‹ La critique de la raison pure. Tome premier (volume 2)Chapitre 9 sur 37 · DEUXIÈME OPPOSITION DES IDÉES TRANSCÉEIDENTALES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OPPOSITION DES IDÉES TRANSCÉEIDENTALES

THÈSE

Toute substance composée dans le monde Test aussi de parties simples, et partout il a'existe rien que de simple ou qui ne soit composé du simple.

PEEUVE.

En effet, si l'on suppose que les substances composées ne le sont pas de parties simples, alors toute composition disparaiï>sant dans l'esprit, aucune partie composée, et même (puisqu'il n'y a pas de parties simples) aucune partie simple, par conséquent absolument rien, ne resterait. Aucune snb* stance, par conséquent encore, ne serait donnée. Ou bien, donc il est impossible que tout composé disparaisse par la pensée; ou bien, cette composition une fois anéantie par la pensée, quelque cbose subsiste encore sans composition, c'est-à-dire

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commencement (une existence que précède iin temps de non-ècre), une existence en général qui ne suppose aucune autre condition dans le monde ; au lieu des bornes de Tétendue, des limites de l'univers, — et à sortir ainsi du temps et de l'espace. Mais il n'est ici question que du mundus phœnome^ twn et de sa grandeur, dans lequel on ne peut absolument pas £aire abstraction de ces conditions de la sensibilité, sans faire disparaître l'essence de ce monde. Le monde sensible, s'il est borné, est nécessairement dans le vide infini ; négliget-on cette circonstance , et par conséquent fait* on abstraction de l'espace en général comme condition à priori de la possibilité des phénomènes, alors tout le monde sensible dispârait. Dans notre question, ce monde est cependant seul donné. Le mitndus hUelligibilis n'est que le concept général d'un monde en général, concept dans lequel on fait abstraction de toute condition de l'intuition dé ce monde, et par rapport auquel concept encore aucune proposition synthétique affirmative ou négative n'est par conséquent possible.

DEUXIÈU OPPOSniON DES IDÉES TRAHSCENDENTALES.

ANTITHÈSE

Aucune chose composée dans le monde ne Test de parties simples, et naUepart il n'existe rien de simple.

PRSUVE.

Supposons d'abord qu'une chose composée (comme substance) le soit de parties simples. Gomme tout rapport extérieur, par conséquent aussi toute composition de substances n'est possible que dans l'espace, il s'ensuit que le nombre des parties du composé est égal au nombre des parties de l'espace qu'il occupe. Or, l'espace ne se compose pa« de parties simples, mais d'espaces; par conséquent chaque partie d'un composé doit occuper uû espace. Mais les parties absolument premières d'un composé sont simples, par conséquent le simple

quelque chose de simple. Mais, dans le premier cas, le composé ne se formerait pas de substances (parce que la composition n*esr, dans ces substances, qu'une relation accidentelle des substances , relation sans laquelle elles devraient exister, comme des êtres subsistant par eux mêmes). Or, comme ce cas contredit la supposition, reste donc le dernier, à savoir, que le composé substantiel dans le monde se forme de parties simples.

D'où il suit immédiatement que toutes les choses du monde sont des êtres simples ; que la composition n*est que leur état extérieur, et que, bien que nous puissions isoler ces substances élémentaires et les soustraire à cet état d'union, cependant la raison doit les concevoir comme les premiers sujets de toute composition, et, par conséquent, comme des êtres simples avant la composition.

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occupe un espace. Or, puisque tout réel qui occupe un espace comprend en lui une diversité dont les éléments sont en dehors les uns des autres, il est donc composé;' et même, en tant que composé réel, il ne se compose pas d'accidents (car ils ne peuvent être extérieurs entre eux sans substances), mais bien de substances. Le simple serait donc alors un composé substantiel; ce qui est contradictoire.

La seconde proposition de l'antithèse, Dans le monde il n'existe rien de simple, doit s'entendre ici en ce sens seulement, que l'existence de l'absolument simple ne peut être prouvée par aucune expérience ou perception ni externe ni interne , mais que ce n'est qu'une pure idée,dont la réalité objective ne peut jamais être présentée dans une expérience possible, par conséquent dans l'exposition des phénomènes, sans application et sans objet. Gar^ si nous voulons supposer qu'il puisse y avoir pour cette idée transcendentale un objet de l'expérience, l'intuition empirique d'un objet pareil devrait donc alors être comme une intuition qui ne renfermerait absolument aucune diversité, et dont les parties extérieures les unes aux autres seraient réduites à l'unité. Or, comme on ne peut pas conclure de la non-conscience d\ine telle diversité à son impossibilité absolue dans l'intuition d'un objet, et comme cette conclusion est cependant nécessaire pour pouvoir affirmer la simplicité absolue, il suit que cette simplicité ne peut étrç concTùe d'aucune observation, quelle qu'elle soit. Puis donc que quelque chose ne peut jamais être donné comme un objet absolument simple dans une expérience pos- 'sible, mais que le monde sensible doit être considéré comme 1 ensemble de toutes les expériences possibles^ rien de simple n'est donc donné en lui.

Cette seconde proposition de l'antithèse va beaucoup plus loin que la première ; celle-ci ne bannit le simple que de l'intuition du composé, celle»là l'exclut de toute la> nature. C'est pourquoi elle n'a pu être démontrée par l'idée d'un objet donné de l'intuition extérieure (du composé), mais par son rapport à une expérience possible en général.

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