‹ La critique de la raison pure. Tome premier (volume 2)Chapitre 30 sur 37 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Architectonique de la. raison pare.

J!eiàtendB par ÂRcmxfiiQjoNiaus Tart des aystèmes; Gomme Tunité syetéitaaiiquQ est ce qui convertit la coan«iawa.6e Vulgaire: m science/ c'est-à-dire ce qui forx^ un syàtèmè d'un simpb a^éga.t di9 connais^ sanisosi Varoliiteetdiiique est .donc la théorie de ce qu'il y a de scientifique dans notre connaissance en

général ; elle appartint donc néceseaireœent à la méthodologib. 'j

NodoonnaissaDées en général né peuvent être^ soîis i'^npire de la raison^ dcis ràpsodiefa ; elleïi doivent au contraire fioamer^ un système, seule forme sous la^ quelle elles peuvent soutenir et faire avancer les fins essentiellee de là raison. Maie J'entends par -système Tuiiité des diverses conaaissanèès sous, une idée. Cette idée est le concept rationnel de la fcp^die^'un tout, en tant que retendue de la variété et la place respective des parties est déterminée à priori par ce

même oonoept. ' Le* concept rationnel scientifique contient donc la fin et la forme dn tout qui cadre avec lui. Il'unité dn but auquel se rapportent toutes les parties, en même, temps qu'elles se rapportent les unes aux autres dans l'idée de cette fin, rend diaque partie dépendante.de> la connaissance de toutes les autres, et il n'y a liea à aucune addition accideutelle, à aucune grandeur indéterminée de la perfection^ qui n'ait pas ses limites tracées à priori. Le tout est donc composé, articulé (artiçàlatio)^ et non entassé (coacervaiio); semblablQ au eorpsd'.un animal, dont Vaccroissement ne ■ lui- donne aucnn membre, mais qui, sans rien changer aux proportions,, rend chacun de ses membres plus fort et plus approprié kse» fins^ il peut croître par intussiisception (per inlùssusceplio^ nem), mais non. par. 3 uxtiL* position (per appositio--

nem).

L'idée a besoin d'un ^cA^me qui lui serve d'expression j* c'est-à-dire #d'une diversité et d'une ordonnance des parties déterminées à priori par le principe de la fin. Le schème qui n'est pas esquissé suivant une idée ou d'après une des fins capitales de la raison,.mais empiriquement où suivant des considérations qui se présentent, accidentellement (d&nt le nombre ne^ peut être su d'avance), donne une idée techn^UBj' mais celui qui ne résulte que d'une idée (où ia raison donne des fins à priori et ne les attend p$isempiriqgem!ent)| foncie une unité architectonique*

Ce qu'on appelle science ne peut se former té(!i^ui* quement, eu* égard à la ressemblance, du divers, ott à cause de l'emploi fortuit de la connaissance in coiicreto à toutes sortes de fins extérieures arbitraires j mais il peut se former architectoniqueoteni'^en par^ ^ tant du point dé vue de l'affinité etf de la dérivatichi d'une seule fin suprême et interne, qui seule rend 16 tout possible*». De plus, le scbènife de la science doit' contenir, en conséquence de l'idée,- 'c'est*à-âtre à priori, l'esquisse (monogramma) et la distribution du tout en ses parties, et doit être distiUj^ué avec* certitude et par principe de tous autres sebèil)^. ' > ^ Personne ne cherche^ établir une scienêè sans lui donner une idée pour fondement. Mais dans l'exécu-^ tion de cette science, le schème, et même la défini-*"* tion 'qu'on donne au commencement de la scjf^nce, répond très-rarement à l'idée qu'on s'en (ait ; car cette idée est dans la raison comme un germe dans lequel toutes les parties sont encore tfè^-enveloppées, très*cachées, et à peine reconnaissables à ^jn^pec^ tion microscopique. Les sciences, étant toutes conçues du point de vue d'un certain intérêt général, ne doivent donc pas être expliquas ni définies d'après la description que leur auteur en donne, mais suivant ridée que l'on trouve fondée dans la raison même en partant' de l'unité naturelle des parties que l'auteur a rassemblées. Car alors on trouve que l'au^ur, et souvent même ses derniers sect^^eurs , .se trompent à

S34 MÉnODOLOQIB

l'oceasion d'une idée qa'ib n'ont jm eax;«inteieB B*édaircir, œ qoi lésa empâdiés. de déterminer le emtean propre, rariicalatiefei (one unité aystématîqne) et les Itmitei de fat seience.

