel, est une substance simple, — est une proposition synthétique^ à priorij d'abord parce qu'elle dépasse le concept qui lui sert de follement et ajoute le mode éT existence à la pensée en général; secondement, parce qu'elle ajoute à ce concept un prédicat (celui de lasimplicîté), qui ne peut être donné dans aucune expérience. Les propositions synthé|;iques à priori ne seraient doncpas simplement possibles et licites par rapport aux objets de l'expérience possible^ et, mèmecomme principes de la possibilité de cette .expérience, ainsi que nous l'avons enseigné; mais elles pourraient aussi se rapporter aux choses en général et en soi, conséquenoequi porterait un coup mortel à toute cette critique^ et qni donnerait raison à l'ancienne méthode. Mais, en regardant la chose de plus près :on aperçoit que le péril n'est pas si grand.
Dans le procédé de la psychologie rationnelle règne un paralogisme exposé dans leraisonnementqui suit:
Ce qui ne peut être conçu que comme sujet n^ewiste non plus que comme sujet, et par conséquent est substance.
Or y un être perdant y considéré simplement comme tel, ne peut être pensé que comme sujet.
Il n'existe donc aussi que comme tel c^est-'Mire, comme substance.
Il est question, dans la majeure, d'up dire qui en général peut 0tre conçu sous loua 1^ rapports, par conséquent aussi tel qu'il peut être donné en intui<*« tion. Dans la mineure, ilne s'agit du même être, qu'autant qu'il se considère lui-même comme sujet et uniquement par rapport à la pçnsée et à l'unité de la conscience, mais, pas en même temps par rapport à l'intuition par laquelle l'unité serait donnée comnfe objet à la pensée.. Par conséquent, la conclusion est déduite j[)6r sophisma figurm diclianis, ou par un faux raisonnement (')•
Cet argument si vanté se résout donc en un para^ logisme. C'est ce qui devient évident quand on fait attention à l'observation générale sur l'exposition systématique des principes, et à la section des nou*'
(4) La pensée présente dans les denx prémisses un sens totale^ ment différent. Dans Vi majeure elle est considérée comme se rap*portant à un objet en général (par conséquent telqu'il peut être donné en intuition) ; mais dans la mineure, elle ne consiste plus que dans le rttppdrt à la conscience de soi, où fei conséquent on ne pense aucun objet, mais, où se retroUYe seulement représenté le rapport à soi comme sujet (comme la forme delà pensée). Dans le premier cas, il est question de choses qui ne peuvent être pensées que eomoie suiet j dans le second, au contraire, il n'est plws qnefri tion de choses, mais de la pensée (puisque Ton fait abstraction de tout objet) dans laquelle le moi sert toujours dé siget pour la consdettee^ On ne peut donc avoir dans la conclusion: l^ë'ne puià' exister que comme sujet; — on ifa au contraice que ceci : Je a% puis, dans la pensée de mon existence, me servir de moi que pour sujet du jugement; — proposition identique qui ne dit absolument rien sur le mode de mon existence.
mènes^ otfào.u^'sVons démontré que le concept d*ane ehose qui peut exister en soi comme sujet, mais non comme simple attribut, n'emporte avec lui aucune réalité objective. Cci qui veut dire qu'on nepeul savoir si quelque objet peut lui correspondre quelque part, puisqu'on n'aperçoit pas la possibilité d'une telle manière d'exister; c'est-à-dire par conséquent qu'il n'en résulte aucune connaissance. Donc, pour que ce concept puisse désigner, sojis la dénomination de substance, un objet qui pftisse être donné, qui puisse devenir une connaissance, il. faut qu'une intuition constante, comme condition indispensable de la réalité objective d'un concept, à savoir, ce par quoi seul l'objet est donné, soit posé comme fondement. Or, nous n'avons absolument rien de permanent dans une intuition interne, car le moi n'est que la conscince de ma pensée. Si donc nous nous arrêtons à la pensée seule, il, nous manque ainsi la condition nécessaire pour appliquer le concept de substance, c'est-à-dire d'un sujet existant en soi, à lui-même comme être pensant. Et, dès lors c'en est fait aussi de la simplicité de la substance rattachée à cesujet; elle s'évanouit complètement avec la réalité objective du coDoept, et se résout ea nue unité qualitative purement lo^que de la conscience dans la pensée en. général» que le sujet soit ou non composé.
Réfutation de rargument de Mendelssohn en CeiTeur de la peflnaneitcè
de rame.
