‹ La critique de la raison pure. Tome premier (volume 3)Chapitre 17 sur 28 · taavjfM · texte numérisé non relu

taavjfM

8ur le fondéxMnt de oetfe unité ou sur la propriété interne d-un être qui lui sert de base et de cauae. « Ainsi, le eoni^ept traasceodmtal et le seul déterwné. que nous fournit de Dieu la raison purement apéculat^ve, est déistiquej dans le sens le plus strict : c'est-à-dire que la raiôon ne donne pas même la valeàr objective d'.un tel concept, n^iis seulement Fidée de quelque chose (}ui soit le fondement de toute sa réalité empirique, de son unité suprême et nécessaire^'ëtqûe nous ne pouvons concevoir que par analogift à une substance réelle, qui soit, suivant des lois rikliQnAeUes, la cause de toutes choses. Si cependant nous'e^sayons dé ieeoncevoir en tout comme un objet Wrticujier, plutôt que^e nous contenter de la

siàiple idée du principe régulateur de la raison, il

faudra renoncera l'intégralité de toutes les conditions de Ija pensée, comme surpassait Uintelligence humaine; ca.qui cependant ne peut se concilier avec le but d'une- iinité systématique parfaite dans qotre connaissance, à laquelle la raison ne piet pas de barnes.

D'où il arrive que, lorsque j'admets un être divin, je n'ai pas à la vérité le moindre concept, ni de la possibilité iiïti^ne de sa perfection suprême^ ni de la néce^té de son existence; mais je. puis alors satisfaire à toutes les autres questions qqi oqncernent la contingence, et donner à la raison la plus complète satisfaction reUtivemènt a ta rechertlie de la

plus grapde^nmtédws son nsag^ empirique, si ce n'est, pjv. rapport J^ cette* suppoeition mèuie ; ce qui pfpuve que eauint^tepéculatîCy et , jioii liue connaissance clfure» ratitoriseà partir d'un point haut placé en dehors de sa sphèf^e, pour contempler de la 8^ Qb}%t» en un tout parfait. ^

Ici se montre donc unedî&éreDce delà manière de penser dans une seule et même supposition» dififérence passablement subtile, mais d*un très^-grand poids néanmoins dans la.phMosophie transcenden- Uiîe. Je puis, avoir une raison sufi&sante d'admettm quelque chose relativenleiit (suppositio relalwa), ^irs cependtfitt jaToir le droit de ra4mèUre absolument {mpposttio absoluta). Cette distinction convient loiroqu'il n'est simplement qu^Mton que d'on'principé régulateur, dont noua connaissons. la néoessité iintrinsèque il est Trai, mais non la raison de cette nikiSSBité; et que nous admettons en conséquence une raison {Gnmd) suprême, dans la vue simplement de e<mcevoir d!autant plus déterraiaément Tuniversa-

lité du principe, oomme par exemple, lorsque je.me persuade reacislence d'un être correspondant à une idées impie et transdsndentale. Car ne je puis jamais admettre l'existence de cette chose en elle-même, parce qu'aucun des concepts par lesquels je puis concevoir détermiqément un objet ne sert à œt eflbt, et que les conditionè de- la, valeur objective de mes concept sont exclues par l'idée même. Les concepts de

STB LOtfQiM' 't'

ia féBlii^f de )a subgtaiDce, de ta câuBallféy 'eeai'mêmei de la nécetoîté dads VexisHeûce^ n'ont^ 0ù dehofs de Fusage empirique, aucun 0en8 qin déta^miQe un objet, puisquHlô rendent possible la connaissance empirique d'un objet. Ils peuvent donc bien servir à l'explication de la possibilité des éboses dans ie monde sensible, mais non à celle de la possibilité d'un Tout eoffnt^iieméme^ parce que ce principe d'explication devrait être ex térieuràu monde, et par conséquent n'être pas un objet d'une expérience possible. Or, je puis néanmoins admettre un teiêtre incompréhensible pour objet d'une pimple idée relativement au monde sensible, mais pas en lui^mèiiie. Car si lé fondement du plus grand usage eiùptrique pbssible d^e ma. raison eit une idée (celle de l'unité aystémàtiquesoenl parfaite dont je parlerai tout à l'beure plus spécialement), qui en elle-même ne peut jamais sei rencontrer d'une manij[te adéquate dans l'expérience, quoiqu'elle soit absolunient nécessaire pour approcher le plus près possible de l'unité empirique, alors nonseulement j'aurai le droit, mais encore je serai forcé '4e réaliser cette idée, oW-à-dire, dé lui poser un aii^tréel, m^is uniquement comme un quelque chose en' générâlque je ne connais pas en lui-^mème et auquel je ne 4pnne ces attributs analogues aux concepts intellectuels dans l'usage empirique, que edmme à un principe de tobte unité sysiématiqûe et par rapport à cette unité. Je concevrai doué, suivait l^ttia-