H est malheureux que os ne soit qu'après avoir iong^ temps rassemblé rapsodlquement^ suivant l'indîca* lion d'une idée cachée an fond de nôtre raison^ beau<^ coup de cônnaissanosB relatives à cette idée, connue autant de matériaux pour un édifice; que ce neseît mémequ'aprèslesavoirlongtenipsdisposéstechniquement, qu'il notu soit enfin dérenu possible d'aperee- Toir ridée sous un jour plus clair, et d^esquisser arcbitectoniqueinentnn tout d'après les fins de la raison. Les systèmes, semblables aux vers, formés d'abord imparfaitement . par une génération équivoque du simple concours des concepts réunis, parussent n'être parfaitement formés qu'avecle temps, quoiqu'ils aient tous leur schème, comme gerne primitif, dans la maison qui se 'développe d'elle-même. Cette dernière ciroonst^nce fait non^-seolement que chacun d'eux est en soi composé suivant une idée, mais encore que tous forment entre eux comme des membres d'un seul tout, conformément à une fin, un système unique

de la connaissance humaine, et permettent une architectonique de tout le savoir humain, qui, à présent que tant de matériaux sont' rassemblés ou peuvent être' tirés des ruines d'anciens édifices, nonseulement serait possible, mais ne serait pas même

TRARSGENINBNTALB. 535

trè^^ifficile. Nous noas contenterons ici d'achever notre œnvre, en esquissant simplement Varckitectonique de tonte connaissance par raiêon pure; et nous ne partirons que du point où la racine commune de notre faculté de connattrese partage en deux branches, dont Tune est la ramn. J'entends ici par raison toute la fticulté de connaître supérieure, et j'oppose par conséquent le rationnel à l'empirique.

Si je fiais abstraction de toute matière de la con«naissance, considérée objectivement, toute connaissance est alors subjectivement ou historique ou rationnelle. La connaissance historique est cognitio eœ datis; la connaissance rationnelle est cognitio eooprin' cipHs. Une connaissance; quelle qu'en puissç être rorigine, e^ encore historique dans celai qui la possède, s'il n'en connaît que ce qui lui a été transmis d'ailleurs, que du reste il uit appris soit par expérience immédiate, soit en entendant raconter,- 8oit par éducation (des connaissances générales). Ge» lui-ià donc qui, à parler proprement, a appris un système de philosophie, par exemple celui de Wolf, eût-il dans la tète toutes les propositions, définitions et preuves, en même temps que la division de toute la doctrine, et pût-il, comme on dit, tout compter sur sesdoigts; celui-là n'a cependant qu'une connais^ sance historique parfaite de la phiiosophie de Wolf ; il ne sait et ne juge qu'autant qu'il lui a été donné. Contestez-lui une définition , il ne sait où il doit en

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prendre une autre. Il s^est formé sur une raison étrangèrîe, mais la faculté cultivée n'est pas celle de l'invention ; c'est-à-dire que la connaissance ne résnlte pas en lui de la raison, et quoiqu'elle soit objectivement une connaissance rationnelle, subjectivement néanmoins elle est purement historique. U a bien compris et bien retenu, c'est-à-dire bien appris; et il est la statue de plâtre d'un homme vivant. Les connaissances rationnelles qui le sont objectivement (c'est-à-dire qui ne peuvent résulter primitivement de la raison propre de l'homme) n'en méritent donc le nom, même subjectivement, qu'autant qu'elles ont été puisées aux sources générales de la raison, d'où la critique, et même le rejet de ce qu'^n a appris peut aussi dériver; c'est-à-dire qu'elles doivent résulter de principes.