Ce philosophe subtil aperçut facilement qu'il y a uù Tice dans Targument p^ lequel on démontre ordinairement que r$me (si on accordé qu'elle est un être simple) ne peut périr par la décomposition^
et qu'il n'en démontre point nécessairement la per«-
manehoe puisque l'on pourrait)' encore trouver la fin de son existence dans VeœiincHdn. Il cherche donc dans son Phédouj à prouver que l'âme est à l'abri de cette extinction, qui serait un V^ritable<Unéantis8&ment, en essayant de démontrer qti!un être simple ne peut absolument pas périr, par la raison que, comme il ne peut pas être diminué, ni rien perdre insensiblement de son existence de manière à être enfin réduit à rien (puisqu'il ne renferme aucune partie, et par conséquent aussi aucune multiplicité), il faudrait trouver un instant entre le moment où îl est et celui où il ne serait plus, ce qui est împossible. Mais il ne faisait pas attention- que, quand même nous accorderions à l'àme cette nature simple, comme ne contenant aucune diversité en dehors d'elle-même, par conséquent aucune quantité exté-* rieure, on ne peut cependant pas plus lui refuser qu'à tout autre être existant une quantité intensive, c'est-à-dire un degré de réalité par rapport à toutes ses facultés, et même en général à tout ce qui
566 SDPPLÉMENÎS.
compose l'exifitence, degré qui peut décroître inseosiblementJQsqu'à rinfini, de telle sorte que la prétendae substance (la chose dont la permanence n'est pas assurée d'ailleurs) peut se réduire à rien, quoiqu'il n'y ait pas en elle décomposition, mais bien par une perte insensible [renUssio) de ses facultés (par conséquent par suite d'un dépérissement [Elanguescenx], s'il est permis d'employer cette expression); car la conscience elle-même a toujours un degré qui peut être diminué (1); par conséquent aussi la (acuité d'être conscient de soi et ainsi des autres facultés. La permanence dé l'âme, comme objet du sens intime, reste donc à démontrer, et même est indémontrable, quoique cette permanence dans la yie soit claire en elle-même, puisque l'être pensant (tel que l'homme) est en même temps un objet des sens
(i) La clarté n'est pas, comme disent les logiciens, la conscience d'^ne représentation ; car un certain degré de consdenœ, mais qui ne suffit pas au souvenir, doit se trouver jusque dans les représentations obscures, puisque sans conscience nous ne ferions aucune différence dans la liaison de représentations obscures, ce que nous pouvons eependaflt faire dans les éléments de plusietus concepts (comme ceux- du juste et de l'injuste, et même dans ceui du musicien qui touche plusieurs notes en même temps dans un morceau d'improvisation). Mais une représentation claire est ce&e dans laquelle la conscience suffit pour donner conscience de la d\ff& renc« de cette représentation avec d'autres. Mais si cette conscience Suffit pour la différence, sans suffire pour le sentiment de la dilEh resee, alors la repnôsentation doit encore être dite obscure. H j a donc une infinité de degrés de conscience, depuis la conscfence 1» plus claire jusqu'à son entière disparition.
extérieurs. Mais cela ne suffit point au psychologue rationnel) qui entreprend de prouver par da purs concepts la permanence absolue au delà de la vie actuelle (1)«
(1) Ceujcqui, pour établir une nouvelle possibilité, croient avoir assez fait en défiant de montrer aucune contradtetion dans leurs suppositions (comme font tous ceux qui croient pouvoir apercevoir la possibilité de la pensée, même après la fin de cette vie, possibilité dont ils n'ont cependant d'exemplesque dans les intuitions em* piriques de la vie actuelle) peuvent être mis dans un très-grand embarras par d'autres possibilités qui ne sont pas moins hardies. Telle est celle de la division d'une substance simple en plusieurs substances, et réciproquement deTagrégation [cotUUion] de plusieurs substances en une seule. Car, quoique la divisibilité suppose un composé , elle n'exige cependant pas un composé de substances, mais seulement un composé de degrés (des diverses facultés) d'une seule et même substance. Or, de même que l'on peut concevoir toutes les facultés de l'àme, celle même de la conscience, affaiblies de moitié, de telle sorte néanmoins qu'il reste toujours quelque suIh stance; de même aussi Ton peut concevoir sans contradiction cette moitié éteinte, non dans la substance mais hors d'elle, tout aussi bien qu'on l'y conçoit conservé. Seulement, comme tout ce qui est en elle n'est jamais que réel, et »par conséquent possède un degré, et que son existence entière a été diminuée de moitié sans cependant que rien ne manque, il en résulterait alors une substance particulière hors d'elle , car la multiplicité qui a été divisée était déjà au* paravant, non à titre de multiplicité de substances, mais bien de chaque réalité, comme quantum de Texistenoe en elle. L'unité de la substance n'était donc qu'une nuM^ière d'exister qui ne pouvait être changée en, une pluralité de la subsisteace(i)que par cette di^ vision. Par la même raison aus^i, plusieurs substances simples peuvent confluer en une seule, dans laquelle rien ne périrait si ce n'est la pluralité de la subsistance ^ puisqu'une seule renfermerait en elle
(I) La sabsistenee {Subniitn%) eitreiifteooe de la luteunce, comme nnhéienoe est eeOe de i^aeekltDt; T.