TRANSCniMaTALB.

logte éei véaliiés daos ie moode/salvftnt c«Uo 4ai sufaBtànced, de k cw8alité>et'do il&' nécéèé^ nti 6tfe possédant UMisJ œsiàttrifiate àu^ plus haut degrédb pérfecUoii;€t puisque cette idée p(Mrteâim{rfieneni8iir ma raisoD) Je pourrai concevoir cet être œrnine une raiMn indépendante qui, par des idées de rharmonid et de Funité la plus parfaite, eet cause de tout roni^ vers ; de cette manière je ne fais abstraction de toutes les conditions limitatives des idées que pdur cbosti»tuer, i soin Tantorilé dé ce pi^incipe primitif, Tunité systématique de la diversité dans l'univers, et pa^ ce moyen rendre l'usage empirique de la raison le plus grand poèsiUe, en considérant toutes ces crâi» binaisoQS comme se elles étaient des dispositionâiT.tttiê raison suprême, dont la nôtre n'çst qu'un fàîUé;8BN' mulacié* Je conçois alors cet être suprême par dé pus concepts qui n'ont proprement d'application qiiè dans le monde sensible* Mais aussi; comnie cette sup» position transcendentale ne m'est accordéeque pont un usage relatif, à savoir, pour donner le substri^tum à la plus grande unité possible de l'expérience, je puis donc concevoir, au moyen seulement d'attributs qui n'appartiennent qu'au monde sensible, uifêtrè que je distingue du monde. Car je ne prétends nùU^ ment, et je n'ai pas le droit de prétendre à I4 oon*** naissance de cet objet de mon idée, quanta ce qu'il peut être en lui-même, puisque je n'ai pas de concepts qui puissent me le permettre. Les concepts ,

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mêmeft de réalité, de substance, de causalité, œlai de la nécessité dans Texistence, perdent ici toute leur valeur, et sont de vains titres de concepts sans aucun contenu, dès que je sots par lidu;chanip des sens; Je ne conçois la relation d'un être qui m'est tout à fait inconnu, avec la plus grande unité systématique de l'univers, que pour en faire un schéma du fHrineipe régulateur du plus grand usage empirique possiUe de ma raison.

Si nous jetons maintenant nos regards sur l'objet transoendental de nos idées, nous verrons que nous ne, pouvons pas en supposer rexistence en elle-même suivant les concepts de réalité, de substance, decausa- Uté, etc., parce que ces concepts n'ont pas la moindre application a quelque chose qui diffère totalement du monde sensible. Par conséquent la supposition ratiQhnelle d'un ètr^ Buprétiie comme cause première est conçue d'une ma)â1èrepureârient relative, en faveur de ftinité systématicfné dU' monde sensible ; c'est un simple quelque chose en idée, dont nous n'avons pas le moindre concept de ce qu'il est en Im^-mime. On voit aussi par là pourquoi,* ^ la vérité^ nous avops beâorn de l'idée d^un être primitif nécessaire en soij par tapiport à ce qui est dorfné d'existant pour le sens, mais pourquoi nous ne pouvons jamais avoir le moindite .concept <de icet être et de sa nécessité absolue. . A présent, nous pouvons mettre clairement sous les yepx le résultat de toute la dialectique transcenden*-