Maintenant, toute connaissance rationnelle se forme ou de concepts, ou de la construction des concepts; la première s'appelle philosophique, la seconde mathématique. J'ai déjà parlé de leur différem» intrinslquedans le premier chapitre. Une connaissance peut donc être objectivement philosophique et cependant subjectivement historique, comme dans la plupart des écoliers, dans tous ceux qui ne vont pas plus loin que l'école et qui restent écoliers toute leur vie. Mais une chose remarquable cependant, c'est que la connaissance mathématique, de quelque manière qu'on ait appris, peut néanmoins valoir, même sob-

TRANBGBHMtNXALB* 537

jectivement, comme connaissance rationnelle, et qu'il n'y a pas lieu de faire en mathématiques la distinction que nous avons établie pour la philosophie. La raison en est que les sources de la connaissance, auxquelles seules le maître peut puiser, ne se trouvent nulle part ailleurs que dans les principes essentiels et vrais de la raison, et ne peuvent par conséquent non plus être pris nulle part ailleurs par Técolier lui-même *, qu'ils ne peuvent être contestés^ parce que Tusage de la raison a lieu ici in cancreto, quoique cependant à prton, savoir dans l'intuition pure, et se trouvent par cela même affranchis de l'illusion et

de l'erreur. De toutes les sciences rationnelles (à priort)y il n'y a donc que les mathématiques qui soient susceptibles d'être apprises; mais jamais la philosophie (à moins que ce ne soit historiquement); en matière de raison, on ne peut tout au plus qu'apprendre à philosopher.

Le système de toute connaissance philosophique est donc la philosophie. Il faut admettre la philosophie objectivement, si l'on entend par là l'archétype du jugement critique de toutes les tentatives philosophiques, archétype qui doit servir à juger toute philosophie subjective, dont Tédifice est souvent si diyerset si muable. Là philosophie n'est donc qu'une simple idée d'une scienoe possible, qui n'est donnée nulle ^art in eoncreio^ mais de laquelle on cherche à s'approcher par difSérentes voies, jusqu'à ce que'Iai

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véritable route, obstruée par la aenaifatlité, soit couverte, et que l'eetype, iDan([ué jusqu'ici, puisse être enfin assimilé au prototype, autant qu'il .est possible. Ittsque«-Ià , on ne peut apprendre* aucune philosophie; car où«st-eUeT qui la poBsède?*et à quel caractère la. reconnattnB't On peut sealemànt apprendre i philosopher, c'estr-à-direeiibréer lofaient de la Tttîsonà rechercher eee priaeipes généraux dans certaines questions qui se présentqnt; mais ce* pendant toujours avec la réserve du droit de la raison d'euminer , dé confirmer ou de rejeter ces principes, même dans leurs soureesr

Maisjusque^àleconcepldelaphilosopkien'esCqu'un concept scolastiqùe^ oelui d'un système de la connaissance qui estchercdiée Bimpletnentcommescience, sans* que l'on se propose rien de plu^que l'unité systëmsr tique de cette science, par conséquent sans avoir ea vue la perfection logique de la connaissance. Hais il y a encore un concept comdque {cancqptuscosmieas) qui a toujours servi de fondement à eette dénomniatiott, I»*incipalement'Ioi!8qa'on le personnifiait en qaelque âOrte, et qu'on se le représentait comme un prototype dans Tidâil du philosophe^ A tet égard la j^Hompkie est la science du rapport de toute coanaissaoce au but essentiel de la raison huaiaine.(feieaiojrûi r§tiams humc^nœ), et le philosophe n'e«t pas un ariisleau matière de raison, mais un législateur de latAison humaine. En ce sens il serait par trop orgueîlfanix

TRAmCËNDBlVrALB. 539

de s'appeler soi-même philoeophe^ et d^aroir la pré^ tention d'égaler le prototype, qui n'est que dans l'i*' dée. ■ . ''• ■" ''' " '

Le mathématicien, le physieieti 9 le' logicien' ditt sont cependatit que des aKistee en tnatiërede râisàit, quelque brillants^ succès que \^ premier puisse avoir dans la connaissance rationnelle en général^ et les seconds particulièrement dans la connaissance phl*^ losophique. Il y a cependant un maître en idéal, qui forme tous ceux-ci, s'en sert comme d'instruments pour procurer les fins essentidies de la raison humaine. Celui-I^seti/ mériterait le nom de philosophe. Gependant comme il ne se rencontre nulle part, et que l'idée de sa législation se trouve partout dans toute raison humaine, nous ne nous attacherons qu'à nette idée, et nous déterminerons plus approximati-^ yement ce que la philosophie presdrit suivant ce concept cosmique (1) relativement à l'unité systématique prise du point de vue des fins.