Si donc nous prenons nos propositions précédentes dans un en€haînen:ient synihéHquej de la mémo manière qu'elles ont dû former déjà un système en psychologie rationnelle, attendu leurvaleurpour tous les êtres pensants, et si, partant de la catégorie de la relation, par la proposition: Tous les êtres pensants sont comme tels des substances , nous parcourons à rebours la série des catégories, jusqu'à ce que le cercle en soit révolu, nous rencontrons enfin Texistence de ces substances (1). Dans ce système, elles sont non-
le degré de réalité de toutes les substaDces précédentes ensemble. Peut-être même que les substances simples qui nous donnent le phénomène de la matière (non sans doute par une influence mécanique ou chimique réciproque, mais cependant par une influence à nous inconnue et dont le degré seul formerait Je phénomène de la matière) produisent les âmes des enfants par une semblable division dynamique des âmes de leurs parents comme de quantités intensives, de façon que celles-ci réparent leur perte parleur union ayec une nouvelle matière de la même espèce. Je suis très-éloigné d'accorder^ ces fictions la moindre valeur; les principes précédents de r Ai^lytique ont suffisamment convaincu de la nécessité de ne fanre des catégories (comme de la substance) qu'un usage empirique. Mais si le rationaliste, parla simple faculté de penser, sans une intuition constante par laquelle un objet serait donné, est assez hardi pour en faire un être subsistant par lui-même, uniquement par la raison que l'unité de l'aperceplion ne lui permet duis la pensée aucune explication par le composé, tandis qu'il ferait mieux d'avouer ingénument son impuissance à expliquer la possibilité de la nature pensante; pourquoi le méférialisfe, quoiqu'il ne puisse pas plus se fonder sur l'expérience pour établir ses possibilités hypothétiques, ne serait-il pas autorisé à se servir de ce même principe pour un usage opposé, en conservant l'unité formelle de son adversaire?
(1) La phrase précédente est diversement ponctuée, suivant lesédi-
SUFPLÉIIBNTS» 269
seulement conscftentes de leur existence, dans ce sys^-
tème, indépendamment de9 choses extérieures ; mais elles peuvent même la déterminer en yertu de leur propre nature (par rapport à la permanence qui appartientnécessairementau caractère de la substance). Mais il suit de là que YidéaUsme (du moins le pro«blématique) est inévitable dans ce système rationnel, et que si Texistence des choses extérieures n'est pas requise pour la détermination de la sienne propre dans le temps, elle ne sera admise que gratuitement, sansjamais être susceptible de preuve.
Si au contraire nous suivons la méthode analyti-
tions. Mais le seas revient au même. Il ne faudrail donc pas s*étonner de Iroaverune différence daas les traductions. PeÀ de plus coupé en deux, avec la traduction italienne, la phrase entière du texte allemand. Voici, au surplus, les traductions anglaise et italienne de tout le passage.— Now if we take our foregoing propositions in syn- ^Atf^a/ connexion, and as they must be taken as valid for aUthinking beings in rational psychology as a System, and if we proceed from the category of relatipnin the proposition, «ail thinking beings are as suche substances », through the séries of thèse backwards, until the circle is coneluded, we thus stumble at last upon their existence, of whichthey themselves(^y^ ihiTikiiig beings) in this System, independent of external thîngs, are not only conscions, but are aiso able from themselves to détermine snch (in respect, etc ). — Ora se prindiâmo, ridolte ad un insieme sintetico, le nostre proposizioni antecedenti ( in quai modo , in che gia le si deggiono pendere nella psicologia razionale sistematica),siccome aventi toloreper tutti gli esseri pensant!; ese, incomminciando perla categ«na dei rapporti, oolîa proposizione : Tutti gli esseri pensant! , oome tali, sonosostanze; percorriamo a ritrorso la série délie categoriœ, sino allàbhiusa del cercolo , ci abbateremo flnalmente alla
570 suppLÉifBirrs»
qœ^ puisque le cogito, à titre de proposition qui comprend déjà une existence en soi comme donnée, et par conséquent la modalité, est misen principe, etque nous le décomposions pour en connattre le eontena, pour savoir .si et comment ce moi détermine par là sçin existeiOjC^ dans l'espace ou le temps, alors l» propositions de la psydioiogie rationnelle ne com* menceraient pas par le concept d'un être pensant en général, mais par une réalité ; et ce qui convient à an être pensant en général se conclurait, comme on le voit dans la table suivante, de la manière dont cette réalité est pensée après que tout ce qu'il y a d'empirique en aurait été séparé.