TRANSGBllDBirrALE. SSt:

taie, et âétanmner nettemâotla fia daiteièredea tàém, delà raiaoD pure, qui ne peavent être dialectique^que par un oialeuteiiâtt et une témérité. La raison pure, ne a'oocttpe;doiie que d'elle-même, et ne peut avoir aucun autre objet, parce que les objets ne lui sont: pas donnés pour F uni té du concept expérÎQientali maia bien les connaissances intellecttaelles pour l'unité: du conceptrationnel ou de l'eachainementen unprin-; cipS'Unique. L'uoitérationnelleestrunitédu système, • et cette unité systématique sert à la raison de pria* cipe, noa objectivement pour l'étendre au delà dea objets^ mais subjectiveilienteomme maxime pour l'ap- . pliquer à toute oontaaissance empirique possible djasobjets. NéanmoituB rencbaînemênt systématique que la raison piBût donnek* à l'usage empirique del'eûtendément, non-eeulement en exige rextenâioni mais il en garantit encore la juAtésse; et le principe de cette unité systématiqiie est aussi objéctif,-mais d'une manière indéterminée (prindpium vagutn),' lion à titre de. principeooastitutif , ou pour déterminer quelque cliose^ par rapport à son objet direct, mais comme maxime ou principe purement régulateur, pour provoquer et» soutenir à Tinfini (iadéterminément) l'Usage empiri*. que de la raison par la découverte de nouvelles voies> que l'entendenient. ne eonnaiît pas, sans être pour cela r jamais contraire le moins du monde aux lois del'u-. sage empirique.

Mais la raison ne peut concevoir cette unité systé-- .

989 i.e6iQUB

mfttiqiie sam donner en même temp» à eçn idée, un objet, lequel ne pent être donné. par attcuae expérience, car l'expérience ne donne jamais^ im exemple d'unité systématique parfaite; Oet. être de raison (en$ rationis rtUiocifialœ) n'est donc, à la yérité, qn'une simple Iclée, et n'est par conséquent pas pris absolament et en lui-même comme quelque diose de réel; il n'est posé en principe que probléinatiqnement (parce que nous ne pouvons l'atteindre par aucuns concepts de l'entendement), afin d'aperceToir la raison entière des choses du monde sensible comme » elles avaient leur fondement dans cet âtre de raison, niais dans le dessein seulement de fonder là-des^s Tunité systématique indispensable i la raison, nnité requise de toutes manières pour la connaissance empirique de Tentendement, sans cependant qu'elle puisse jamais lui être un obstacle.

On conoettrait mal le sens de cette idée, si on la prenait pour l'affirmation ou seolemMt pour la supposition d'une chose réelle à laquelle on penserait attribuer le principe de la constitution systématique du monde. Il faut au contraire laisser complètement indéterminée la propriété [l'essence] du principe de cette idée, principe qui se soustrait à nos concepts, et se poser une idée pour point de vue, d'où seulement cette unité si nécessaire à la raison et si salutaire à l'entendement puisse s'étendre. En un mot, cette chose transcendentale est simplementle schème de ce

TRAN$CWDBNTALE. 3S8

priqcipe.r^idatwr ppir lequel la raîfion.autaal qu'il eal en elle, étend l'unité aystématiqtte à toute expé* rienee.

Le ptemierdbjet (Tune telle îdée> eW moi-même, considéré flimplemèut comme nature peueanté (âme). Si je recherche les propriété! dont un être penfumt est doué en lui-même [son essence], je dois inter^ rog^r respériaDioey.et je ne puis appliquer à cet ob» jel aucutoe des catégories, qu'antuit que leur schéma eat donné dans Hutuititm sensible. (Mais je ne par^ vieiia jamais de cette manière à une unité systémar tique de tons les phénomènes du sens intime. Au lieu donc du eoncept expérimental (de ee qu'est réellement TâmeX concept qni ne peut pas noua mener loin, la raisoù prend le conc^ de l'unité empirique de toute pensée, et par le fait qu'elle pense cette unité inconditionnée et primitive, elle tire de là un concept rationnel (une idée) d'une substance simple immuable en elle-même (personnellement identique), et qui est en commerce avec les autres choses réelles qui lui sont extérieures, en un mot l'idée d'une intelligence simple subsistant par elle-même. Mais, en cela, elle n'a en vue. que des principes de l'unité sys* tématique dansl'explication desphénomènesde l'âme; savoir, de considérer toutes les déterminations comme e([^rténant à un sujet unique, toutes les facultés comme dérivées autant que possible d'une seule et unique faculté fondamentale, tout changement comme