Les fins essentielles ne sont pas pour cela les -fins les plus élevées, dont une seule (dans la parfaite unité systématique de la raison) est possible. Elles sont par conséquent ou la dernière fin, ou des fins subal*ternes qui appartiennent nécessairement à la pre-

(i) Le concept cotmiqu^e&i ici celai qui concerne ce qui inté* resse nécessairement chacun; je dét^^rmine donc le 6tttif une sçieiice d'après des concepts tcoUutiquet, lorsque je nt la considère que comme une des aptitudes pour certaines fins arbitraires.

540 MimODOLOGIB

mière comme moyens. Lt première n'est donc qaela destination totale de fhomme, et la philosophie qui la concértfe s^appelle morale. À cause de cette préémineûée de la philosophie morale sur toute autre investigation de la raison ,\0h entendait toujours par le mot pl^ilosophe) chez les anciens, en même temps et principatement le moraliste. Et même l'apparence extérieure de la.domïbation de soi-même par la raison fait que Ton appelle encore maintenaat philosophe, suivant nue certaine analogie avec cette acception des anciens, chacun dans .la sphère res» treinte de son savoir. ^^

La législation de la raison humaine (la philosophie) a donc deux objets, la nature et la liberté, et renferme par conséquent la loi physique et la loi morale, d*abord dans deax systèmes parUcuUers, mais ensuite dans un seul et unique système philosophique. La philosophie de la nature comprend toot ce qui est; celle des mœurs ce qui doit être.

Mais toute philosophie est ou connaissance par raison pure, ou connaissance rationnelle par principes empiriques. La première s'appelle philosophie pure, laseconde philosophie empirique.

Haititenant la philosophie de la raison pure est oa Propédeutiqucy laquelle examine la faculté de la raison par rapport à toute connaissance à priori et s'appelle Critique; — ou le système de la raison pure (la science), c'est-*à-dire toute la connaissance philoso-

'TRANSGSlf DENTALE. 541

phique (tant vraie qu'apparente) par raison' pure^ dans un contexte systématiqUe^et s'appelle Stétaph^' sique. Ce nom peot œpeindant s'appliquer aussi à toute la philosophie pu i^e, y compris Ja critique, dé manière à comprendre par là, et r investigation de topt ce qui peut être cenhu jamais àpriaii, et Texpo* Bitieq de ce cpfi copstitué tan système de conpaissances philosophiques pures de eé.tfe espèce, etqui diffîre soit de l'usage empirique^ soit de l'y ^^e mathémar» tique. de la raison. ' . ..^

La métaphysique se divise en métapïtysique de l'ûsage^pëcuia^'/'eten ni^tapbysiquede l'uBageproti^uede iaraisonpure; elle estpar conséquent : oumélaphydque de la nature^ o\î métçiphysîque des mœurs. La première coittiCfnt tous les priitcipes purs de la r^^ison par sim* pies concepts (par conséquent les mathématiques e^iQclttes) de la connaissance théorétique de toutes eboses;" celle-^i contient les principe§f qui détermineiÉt et rendent nrécessàlres à priori le faire et l'o-^ mettre é Or /la mû2;à1ité est la .seule légalité des actions qui pttissé être parfaitement dérivée à priori de principes. La' n^étaphysique ^èsv mœurs est doQC proprement, la morale pure, dans laquelle aucune anthropologie {aucune condition empirique) n'est posée en principe. La métaphysique Se la raison spéculative est/donc ce qu'on a coutume d'appeler métaphysique dans \esens propre. Itfais en tant néan* moins que la morale pure appartient également à la