Je pense;
Comme sujet; Comme sujet simple ;
Comme sujet identiquey
d&ps t^ut état de ma pensée.
Or, comme on ne décide pas ici, dans la seconde proposition, si je ne puis exister et être pensé qoe comme sujet, et non aussi comme prédicat d'un au-
esisteoza délie medesime* DelU quai eBîsteaza, inootesto syst^ooft, aoao coQsapeYoli a se medesime, independentemente daireslene foee, ma sono ia grado eciandio di per se stesse deieraiiDark ( rispettOy etc.). T.
SUBfLÉHSNTS. 571
tre sujet, le eoBcept d^un sujet n'y est donc pris qw logiquement» et il reste à savoir si par là on doit du Voù ne doit pas entendre une substance. Mais, dans la troisième proposition^ l'unité absolue de J'aper^ œptîoD^'Ie moi simple, dans la représentation à la^ quelle' se . apporte tonte liaison ou séparation qui eondtitne la pensée, devient importante en soi, quoi-*- •que je n^iaie encore rien déterminé sur la qni^lité on la snbMsteBce du sujet. L'aperception est quelque chose de réel^ et sa simplicité est déjà dans sa pos-<sibîlité. Or, il n'est rien de réel dans l'espace qui soit simple, car des points (qui sont la seule chose qu'il y ait de simple dans l'espace) ne sont que des limites; ee n'est pas même quelque chose qui serve, comme parties, à constituer l'espace. De là, par conséquent, l'impossibilité de me 'définir comme sujet simplement pensant, en partant des principes du matérior^ lisme. Mais, mon existence considérée dans la pre* mière |»ropo8ition comme donnée, ne signifiant pas tout être peésant existe (ce qui indiquerait en même temj|)s une nécessité absolue de ces êtres, en quoi par conséquent l'on dirait beaucoup trop), mais seule» ment /efl»«te pensant; eette proportion est donc empirique et ne renferme que la déterminabilité de mon existence par rapport à mes représentations dans le temps. De> pins, comme j'ai besoin à cet effet de quelque chose de permanent, et que rien de semblar Me ne m'est donné dans Tintuition interne en tant
572 suprlÉMsinrs.
qae je me pense, il est impossible alors de déterminer par oetle simple conscience de moi-même mon modp^ d'existence, c'est-ià*dire si j'existe comme aubstancç.oti comme accident. Si donc le matérialisme est inutile pour expliquer mon mode d^existence, le BfAnUiûlisiim n'est pas moins insuffisant. D'où la conséquence que nous ne pouvons connaître d'aucune manière que ce soit la qualité de notre âme touchant la possibilité de sou existence prise isolément.
Et comment serait-il possible, en vertu de l'unité de la conscience, que nous ne connaissons d'ailleurs que par le besoin que nous en avons pour la possibilité de l'expérience, de sortir de l'expérience (de notre existence dans la vie), et d'étendre ainsi notre connaissance à la nature de tous les êtres pensants en général par la proposition empirique, mais indéterminée par rapport à toute espèce d'intuition : je pense?
La psychologie rationnelle n'existe donc pas comme doctrine^ en ce sens qu'elle ajoute quelque chose à la connaissance de nous-mêmes. Mais comme dtsctpUne, elle met dans le champ de la connaissance des bornes infranchissables à la raison spéculative, pour l'empêcher, d'une part, de se livrer au matérialisme pur, d'autre part, de se laisser entraîner à un spiri* tualisme sans fondement pour nous dans layie. Celte discipline nous avertit donc de donner cette incompétence de notre raison pour réponse satisfaisante à
SUWLÉMBNTS. &73
cesqaefltioDS Gurieuseà qui portefiV-fiur une sphère étrangère à celle de ia yie actuelle. C'est un signe en e£Fet par lequel elle nous engage à fuir dans la connaissance de nous-mêmes, touta $p(éculatîon inutile, et à nous appliquer à l'usage pratique toujours utile. Cette méthode, quoique exclusivement dirigée vers des objets d^expérience, prend cependant ses principes de plus haut et régie la conduite comme si notre destinée s'étendait infiniment au delà de Texpérience, et par conséquent au-delà de cette vie.