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déterminant an èenl et même être cottstaïit, et de se Teprésenier toovles phénomènes ddoxB l'espace comme complètement distincts des actes de la pensée. Cette simplicité de ta substance, etc., né. devrait être 4ue le schème de ce principe régnlaleàr, loin d'être supposée la cause réelle des propriétés de Tàme. Car celles-ci peùyent aussi reposer sur des^principes tout différents, maïs que noiis ne connaissons pas, de la mèinb manière précisément que nous ne pourrions pas |N*oprement connaître Tâoie en elle-même par ces prédicats supposés, tout en voulaùt les faire valoir par rapport à elle, puisqu'ils constituent une simple idée <^ul,,ne peut absblunlent pas être représentée m coucreio. Cette idée psychologique ne peut donc être qu'àva,ntageùse, si l'on a l'atlietition de lie la faire valoir que relativeoïéDt à l'usage systématique de la raisdn par rapl][)ort aUx phéilomènes de notre âme. Car lorsqu'auéune' des lois empiriques des phénomènes .corporels, lots qui son t^ d'nne^oUt autre espèce, ne se mêlent aux expliehtions des phém>mèDes du «sens intime^ alors aucune vaine hypothèse sur la généra* tien, la mort, la ^alingénésie des âbies, etc., n'est permise. £t dès lors cet objet du sdnsintîme est en* visage dans tonte sa pureté, ^àans mélange de proprié* tés hétérogènes;- de plus, l'investigation de la raison tèild à ramener a;Q tant que possjbleà un principe unî^ que 'les. raisons d'explication dans ce sujet;' résultats qui s'obtiennent tf*è$-bien, qui ne s'obtiennent même

TRANSCBHPENTALB. 385

que par un tel schême, consididié isomme un être réel. L'idée psychologique ne peut non' plus signifier autre chose que le schème d'un concept régulateér. Car si je voulais demander seulemMt si Tâme n'est pas en elle-m6me d'une nature spirituelle^ cette question n'aurait alors aucun sens. Par ce concept j'enlève en effet non-seulement la nature corporelle, mais encore toute nature, c'est-*à-dire tqas les prédicals d'une .expérience possible, par conséquent toutes lea conditions nécessaires pour concevoir tin'* objet à un tel concept; seule chose cependant qui fait que l'on dit que ié concept a un sens.

La seconde idée régulatrice de la raison purement spéculative est le eonbept du monde eft général. Car la nature n'est propremebt qu'un fieiii'ol}get donné, par rapport auquel la raison a besoin de principes régulateurs. Cette nature est de deux espèces, ou pen-* santé ou corporelle. Pouf concevoir la nature corporelle, quant à sa possibilité intime, c'est-à-dire pour déttlirnuner l'application des caÊtégories à cette na« turto, ntms â'avbns besoin d^àucune idée, c'est^i-dire d'aucune repr&entation qui dépasse l'expérience. Il n'en est même aucune de possible par rapport ^ cette nature, parce qu^ei nous sommes uniquement conduits paf l'intuition sensible, et non commq dans le conce|it psydiofto^qnelondamentM (moi), qçi comprend a priori une certaine forme de la pensée, savoir, son unité. Il ne nous reste donc, pour la raison pure^ n. 25

386 LOfflQCK

qj^e la nature en général^ et eo elle la plénitude des oondiliona guidant an certain principe, La totalité absolue dea eériee de ces conditions, dans la dérivation de ses tneaBsbres, est une idée qui ne peut à la vérité jamais ètse réalisée parfaitement dans l'usage même empirique de la raison, mais qui sert cependant dérègle pqur la manière deinrocéder dans Texpérience, c*est-à^ire dans l'explication de phénomèaeB donnés (en rétrogradant ou en avançant). Nous devons faire alors comme si la série en soi était infinie (m indéflnitum ); mais dans le cas où la raison même est considérée comme cause déterminante(dan8 la liberté), par conséquent dans les principes pratiques, nous devons agir C(minrie si nous avions sous les yeux non un objet des sens, , mais un objet de l'entende* ment pur, où les conditions ne peuvent plus être placées dans la série des phénomènes, mais hors d'elle, et où la série des états peut être considérée comme si elle commeni^ait absolument (par une cause intelKgi* ble). Toutes choses qui prouvent que les idées cosmologiques ne sont que des principes légulateurs, et sont très-éloigoées de donner d'une maaière en quelque sorte constitutive une totalité réelle de ces séries. On peut voir le reste en son lieu dans l'antinomie de la raison pure*