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Imache 4e UtCptmaûaa&fo &i»itiiie et même phi- J^ophihi!i^ifM|«râi80Q pwe^ noue lui eoQBerveroae la |>reaiière LdQOOmiDatkm, qujMqae noue rometiione iti^eomKrie n'appartanaiiV pas à notre objM actuel. . Il est de la plus giaudè importance d'ûo far des ooa* aaiaaanfiea.qtiidifi&r^4'dxitfreBK9onnai88aiiceB9 quant jbleur genre et h teur origine^ et de &ire grandemoat atttetion qu'eUerne ae eonibodent point avec d'an* tves fuxquelles elleè^ sont oixlinairement rattachées dans Tusage. Ce que fait le chimiste dans la sëparatÎDU des s^atièn»^ le mathéthaticien dans les mathéinati^ues pujres/à plusiforttaniçon le philosophe doit le^&ii^afia de pouvoir déterminer BÛremeat la part de- chaque espèce, ^de eoBoàisaincei à Tusage vagalmo4 de l'exiteadeioe&t, sa yàleur propre et son inlUiiepce» La raison humaine , depuis qu'elle a cornmenoé à pei\âer>.ote plutÂta réfléchir, n'a donc jamais pu se passer d'une imétaphysiqci.e9 mais eHe n'a cependant pas pu l'expôeer assez para de toute matière étiÀngàre. L'idée de eeOtte.s^hce est tout )U4td aus^i ancienne que la raison humaine spéculative; et queUe'raison ne spécule pas, soit à la man^rei scolss^que^i soit à la manière populaire? Il but ppueii.ofpendMitique k distinction des deux élén^ents de notre connaissance , dont.l'un est mmolre puissance^ tout à £ait à priorij et dont l'autre ne peut être pris qu'à po^fmon^de Texpérienoe, est toujours restée très-obscure, même pour les penseurs

tKAmoBXMmêMi. 548

de profesdion, et qike plur con8é<{iieiit jainaÎB Ja dé* tennination des borées d'ime espèce particulière de connaissances, par conséquent non plus la ^éritaUe idée d'une science qui a si longtemps et si fort occupé la raison huoiaine, n'a pu être établie. Quand on di* sait que la métaphysique est la science des premiers principes de la connaôssance humaine, oli n'indiquait pas par U une espèce toute particulière» mais seu* lement nh rang par impport ^ la généralité; elle ne pouvait donc être ainsi distinguée nettement de l'empirisme i car, dans les principes empiriques mômes, certaines connaissances sont plus générales , et par conséquent plus élevées que d'autres. Mais dans la série d!une telle subordinatiOif (où l'on ne distingue pas ce qui est connu pàr&itomént à priori de ce *^i n'est conira' qu'à po^terîon), où tracer la ligne de démarcation qui:distiDgue la première partie de la dernière j etleBanembres8uj[)éiHiekirsde8 membres inCârieurs et subordonnés? Que diraiiron si la chronologie ne pouvait indiquer les époques du monde, qt^en les divisant en premiers siècles et en siècles suimntsS Et s'il est permis de demander si le cinquième et Je dixième siècle font < aussi partie des preobiers, je déniande de m^Cisi le concept d'étendue appartient à la métaphysique 7 Oui, réjpondez-vous ! Eh quoi, œluvdeeorpe aussi ? — Oui! — Et celui de corpsfluide? Vous êtes étonné; car si cela continue tout appartiendra à la 'métaphysique. D'où l'on voit qud