On voit par tout cela que la psychologie rationnelle tirç son i)rigiDe d'une simple confasipn. L'unité de la eonscience, qui sert de fondement aux catégories, est prise ici pptir l'intuition du sujet comme objet, efla catégorie de la substance y est appliquée. Mais cette unité n'est que celle de la pensée, par laquelle seule aucun objet n'est donné, à laquelle par conséquent la catégorie .de la substance, toujours supposée donnée par^ l'intuition, ne peut s'appliquer; par conséquent' ce sujet ne peut être connu. Le sujet des catégories, par le fait qu'il les pense, ne peut donc pas acquérir un concept de lui-même comme d'un objet des eatégories ; car, pour les penser, il doit mettre en; principe la conscience* pure de lui-même; ce qui Cependant devait être expliqué. De même, le sujet, dans lequel la représentation du temps a son principe originel, ne peut déterminer par là sa propre existence dans le temps; et si ce
574 suppLtnDcn. -
dernijMr fait n'^ttpas. possible par ks oatégoriep, il en est de même du premder, coAime ditenniBatioede soi-même (en tant qu'être pensant en général) (f ).
Voilà donc un6 coilnaiBsaû^ des plus intéressan* tes pour le genre humain qui se résout en nne^aine espérance lorsqu'elle est Cherchée au d^là des bornes de Texpérience possible, loniqu'elle est le fruit delà philosophie spôeuldtive. La critique, quoiquesévère.
(i) Leco^lfo est, comme on l'a déjà dit, iiae proposiUoii empirique, et comient la propositian/€aM0. Mais je ne puis pas dire: Tout ce qui pense existe; car alors te propriété de penser feiaîl de tous les êtres qui la possèdent des êtres nécessaires. Par conséquent mon exislenee ne peut non plus être conclue de la proposition Je peuse^ comme .Descart^es Ta cru (paroe qu'au^emeat la nu^xue^ tout ce qui pense existe, devrait précéder}, Wis mon existence est identique au cogùo. Cette proposition exprime une intuition empirique îndétenninée, e'est^Mire une perception (el> par conséquent démontre que déjk la, sensation, qui appartient à la sensibilité , sert de fondements cette proposition énonciative de Pexistence}; mais elle précède l'expérience, qui doit terminer Pobjetde la perception, par rapport au temps, au moyen des catégories. L'existence n'est donc plus ici une catégorie qui se rapporte, non à un objet indéterminément donné, mais & un objet dont on a un concept, et dont on veut savoir s'il existe ou n'existe pas aussi en dehors de ce concept. Une perception indéterminée ne signifie ici que quelque chose de réel qui est donné, quoique k la vérité pour la pensée en général, par conséquent pas comme phénomène ni comme cliose en soi (noumèae) , mais comme quelque chose' d'existant réellement, et qui dans la proposition fe pense ^esi désigné comme tel; car il esta remarquer que, si j*ai appelé la propositioi^Je jE)^nse une proposition empirique, je n!ai pas vonla dire par là qne \ej^ dans cette propo-
SUPPLÉMËIGnk 575
en ce qu'elle montre l'impossibilité de déeider dog*^ matiqoement quelque chose sur un objet de l'expé^ rience au delà des bornes de Fetpérienoe , rend néanmoins par là même un grand service à la raison, en la prémunissant contre toutes les asser«« tions possibles du contraire; service qui ne peut avoir lieu que de l'une de ces deux manières : soit en démontrant sa proposition apodictiquement, ou, si cela ne réussit pas^ en cbeiRpfaant les raisons de cette impuissance; raisons qui, si elles tiennent aux bornes nécessaires de notre intelligence, doivent alors sou-* mettre tout adversaire à la loi même de renoncer à toute prétention d'affirmer dogmatiquement.