La froi^ème idée de la raison ^ure, qui contient une supposition purement relative d'un être, comme cause suffisante de toutes les séries cosmologiques,

TRANSGBmMTALE. dtfi

est le eoneept rationnel de Dien. Nom n'avons pas la moindre raison de poser absolament (de supposer en soi) l'objet de cette idée; ear qu'est-ce qui peut nous permettre, ou simplement nous excuser soit de croire, soit d'affirmer, d'après le simple concept que nous nous faisons de ce qu'il esten lui-même, unétred'one perfection absolue et comme absolument nécessaire par sa nature, si œ n'est le monde, par rapport auquel seulement la supposition peut être nécessaire? Ce qui fait Toir que l'idée de cet être, ainsi que toutes les idées spéculatives, ne signifie autre chose si ce n'est que la raison prescrit de considérer la liaison universelle du monde suivant des principes d'une unité systématique, par conséquent comme si tout procédait d'un seul être embrassant tout, comme cause suprême et suffisante de tout. O'ou il est dair que la raison ne peut avoir encore d'autre vue que sa propre règle formelle dans l'extension de son usage empirique, mais jamais une extension mhdelà de taules les bornes de Vusage empirique. Cette idée ne cache donc aucun principe constitutif de don usage approprié à une expérience possible.

L'unité formelle suprême qui se fonde senleml^t sur des concepts rationnels est l'unité finale des cho^ ses ; et l'intérêt spéculatif de la raison nous force à regarder toute disposition régulière dans le jnonée comme l'effet délibéré d'une raison suprême. Un tel principe ouvre donc à notre raison, - appliquée au

çh^mp de rexpériwcé, des aspeeta kmt à bat nôs- ▼éaux pour lier les choses dans le nioode suivant des lois téieologiques, et pour parvenir de œtte manière à leur plus grande unité systématique. La supposition d'une intelligence suprême comme cause unique deVunivers, mais bien simplement en idée, peut donc toujours être utile à la raison, sans cependant lui nuire jamais en cela. Car si nous présupposons par rapport à la figure de la terre (ronde, cependant quelque peu aplatie) (1), aux montagnes, aux mers» etc., des vues parfaitement sages d'un créateur, nous Bourrons faire de cette manière une foule de déoouvertes* Si donc nous restons dans cette supposition eomtne dans un principe purement régulateur, alors

- Terreur même' ne peut nous nuire. Car il ne peut en tous cas s'ensuivreautre chose, si ce n'est de trouver,

:]i où nous atte0dions un enchaînement téléolégique (neoous fmdis)^ un enchaînement purement méteniqueou physique {neoouê effectivus); et alors nousmanquohs seulement d'une unité de plus, mais nous n'al-

. (1) LVaûlageque procure la figure arrondie de la terre est assez connu; mais peu savent que son aplatissement en forme de sphéroïde empêche k lui seul que les élévations du continent, ou toéme des plus petites montagnes produites comme par un trembloment de terre, ne dérange sans cesse^l'axe de la terre, et même d'une manière considérabfè en peu de temps," la terre formant sous la ligne une si grande montagne que la secousse de toute autre montagne ae peut jamais la déplacer par rapport à Taxe. El cependant on n'hésite pas à expliquer cette sage disposition par Téquilibre de la masse terrestre, autrefois fluide.

