REMARQUES SUR LA DEUXIÈME ANTINOMIE
10 Sur la thèse.
Quand je parle d'un tout qui se compose nécessairement de parties simples, j^entends seulement un tout substantiel, comme le composé propre, c'est-à-dire Tunité accidentelle de la diversité, laquelle diversité donnée isolément (au moins en pensée), est constituée en liaison mutuelle, et forme ainsi une chose unique. A proprement parler, on ne doit donc pas dire que Fespace est un composé, c'est un tout ; ses parties ne sontpossiblesque dans Ietout,et non le tout par les parties. Ea tout cas, il ne pourrait être appelé qu^un composé Béaly mais non on composé réel. Cependant ce n'est là qu'une subtilité. Puisque Tespâcen^est point un composé de substances (ni même d'accidents réels), si l'on supprime en lui toute composition, il ne doit rien rester, pas même le point; car le point n'est possible que comme limite d'un espace (par conséquent d'un composé). L'espace et le temps ne se composent donc pas de parties simples. Gequi n'appartient qu'à l'état d'une substance, quoiqu'il ait une grandeur ou quantité (par exemple, le changement), ne se compose pas du simple^ c'est-à-dire qu'un certain degré de changement n'a pas lieu par une addition de beaucoup de changements simples. Notre conclusion du composé au simple n*est valable que pour des choses subsistant par elles-mêmes. Or, des accidents de l'état n'existent pas par eux-mêmes. On peut donc facilement compromettre l'argu-* ment en faveur de la nécessité du simple, comme de parties constitutives de tout composé substantiel, et parla aussi l'objet decet argument en général, si on lui donne trop de portée, et si l'on veut le faire valoir, sans distinction, pour tout composé, comme on l'a déjà tenté plusieurs fois.
Du reste, je ne parle ici du simple qu'en tant qu'il est nécessairement donné dans le composé, puisque celui-ci peut être résolu en celui-là, comme en ses parties constituantes. La
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BEHARQVES SUR LA DEUXIÈM ANTUIOMIE.
S» Sur rantithèse.
Cette proposition de la division de la matière à nnfioi, dont la démonstration est purement mathématique, est attaquée par les monadistes. Mais leurs objections sont déjà suspectes, en ce qu'ils ne veulent point des .preuves mathématiques les plus claires, dans Pappréciation de la propriété de Pespace, en tant qu'il est, en fait, la condition formelle de la possibilité de toute matière. Us ne les considèrent que comme des raisonnements formés dldées abstraites, mais arbitraires, et qui ne peuvent être appliquées aux choses réelles; comme s'il était seulement posjsible d'imaginer une autre espèce d'intuition que celle qui est donnée dans l'intuition originelle de Fespace, et comme sises déterminations d pr/on n'atteignaient pas en même temps tout ce qui n'est possible que parce qu'il remplit cet espace ! Si l'on était de leur avis, il faudrait concevoir, outre le point mathématique, qui est simple et n'est pas une partie, mais simplement la limite d'un espace, il faudrait concevoir, dis-je, ^es points physiques qui, à la vérité, seraient simples aussi, mais qui auraient le privilège, comme parties de l'espace, de remplir l'espace par leur seule agrégation. Sans répéter ici les réfutations ordinaires et claires de cette absurdité, réfutations que l'on trouve en foule, comme il est tout à fait inutile d'ailleurs de vou* loir offusquer subtilement par des concepts purement dis« cursifis l'évidence mathématique ; j'observe seulement que si la pliilosophie chicane ici avec les mathématiques, c'est uni* quement parce qu'elle oublie qu'il ne s'agit dans cette ques* tion que des phénomènes et de leurs conditions. Mais 11 ne suffit pas ici de trouver pour iln concept intellectuel pur du composé, le concept du simple; il s'agit de trouver, pour Viniuilion du con?posé(de la matière), l'intuition du simple; B. 10
signification propre du mot monade (suivant l'usage deLeibnitz), devrait n'appartenir qu'an simple qui est immédiatement donné comme substance Simple (par exemple, dans la conscience de soi-même), et non'combae élément du composé, élément qu'il vaudrait mieux appeler atome (i). Et comme je ne veux prouver les substances simples que par rapport au composé dont elles sont des éléments^ je pourrais appeler Fantithèse de la deuxième antinomie, Vatomislique transcendentale. Mais ce mot étant déjà employé depuis longtemps pour désigner un mode particulier d'explication des phénomènes corporels Çmoleçularum), et supposant par conséquent des concepts empiriques^ il vaut mieux l'appeler principe dialectique de la morutdologie.