Cependant le droit, et même la nécessité d'ad*mettre une vie à venir, n'est pas le moins du monde perdu, suiyant les principes de l'usage pratique de la*^raison, uni à l'usage spéculatif; car la preuve purement spéculative n'a jamais pu exercer aucune in* fluence sur la raison humaine. Elle est si bien fondée sur la pointe d'un cheveu, que l'école n'a pu l'y maintenir si longtemps qu'en la tournant sans cesse sur elle-même comme une toupie, et qu'elle n'y a jamais rien aperçu qui puisse servir de base à quoi
sition, soit une représentation empirique : c'est bien plutôt une représentation intellectuelle, parce qu'elle appartient à la pensée en général. Hais, sans une rept^ntatioa empiriqae, qui donne matière à la pensée, Vénale je pense n'aurait cependant pas lieu, etTempirique n'est que la condition de FapplicationoudePusagede la faculté intellectuelle pmre.
576 SQ^LtHBMTS.
que ce soit. Toutes les preuves qui sont à Tusage do monde, restent au contraire à cet égard dans leur force entière, et gagnent plutôt en clarté et en persuasion naturelles, à proportion qu'elles rejettent davantage toute prétention dogmatique, en plaçant la raison dans sa propre sphère, savoir, dans Vordre des fins, qui est en même temps l'ordre de la nature* Mais alors aussi la raison, comme faculté pratique en soi, sans être bornée ^Jâx conditions de la nature, est fondée à étendre Tordre des fins, et avec lui noire propre existence, au delà des bornes de Texpérience et de la vie. Suivant V analogie avec la nature des êtres vivants dans ce monde, au sujet desquels la raison doit nécessairement supposer qu'aucun organe, aucune faculté, aucun appétit n'est inutile, iodispen* sable ou disproportionné avec son usage, que rien par conséquent n'y est sans but, mais que tout au contraire est parfaitement conforme à leur destinée dans la vie; suivant cette analogie, l'homme, qui peut cependant renfermer à lui seul le but final de toutes ces choses, devrait être la seule créature qui fît exception; car les dons de sa nature, non pas seulement ceux qui tiennent aux talents pratiques et aux inclinations, mais ceux surtout qui regardent la loi morale en lui, sont tellement au-dessus des avantages quil en pourrait tirer dans cette vie, — • que cette loi enseigne à estimer avant tout la simple conscience de Thoiinète té des sentiments au préjudice de tous les biens.
SUPPLiMfiNTS. 577
même de cette ombre de vaine gloire qui doit passer à la postérité^ — et que l'homme se sent intérieuremeat appelé à devenir citoyen d'un meilleur monde dont il a Tidée, en agissant conformément à la raison dans cette vie, sans égard aux intérêts sensibles. Cet argument puissant, irrésistible, accompagné de la connaissance de la finalité, connaissance qui s'étend toujours davantage, à mesure que nous comprenons tout ce qui frappe nos sens, et que nous pénétrons plus avant dans l'immensité de la création; cet argument, accompagné par conséquent de la conscience d'une certaine illimitation dan^s l'extension possible de nos connaissances, jointe au penchant qui y correspond, resterait toujours, quand même nous devrions désespérer d'apercevoir, (iar la connaissance simplement théorique^ la durée nécessaire de notre existence.
Conclusion de ik solution du paralogisme psychologique.
L'apparence dialectique dans la psychologie rationnelle est fondée sur la confusion d'une idée de la raison (celle d'une pure intelligence) avec le concept parfoitement indéterminé d'un être pensant en général. Je me pense moi-même au moyen d'une expérience possible, tout en faisant encore abstraction de toute expérience réelle ; d'où je conclus que je puis avoir conscience de mon existence, même en dehors n. 37
578 suppLÉHBins.
de TexpérieDce et de ses conditions empiriques. Je confonds par oonséqoent Vabstraction possible de mon existence empiriquement déterminée avec la prétendue conscience d'une existence possible de moi-même pensant, considérée abstraitement (1), et je crois connaître en moi le substantiel comme le sujet transcendental, lorsque j'ai simplement en pensée l'unité de conscience, qui sert de fondement à tout acte de détermination comme simple forme de la connaissance.