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le simple degré de rabordiomlipa (le particulier sousk général) ne peut détermiiiei'leB bomeBd'aDeacienoey et qu'il n'y a dans notre cas que Tentière dissimilitade et la dififérenoe absolue d'origine qui le puisse, liais ce qni« .d'un autre côté,' obeeurcissait encore ridée foudainentale de la métaphysiguci c'étallqu'elle a , comine oannaissanoe à .priori j une certaine ressemblance avec les mathématiques, ressemblance qui rend bien les deux sciences parentes, quant à l'origine â priori; mais le mode de coAnaîssance de la première a lieu par epneeptsi, tandis que le mode de jager à priori dans celle-ci a lieu par la construction des concepts ; ce qui donne la différence d'une connaissance philosophique d'avec une connaissance mathématique. La différence est si manifeste qu'on l'a toujours sentie, sans avoir jamais pu la signaler par des critères évidents. H est arrivé de ce défaut de distinction que des philosophes ayant erré dans le développement même de l'idée de leur science, leur travail n'a pu avoir aucun but déterminé, aucune règle, certaine; et qu'avec un plan si arbitrairement tracé, ignorant la voie qu'ils avaient i prendre, et toujours en désaccord sur les découvertes que chacun d'eux pensait avoir faites sur sa route, ils ont d'abord rendu leur science méprisable aux yeux des autres, et ont fini par la vouer eux*mêmes au mépris.

Toute connaissance pure à priori , en vertu de la faculté particulière de connaître dans laquelle seule

TRANSGBNDBNTALE. 545

seule cette connaissance peut avoir son siège, constitue donc une unité particulière, et la métaphysique est la philoeophie qui doit donner à cette connaissance cette unité systématique. La partie spéculative de cette science qui s'est particulièrement approprié ce nom , celle que nous appelons métaphysique de la nature y et qui considère tout par ceiicepts à priori^ en tant qu'il est (et non ceqai doit être), se divise de la manière suivante.

La métapby9i<(ve, entendue dana le sens étroit, comprend la Philosophie transcendentale et la PAy* siologie de la raison pure. La première ne considère que YentendemerUet la raison même, comme formant un système de tous les concepts et de tous les principes qui se rapportent aux objets en général, sans cependant admettve des choses qui seraiefU données {OfUologia); la deuxième considère la nature^ c'està-dire l'ensemble des objets donnés (qu'ils soient données aux sens, ou, si l'on veut, à une autre espèce d'intuition), et forme par conséquent la Physiologie (quoique seulement rationnelle). Maintenant, l'usage de la raisoo, dans cette contemplation rationnelle de la nature, est ou physique ou hypc|r|[)kysique; ou mieux enoore;\tffimatien^ ou transcendant. Le premier a pourobjet la nature, en tantquesaconnaissancepeut être appliquée dans l'expérience (m concreto); le i second s'occupe de cette union des objets de l'expé* rience, qui dépasse toute expérience. Cette pbysiolo^ n. 35

iM6 . MÉflBOSOlJOOlS

gie tranàùendùnte a par conséquent pour objet, oa une liaison interne, ou une liaison ea^eme^ mais qui toutes deux dépassent rex{>érience possible; k première est la physiologie de toutd la nature, c^.est^-dire la Coimokigie inËnseendenlûlei la second^» est la'physiologie de l'enchaiBemeBt dp. toute la qature des^ikoees avec un être auntessus de la nature, 0"^!- à-dire la Théùlogie trauBcendent^le^' > -^

La physiologie immanente^au coptrairei eonsidère la nature cofluraie FeMemble de ^otifi-. ie^ objets des sens, par conséquent telle qu'elle nous est donnée, mais seulement soiTant 'des conditions â priori j sous lesquelles . elle peut nous être doDmée en général. Mais ces objets soiitteuiement de deuxespèees: 4*eeux des sens extérieurs^ paç ' conséquent leur ensemble, la na/tÊoreetïrporellef^fi celui en sens intime, Vàme, et, suivant ses Concepts «fondamentaux , en gâeiéral , la nature pensante^' Latnétiqphysiquté'de la nature cocpordile Vappelle FhffiiqWé liais, comme elle ne doi4 re^Mmuer qu«i fm prinelpee dei la^ opnnaissaDce djwion.deeettB nakuroi elles^ppellepAyitçue rntionrneUe j iia>3nétaphjfptqile<de ' Isi > nature pensante- s'appe^elJf8y9Abfo9^(ktvpilr|liBtmème miM que tout à Theurq, itnds'^iigTtioi quedela Fsycholoffie ration-

n0Uf*>' t\ ■ :, •' ;-M- : ■ '.l »

Tout le système da la métaphysique se ^compose dope deiquatre parties prineipaless i^VOniolos^^ ^ là PiychùiiiiisTaiioTindé&^^Qf^'\a^€i99^ ratim--

lé

TRAKSGBKDBNTALE. 547

nette; V ]& Théologie rationneilè. J!iii/8éodnde partici^ savoir, la Physique de la raison pore, oeotient deux parties; la Physique rationnelle (1) et la Psychologie rationnelle.