TEAlISCBimNTALfi. 389

téroM en mn T unité rationnelle dans wn Uta^ empiriquQ, Ce oontre^tempa ne peot donc atteindre la loi même dam son but général et téléologique. Car^ quelqu'un anatomiste puisse être conTaincu d'er* re«r pour affecter quelque organe d'un corps animal i une fin qu'on peut montrer clairement n'en pas résulter, cependant il est absolument in)po6sil[)le de faire voir dans quelques cas donnés qu'une disposition de la nature, quelle qu'elle. soh, manque tout 'à ^ fait à» fin. C'est pourquoi la physiologie (des mé-* deoins) étend aussi sa connaissance, empirique frèsli mitée des fins de la structure d'un corps organique, par un principe que donne la seule raison pure/ au point de supposer très-hardiment, et en même temps du consentement de tous les hommes sages, que tout dans l'animal a son utilité et sa fin convenable; supposition qui, si elle devait être constitutive, irait beaucoup plus loin que ne peuvent le permettre les observations faites jusqu'ici. D'où l'on voit qu'elle n'est qu'un principe régulateur de la raison^ pour arriver à l'unité systématique suprême par le.moyen de iMdée de la causalité finale d'une cause première et suprême du monde, comme si cette causé, en tant que suprême intelligence, avait tout Eait d'après un^ bût souverainement sage.

Si nous sortons de cette restriction de l'idée à Tusage purement empirique, la raison se trompe de plusieurs mâiiières, puisqu'alors elle quitte le lersain

390 Looioufi

de VespériéBce, qui doit cependant contmir le» ja* loDs4e8on chemin, et s'abandonne au*4elà deee terraîn àrincotnpréhcnaible et à l'ininvestigabley sor la hauteur duquel elle est néoessairement saisie d*é« blouissement, parce qu'elle se voit 4^ là entièrement privée de tout usage d'accord avec rexpérience.

Le premier inconvénient qui résultede l'emploi de Fidéed'un être suprême, non d'une manière simplement régulatrice, mais (ce qui est contraire à la nature d'une idée) constitutivement, est la raison paressenae (ignava ratio) (1). On peut donc appela ainsi tout principe qui fait que l'on considère une investigation de la nature, en quoi que ce soit, comme absolument accomplie, et qui porte par conséquent la raiaon à demander du repos comme si elle avait achevé son œuvre. C'est pourquoi l'idée psychologique même, quand elle est employée comme un principe conttitutif pour l'explication des phénomènes de notre âme, et en conséquence pour, étendre notre connaissance sur ce sujet au-delà de toute expérienoe (l'état deUàme après la mort), accommode foitt la raison sans doute, mais aussi corrompt et ruine de fond en oomble tout

' (i) C'est ainsi que leMincie&s diiUecUcien» appelaient le paralogisme suivant : Si le destin le veut, tu dois guérir de cette maladie» que tu aies un médecin ou que tu n'en aies pas. Gîcéron dit que celte manière de taisonaer a été ainsi appelée, panca que, si on k suit, il n'y a'ancun usage à faire de la raison dans la vie; ce qui est la cause pour laquelle j*ai caractérisé de ce nom l'argument sophistique d&I%jai8topure.

TBANSGBHDBHTALE. 891

son usage naturel suitant la direction de rexpérienoe. - C'est ainsi que le spiritualiste dogmatique explique l'unité personnelle constamment subsistante à tjravers tous les changements, par l'unité de la substance pensante qu'il croit percevoir immédiatement dans le moi; l'intérêt que nous prenons aux choi^ qui ne doivent arriver qu'après la mort, par la conscience de lanatureimmatériellede notre sujet pensant, etc« Il se débarrasse ainsi de toute recherche naturelle des causes de nos phénomènes internes par des principes d'explication physique, puisqu'une sor^e de décision supérieure d'une raison transcendante le porte à négligea au profit de sa commodité, mais au préjudice de ses lumières, les sources immanentes de la connais* sance expérimentale. Cette conséquence fâcheuse est encore plus sensibte dans le dogmatisme de notre idée d'une intelligence suprême et du système théologique de la nature (théologie physique) auquel ceci sert . buflsement de base. Car alors toutes les fins qui se montrent dans la nature, et nousen imaginons souvent de pareiHes, ne servent qu'à nous faciliter beaucoup l'investigation des causes, non pas en nous les faisant rechercher dm&. les lois générales du mécaaismede la matière, mais en nous décidant de nous en raj^rter là-dessus aux desiSins impénétrables dcila supràme sagesse* Considérant alors le travail de la raison comme achevé, nous nous dispensons de son usage, qui cependant ne trouve de fil conducteur

