REMARQUES SUR LA PREMIÈRE ANTINOMIE
10 Sur la thèse.
Dans cette argumentation contradictoire, je n'ai pas cherché Tillusion, pour faire, comme on dit, une pr^ve d'avocat, par laquelle on tourne à son profit l'imprudence de son adversaire en faisant volontiers valoir son appel à une lot mal interprétée, afin de pouvoir édifier ensuite des prétentions injustes par la réfutation qu'on se propose de faire de cette interprétation ; ces deux preuves sont tirées de la nature des choses, sans songer à l'avantage que nous pouvions tirer des paralogismes opposés des dogmatiques.
J'aurais également pu prouver en apparence la thèse, en avançant k la manière des dogmatiques un concept vicieux sur l'infinité d'une quantité donnée. Une quantité infinie est celle au-dessus de laquelle il n'en peut exister de plus grande (c*est-à*dire qui dépasse d'une unité la multiplicité contenue dans la première). Or, aucune multiplicité n'est la plus grande possible, parce qu'on peut toujours y ajouter une ou plusieurs unités. Une quantité infinie donnoe, jxir conséquent encore un monde infini, tant par rapport à la série passée qu'à l'étendue, est donc i m [possible. Il est donc borné dans les deux sens. J'aurais pu, je le répète, argumenter de la sorte; mais le concept d'une quantité donnée ne convient point à ce que Ion entend par un tout infini; on ne dit pas par là quelle est la grandeur du tout.
Le monde n'est donc point limité quant à l'espace; c'est-àdire qu'il est infini en étendue (i).