L'idée fondamentale d'une philoBopbie de la raison pure prescrit même Dette diviéiôn, division qui est par conséquent af^hiiect'ùmqne'(cotï(bi^mémbïii Mx fin^ essmtielles de la ràlsoii), et non simplement technique (suivant des affinités perçues fortuitement) et établie en quelque sorte comme par hasard). Mais elle est aussi, par la même raison immuable etlégis^ lative. Il y a cependant quelques points qui pour^ raient exciter le doute et infirmer U cdnviction de s«l légitimité. - f '

Gomment d'abord puis-je atteondre deel objets une coùunmsLàw.d' pHori^ par conséquent une Métaphy-^^ diqué, en tatit que les objets sont donnés à nossens^

ti) Il ne fattt'pas èrbire que'j'entendè par Ikce qâé Von appeHé phy^^egéftéralf^i^^^i^si pltHAl mtbémiatiiffite que {Ailopopbie de la nature; car la métaphysique de la natpre se distingue tr^-nettement des mathématiques, et ne peut pas présenter des aperçus qui éiendeQt aussi loin nos eonbaiseBanbeB que ceux, fournis par celta derfiière science ; mais elle est ^pendant itr^importa^te jffor rap-, port à Tapplication de Ja.critique dé la connaissance intellectuelle pufé'en général k la nàttire. À défaut cfe cette métaphy^qnë, les ix^(Jb^mAM!QieB6>jBiéine&^ea s'attaehaot .à dertaina comosplbB rulgai^ res, giais cependant métaphysiques en n^ali^^ ,o^t insàisi^l^men^ surchargé la physique d^hypothèses qnî s'évanbuisseni par la critique de ées prinoipës^ skisquet {ia^1àicë^ell(&nta^o]à poM là moindre atteinte h Tusage des mathématiques d^iw ce ebas\P; (usage qui est tout k fait indispensable).

548 MfiTHODOLOGIB

par con8éi^uept.âi>osterû>rt7 Et comment est-il po&-

sible de connaitce la nature des choses suivant des principes â priori, et d'arriver à une Pkysiobgie rationnelle? La réponse est que nous ne prenons de l'expérience que ce qui est nécessaire pour nous donner un objet, en partie ^u sens externe, en partie du sens interne. Du. sens externe, par le simple concept de matière (rétendue inanimée, impénétrable); du sens interne, par le concept d'un être pensant (dans la représentation empirique interne : je pente). Km reste, dans toute la métaphysique de ces objets, nous devrions nous abstenir totalement de tous principes empiriques qui pourraient ajouter au concept une expérience quelconque, pour de là porter un certain jugement sur ces ojijets.

Ensuite, où y aura*-t-il lieu à la Psycholo^pt eow pirique, qui a toujours eu sa place dans la Métaphysique etdaDt on a de nos jours attendu de si grandes choses pour l'éclaircissement de cette science, après avoir perdu l'etfoir de rien &ire de bon à priori? Je réponds qu'elle prendra sa place où la physique proprement dite (empirique) doit avoir la sienne, savoir, do côté de la philosophie appliquée, dont la philosophie purecontientles principes a jmon, laquelle par conséquent doit être unie à la précédente,-mai8 non confondue avec elle. La Psychologie empirique doit donc être bannie de la Métaphysique, dont elle est déjà exclue par son idée même. Néanmoins, on peut en-

TAANSGENDENTALB. 549

oore lui laisser là une place (quoique seulement comme épisode) pour se conformer à Tusage des écoles, et même par motif d'économie, attendu qu'elle n'est pas encore assez riche pour constituer à elle seule l'objet d'une étude, et qu'elle est cependant trop importante pour qu'on doive l'exclure complu tement ou la rattacher à quelque autre partie avec laquelle elle aurait moins d'affinité qu'avec la Métaphysique. Elle n'est ddnd admise depuis si longtemps dans cette partie de la science qu'à titre d'étrangère ; sa place n'y est que temporaire, en attendant qu'elle puisse établir son domicile propre dans une vaste anthropologie (le pendant de la physique empirique).