nulle part qu'où Tordre de la nature et la série des changements nous le fournit suivant les lois internes et générales de cette même raison. Cette erreur peut être évitée, si, — non contents de considérer du point de vue des fins quelques parties seulement de la nature, comme par exemple la division du continent,* SSL structure, la nature et la situation des montagnes^ ou bien seulement l'organisation dans le règne végétal et animal , — nous rendons encore tout â fait générale cette unité systématique de la nature, par rapport^ k l'idée d'une intelligence suprême. Car alors nous établissons en principe une finalité suivant des lois générales de la nature, auxquelles pas un seul arrangement particulier n'échappe, quoi qu'il.tîoit plus ou meûis facile, à. être eon^nu de nous, et nous avons un prinqpe régulateur de l'unité systématique d'une liaison idéologique, maii^que nous ne devons pas prédéterminer- Nous devons nous borner en Tattendant, à rechercher la liaison p)ij|Bico- mécanique, suivant des lois générales. Car aitofs seulemmit le principe de l'unité finale peut toujours étendre l'usage de la raison, par rapport à l'expérience , sans lui préjudicier en au|uin cas.

(.e deuxième vice qui résulte de la fausse interprétation du principe de l'unité systématique est celui de la raison ranversée (perversa ratio^ ^vnpov irp^ipon ralionis}. L'idée de l'unité systématique ne devrdt servir que comme principe régulateur pour la cher-

TRANSGDfDBNTALE. 393

cher ftuWant des lois naturelles ginérdes dans la liaison des choses, et à proportion du chemin que Ton aurait fait dans la découverte sur la voie empi-^ riqae, pour croire que l'on s'est d'autant plus rapproché de la plénitude de son usage, quoiqu'on ne puisse sana doute jamais l'atteindre* On fait précisément le contraire en tombant dans le vice dont nous parlons ; on commence par poser la réalité comme fondement hypostatique d'un principe de Kunité finale, et l'on détermine anthropomorphiquement le concept de cette intelligence suprême, parce qu'il est en lui*

même inaccessible i l'investigation, et alors les fins de la nature sont acceptées par force et dictatorialement, quand il est Juste cependant de les chercher dans la >voie de Htivëstigation physique. De telle sorte que nonnseulement .la téléologie, qui devrait uniquement servir à suppléer l'unité de la natwa, suivant des lois générales , ne sert qu^à ta faire dis* para&tQe; mais la raison manque encore par-là même son propre but, qui est de prouver p^r la nature l'existence d'une telle cause intelligente suprême d'après cette fin. Car si l'on ne peut supposer la finalité suprême.dans la nature à priori^ c'est-à-dire comme appartenant à son essence, comment donc serait-on tenu de la rechercher et de s'approcher par son moyen et comme par degrés de la perfection souve^ raine d'un créateur, comme d'une perfection absotument nécessaire et par conséquent oon^ssable à

priori? Le prioeipe régulateur veut que Ton sappoae absolument, et par conséquent comme dérivant de l'essence des choses, Tunité systématique, oomme unité naturelle, qui n'est pas connue d'une manière purement empirique, mais qui est supposée à priori, quoique encore înd^terminément. Mais si je mets tout d'abord ea principe un être suprême ordonnateur, c'en est fait de Tunité naturelle; car elle est tout à fût étrangère et fortuite dans la nature des choses, et ne peut plus être connue par des lois générales de ]a nature. De là un cercle vicieux dans la preuve, puisqu'on suppose ce qui {vroprement devrait être démontré.

Prendre le principe régulateur de Tunité systématique de la nature pour un principe constitutif, et supposer comme cause hyportatique ce qui n'est seu- Imnent qu'en idée pour servir de principe à Tosage uniforme de la raison , ce n'est évidemment ]^ que troubler la raison elle-même. L'investigation M la nature va son chemin en suivant feut simplement la chaîne des causes naturelles, d'après les lois générales de la nature, suivant l'idée d'un créateur, il est vrai, non pour faire dériver de ce cvéateur la finalité qu'elle poursiiit partout, mais pour ea connaître l'existence par cette finalité qui est dierchée dans l'essence des choses naturelles, et autant que possible même dans l'essence de toutes les choses en général, par conséquent pour la reconnaître comme existence