La question du commerce de l'âme avec le corps n'appartient pas proprement à la psychologie dont il est ici question, psychologie qui a pour objet de démontrer la persoQfialité de l'âme, même hors de ce commerce (après la ,mort), et qui est par conséquent transcendante dans le sois propre du mot, quoiqu'elle s'occupe d'un objet de l'expérience, mais seulement en tant que cet objet cesse d'être soumis à Texpérience. Cependant on peut donner à cette question une réponse satisfaisante d'après notre doctrine. La difficulté que cette question a présentée consiste, comme on sait, dans la dissimilitùde supposée entre un objet du sens interne (de l'âme) et les objets des sens externes, puisque la première de oes choses n'a
(1) Folglich verwechsie icb die moegUche JbsiractUm Tomiieiiwr empirisch beslimmten ExisteDz mil dem vermenten BewusstseTn einer a6^eiofuferf moegifcben Existènz meines denkendeo Seibst, und, etc. T.
que le temps pourconditbn formelle de son intuition^ et que les seconds ont de plus l'espace. Si cependaat l'on fait attention que ces deux espèces d'objets ne diffèrent pas l'un de l'antre intrinsèquement, mais senlemeiit en tant que l'un semble extérieur à l'autre, et qiae par conséquent ce quisertdefondement au phénomène de la matière comme chose en soi pourraitbien- ni'ètre pas si différent, alors la difficulté dis** paratt,<el il n'en reste pas d'autre que celle-ci: cemment en général un commerce entre substances e8t-4) possiU^? question dont la solution est tout à faitèora du champ de la psychologie, et qui, comme. 1^ Testeur en jugera facilement par ce qui a été dit dfitm l'Analytique des capacités et des facultés, est
MiBlB aucun dotote hors du champ de toute connaissaiièé'hmnr&fne;
eSS^VATION GÉNÉRALE,
Gonceniani la transition de I&Paycl^logie ratlonelle à la Goemologie.
La proposition Je pense, oti j^existe pensant, est ufié pi'oposition empirique. Mais àne |)roposition de cette espèce a pour fondement une intuition empiriqoéj par conséquent aussi un objet pensé comme phénomèiie. D'où il semble que, d'après notre théorie^ *ftoie, même dans Tatete de la pensée, serait entière-
ment convertie eo un phénomène, et qae, de cette manièrei notre conscience mèmC} comme pare apparence, ne devrait aboutir à rien.
La pensée, prise en soi, n'est que la fonction logique, par conséquent la simple spontanéité de la liaison delà diversité d'une intuition purement possible, et ne présente d'aucune manière, comme phénomène, le sujet'de la conscience, uniquement par la raison qu'elle n'a aucun égard à l'espèce d'intuition, que cette intuition soit sensible ou intellectuelle. Je ne me représente de cette manière à' moi-même ni comme je suisy ni comme je m'apparais ; je ne me pense an contraire que comme tout objet en général, abstraction faite de l'espèce d'intuition de cet objet. Si je me représente ici comme stget des pensées, on même comme principe de la pensée, ces espèces de représentations ne désignent pas les catégories de la substance ou de la cause, car ces catégories sont des fonctions de la pensée (du jugement) déjà appliquées à notre intuition eensible, et dont j'aurais assurément besoin si je voulais me connaître. Mais si je ne veux avoir conscience de moi que comme être pensant, et si je ne m'occupe point comment mon propre [ moi ] Même est donné .en intuition, alors il pourrait bien n*être qu'un simple phénomène pour le moi qui penae, mais non en tant qu'il pense. Dans la conacienoe de moi-même, en tant que je pense purement et aimplement, je suis Vélre méme^ mais assurément rien
par-là de cet être ne m'est encore donné que je poisse penser.
Mais la proposition je pense, en tant qu'elle signifie yeœiste pensant , n'est pas simplement une fonction logique : elle détermine encore le sujet (qui est aussi en même temps objet) par rapport à l'exis^ tence, et ne peut avoir lieu sans le sens intime, dont l'intuition donne toujours l'objel, non comme chose en soi, mais simplement comme phénomène. Dans le sens intime n'est donc déjà plus la simple spontanéité de la pensée,' il y a de plus la réceptÎTité de l'intuition, c'est-à-dire ma pensée, la pensée de moimême, appliquée à l'intuition empirique du même sujet. Le Même pensant devait donc chercher dans cette intuition les conditions de l'usage de ses propres fonctions logiques dans les catégories de la substance, de la cause, etc. Et cela , non pas pour se dé* signer uniquement par le moi ; comme objet en soi mais aussi pour déterminer le mode de son existence, c'est-à-dire pour se connaître comme non mène. Mais la chose est impossible , puisque l'intuition empirique interne est sensible; elle ne fournit donc que des données du phénomène qui n'apportent rien à l'objet de la conscience pure pour la connaissance de son existence isolée, et ne peut simplement ser^ vir qu'à son expérience.