Telle est donc l'idée générale de la métaphysique; de

cette science qui, parce qu'on lui a d'abord demandé

plus qu'on ne peut raisonnablement en attendre, et parce qu'on s'est longtemps bercé des plus belles espérances , est enfin tombé dans une déconsidération générale lorsqu'on s'est vu trompé dans'son attente. On s'apercevra facilement par toute cette critique que, bien que la métaphysique ne puisse pas servir de fondement à la religion, elle en sera toujours comme le rempart; et que la raison humaine, déjà dialectique par la tendance de sa nature, ne pourra jamais se passer de cette science, qui lui met un frein, et qui, par la connaissance scientifique et pleinement évidente de soi-même , prévient les maux dont une

550 idl«9MK.0«m . .

rakon spéoi&U^iFei^vée da loi aSU^faii ^sand attcon doate la movale et iU.reMgio9« (>d peut ^oàeètm sûr que, (fuelqod dédaigneux et contemptears que puissent ètra ceux qui oot« appris à jugier une science, non d'â^>rès o^tte nature, mais seulenieat par ses effats accideDtek , on revieadra toujours à elle eomoie à une amie avec laquelle oo était brouillé, parce qu'il est dans la natui^e de la raison, dont les fins e^seur tielles font la matière' de la métaphysique, de travailler infatigablement, soit à l'acquisition de vues fendamefitale^,. m\ au renversement de bonnes vues déjà acquises. . ' .

Par conséqutot, la roétaphysiqvey «t^njL celle de la nature que celle des mœurs, surtout la critique de la raison se hasardant Sur ses propres ailes, (Jritiquequi précède comiM eiûperciçe prétiminaire (pr^pédeutique), constituant prop^eti^fint à elles seules ce qne nous pouvons appeler philosophie dans le sens véritable. Cette philosopha rapporte tout à la a^esae, mais par la voie des sciences , la, seule qui, juae fojb^^ frayéje, ne se referme jatnais, et.ne permet*a^eune erreur. Les mathématique^! la .physique , même la connaissance eDjipirique de l'homme, ^Qut'd'uç très-grand pri^ craoïme pQoyep ,d'aft|eindre en ;grande, partie les fins accidentelles , et par suite, cependant, les fins nécessaires et essentielles de l'humanité ; mais sen* lement; alors par Tentripmise d'une connaissance rationnelle par simples -concepts, connaissance qui.

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quelque» iQQixliqu'OD. lui dpune, n'est propreme^jqp^e dd^la pi^juphysîqufe. :. ..

< jLa DPlétafkbjèJiqua. est donc aussi 4&:èoinpléiBe&t de tou>te; c^w\^ de • la; raiaoni hdtaoaiae, culture indispen* s^ble^'Cb&traQliou faite, raénte^dè son- iBflueuce Mmme sc}«iii^e^4ur«eeurtâine8 fifflB détermiums ; car lamétaphysique coosidère la^taison suivant seséléments et ses. maximéft suprêmes, qui dpi vent «ervir de fonde^ meTiiAilB,,possibilité même de ôevtaines sciences, et à Vjuéage de toutep^ Oe ce qu'elle Sert plus, comme simple spéeulation^ k garantir dès erreqrs qu'à étendre la^connaîaaanee^ cela n'ôte rien à Bon prix : ce ca-* raofète iui .dQone au contraire beaucoup d'importance. eÉ.d'autoîtifé parle ceinsore qui maintient 'l'ordre .généi«ljet . la. : ôeoicorde , et même le salut de la république ! des. leftteesi tel qui empêche des travaux courageux et utiles de se liétoiirnér de: la* fin principale, le bonheur public^

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