(1) Atomitf, masculin imaginé par Kant, au lieu du neutre ordinaire, Âtomon traduit dans la philosophie scolasiique par inseparabUe, mdiscemibile, etc. Kant a voulu manifestement Taire une opposition àMonas, ce simplêx qui hii a fait rencontrer cet ^itai Xf^ épLcvcv. Dans Démocrite , ân^, et atomutj dans Cicéron, sont du genre féminin. B.
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ce qui est toot à fait impossible d'après les lois de la sensibililé, par conséquent aussi dans les objets des sens. On peut donc toujours accorder que, relativement à un tout composé de substances, qui est simplement conçu par l'entendement pur, il est nécessaire d'avoir le simple avant toute composition de ce tout. Cependant ceci n'a pas lieu dans le totum subsUmtiale phœnomenon, qui, comme intuition empirique dans l'espace, emporte la propriété nécessaire de n'avoir aucune partie simple, parce qu^aucune partie de Fespace n'est simple. Cependant les monadistes ont été assez subtils pour vouloir éluder cette difficulté, ne supposant pas l'espace comme une condition de la possibilité des objets de l'intuition extérieure (des corps) ; ils supposent, au contraire, cette intuition, et le rapport dynamique des substances en général, comme la condition de la possibilité de l'espace. Or, nous n'avons un concept des corps qu'autant que nous les considérons comme phénomènes; mais, à ce titre, ils supposent nécessairement l'espace comme condition de la possibilité de tout phénomène extérieur. Le subterfuge est donc vain, et il a déjà été suffisamment pvévenn antérieurement dans l'esthétique transcendeniale* Sii les phénomènes étaient des choses en soi, alprs la preuve des moqadiAtes s^ait absolument valable.
La deuxième af&rmation dialecti^e préfeote cela de particulier, qu'elle a contre elle une assertion dogmatique, de tontes les subtilités la seule qui tente de démontrer péremptoirement, dans un objet.de l'expérience, la réalité de oeique noua avons compté précédemment parmi les idées transceiidentales pures, à savoir, la simplicité absolue de la substance, — on que l'objet du sens intime, le moi qui pens^est une sqb* stance absolument simple. Sans m'en^gagef maintenai^t d^^u cette question (puisqu'il en a. été . suffisamment pa^lé plus haut), j'observe seulement que, si quelque chose est simplement conçu comme objet, sans qu'on ajoute une détermimi^ fion synthétique à son intuition (précisément comme il arrive
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TBOlSifcliE OPPOSITION BBB IDÉES TRAMSGERPEHTAUSS.
THÈSE
La causalité d'après les lois de la nature n'est pas la seule dont nous puissions dériver tous les phénomènes du monde; il est nécessaire d'admettre encore une causalité par liberté pour l'explication de ces phénomènes.
PEEUVS.
Si Ton suppose qu'il n'y a de caasalitë que suivant des lois physiques, alors tout ce qui arrive suppose un état antérieur auquel il succède inëTitablement suivant une i^gle. Mais cet état antérieur doit lui-même être quelque chose qui soit arrivé (devenu dans le temps, puisqu'il n'était pas auparavant), parce que s'il avait toujours été, sa conséquence aussi n'aurait pas un jour commencé d'être, mais aurait toujours été. Par conséquent la causalité de la cause^ par laquelle quelque
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dans la pure Idée: moi), rien de divers, aucune composition ne peut assurément être perçue dans une telle représentation. Déplus, comme les prédicats par lesquels je pense cet objet sont simplement des intuitions du sens intime, ils ne pensait rien présenter qui prouve une d iversité dont les élémelits soient en dehors les uns des autres, par conséquent une composition réelle. C'est pourquoi la conscience . de soimême exige, par le fait que le sujet qui pense est en même temps son objet propre, qu'il ne puisse se diviser lui^mêmé^ quoiqu'il divise les déterminations qui lui sont 'Inhérentes; car, par rapport à lui-même ou en soi, tout objet est absolument un. Néanmoins, si ce sujet est considéré extéKtkurempit comme un objet de l'intuition, il laisse cependiint ^oir en lui composition dans le phénomène. Et il doit toujours être considéré ainsi, quund on veut savoir s'iJ y a ou non en loi une diversité dont les éléments soient extérieun les uns aux autres.