Mais à supposer que nous trouvions par la suite, non pas dans l'expérience, mais dans de certaines
582 SUPPLÉMBlfTS.
lois établies à priori (qui ne seraient pas des r^es purement logiques) de l'usage de la raison pure concernant notre existence, Toccasion de nous supposer absolument à priori par rapport à notre propre ea?t^ ience, comme réglant et déterminant même cette existence; on découvrirait alors une spontanéité qui servirait à déterminer notre réalité (1 ) , sans qu'on fût pour cela obligé de passer par les conditions de l'intuition empirique^ et nous verrions qu'il y a, dans la consciQucede notre existence àpnorî quelque cho8e(2) qui peut servir à déterminer cette existence (laquelle n'est absolument déterminable que d'une manière sensible), mais cependant relativement à une certaine faculté interne en rapport avec un monde intelligible (qui serait simplement conçu).
Néanmoins, cela ne favoriserait pas du tout les tentatives de la psychologie rationnelle. Car j'aurais, à la vérité, par cette faculté merveilleuse que la con-
(i) frirklichheU. T. ,
(2) Und hier wùrden uHr hine toerden, dau im BeumstUeffn unseres Daseyns a priori etwas enthalien sey^ etc.
Ce qui précède semblerait iadiquer que Va priori porte sur nue siaiiière de nous canceYoir, donnant des règles et même des déterminations à notre existence» manière qui serait prise, non pas de noire existence même à priori^ mais de certaines lois à priori de la raison, lois qui se manifestent dans la conscience. La grammaire ne s'opposie pas absolument à celte interprétation, car les mois qui suivent à priori, peuvent être regardés comme une locution adjective où VEiUKU disparaît devant la qualité d'être contenu, enikal^ tenseifn. T.
SUPPL^IENTS. 583
science de la toi morale seule me révèle, un principe purement intellectuel de la détermination de mon existence; mais par quels attributs? Uniquement par ceux qui doivent m'ètre donnés dans l'intuition sensible; en sorte que j'en serais toujours * au même point dans la psychologie rationnelle, c'est-à-dire que j'aurais toujours besoin d'intuitions sensibles pour donner une valeur à des concepts intellectuels de substance, de cause, etc., par lesquels seuls je puis avoir connaissance de moi-même. Mais ces intuitions ne pourront jamais me faire sortir du champ de l'expérience. Cependant, pour ce qui est de l'usage pratique de ces concepts, usage qui n'a jamais d'autre but que des objets de l'expérience, j'aurais le droit, en suivant l'analogie de l'usage théorique, d'appliquer ces concepts à la liberté et à son sujet. Je n'entends en effet par là que la fonction logique du sujet et du prédicat (i) du principe et de la conséquence, fonctions d'après lesquelles les actes, les faits sont déterminés isui vaut ces lois, de façon à pouvoir toujours être expliqués , ainsi que les Leis de la nature, d^apTès les catégories de substance et de causê/quoiqû'ils jiÈsuUent d'un principe tout différent. Cette observation n'a- d'autre but que de pré-
(i) Des Citions, fax exemple, celle de IfH. Rosenkranz et Schubert, ne mettent pas de virgule entre prédicat et principe. D'autres » T. g. -celle ^e lll Hartenstein , en mettent une. Nous avons suivi cette dernitire ponctuation. T.
584 suppLiniiis.
munir contre l'errear à laquelle la doctrine de l'intuition de nous-mêmes, comme phénoaiènes, est si facilement sujette. On aura par la suite occasion d'en faire usage.
(Page 490.)
Quelquefois je l'ai aussi appelé idéalisme formel^ pour le distinguer de l'idéalisme matériel, c'est-à-dire de l'idéalisme ordinaire, qui doute de l'existence des choses extérieures mêmes, ou les nie. Dans plusieurs cas, il paraît convenable de se servir plutôt de ces dernières expressions que des premières, pour éviter toute équivoquée.
(T. 1, p. 18 et 357.)
EpiGaAPBB T. 1 3S3
DiDicàci T. I i
Pabfags '• 3i4
[Piiwâc«l(a) '. 3
[TàBLi] 44
IvTRODUOTXOv. — - L Différence entre la connainanoe pore et la
(t) Celte table pennetfn de lire de évite la eeeende éditioD, toat eooiBe li bms rafloDireprodelte.
(S) Noos mettons entre croefaeis ce qui n'appartient qa'i la ieeonde éfitien. A Taide de cette précaution, U sera bcile de Toir de suite dans cette table g6nén)e tout ce qui a été retiancbé par Paaieor dans la seconde édltf on.
suppLÉmiT. 586
comnimance eaupiriqae 357