TRANSCBMIWITALE. 995

absolument nécessaire. MaU que oela réufleiwe ou ne réussisse pas, cependant l'idée reste toujotrs juste , ainsi ^ue son usage, pourvu qu'il ait été restreint aux oonditioqs d'un principe purement. régMlateur. La parfaite unité fioale est la perfection (consi«> dérée absolument) . Si nous ne trouvons pas cette perfection dans la nature des choses qtii oomposent tout l'objet 4e V^Ypérience, c'est^ànlire de toute notre connaissant^^ objectivement valable, par conséquent dans les lois générales et nécessaires de 'h naturSi comment voudrious^nous en conclure l'idée d'une perfection suprême et absolument nécessaire d'un être primitif qui soit le principe de toute causalité ? La plus grande unité systématique, par conséquent aussi l'unité finale, . est Técole et même le fiMid^ menVde. la possibilité du plus grand usage de la raison humaine. Spn idée est donc intimement liée à Tessence de notre raison. Cette môme idée est donc législatrice pour nous , et il est aussi très^naturel de lui supposer uoiexaisqn législatrice (Jnfetfec^ti^ or^Aetypi^) de laquelle toute unité systématique de la nsrture soit dérivée,, corn me de l'ologet de notre raison. Nous avons dit, à l'occasion de l'antinomie de la raison pure, que toutes les questions que cette raison élève doivent absolument être répondues, et que le prétexte des bornes de notre coonaissance, prétexte qui, dam beaucoup de questions physiques, est aussi inévitable que juste, ne peut âtre admis ici, où les

questions ne roulent pas sur la nature des choses, maie seulement sur la nature de la raison, sur sa constitution interne. Nous pouvons maintenant confirmer au premier abord cette audacieuse assertion par rapport aux deux questions auxquelles la raison attache le plud grand intérêt, et compléter ainsi notre examen de la Dialectique.

Si donc on demande (à Tégard d*une théologie transcendentale) (i), PRBMiÈRBiiEifT : s'il y a quelque chose de distinct du monde qui renferme le principe de l'ordre du monde, et de sa composition suivant des règles générales, nous répondrons : ùtn, sans doute. Car le monde est une somme de phénomènes; il faut donc bien qu'ils aient un principe transoendental, c'est-à-dire concevable au seul entendement pur. La SECOHDB question est celle de savoir si œt être est une substance de la plus grande réalité, nécessaire, etc.; je réponds que cette question tCa pas de sens. En efiét, toutes les catégories par lesquelles je cherche à me faire un concept d'un pareil objet n'ont qn'un utoge empirique et n'ont absolument pas de sens si ell^ ne S9nt pas appliquées à des objets de

(i) Ce que j'ai déjà dit précédemment de L'idée psycbelogiqae et de sa destination propre, comme principeTiour Taisage sim^tement régulateur delà raispn, me <lispense d'être long dans Texposition de Pilludon transcendentiile 8iii¥8nt laquelle cette unfté ^tématiqae de toute diversité du sens intime estreprésentée hypostatiqueinent. La méthode est ici tout-à-fait semblable à'celle que la critique a suivie par lefport à l'idéal tiiéologiqne. .

T&ANMXHMDITALE. M7

Texpéfience possible, c'est-à-dire an monde sefisiblé* Hors de ce champ, elles ne sont que des titres pour des concepts, titres qu'on peut accorder, mais par lesquels aussi on ne peut rien entendre. La troi<siÈME question enfin est ainsi conçue : si nous ne pouvons pas au moins concevoir cet être diflërent du monde, suivant une analogie avec les objets de Teipérieuce. La réponse est : oui^ assurément s mais comme objet en idée seulement, et non en réaUjIé^ c'est-àdire^ en tant uniquement qu'il est pour noas un sub* stratum inconnu de l'unité systématique, de l'ordre et de la finalité de la constitution du monde, unité dont la raison doit se faire un principe régulateur de son investigation physique. De plus, nous pouvons accorder hardiment dans cette idée, et sans crainte d'être blâmé, certains anthropomorphismes qui sont indispensables à ce principe régulateur. Car ce n'est jamais qu'une Idée, qui ne se rapporte point directement à un être différent du monde, mais au principe régulateur de l'unité systématiquedu monde^ et seulement par le moyen de son schèmè, où d'une suprême intelligence qui soit l'auteur du monde suivant des fins pleines de sagesse. On n'a pas dû penser par là ce qu'est en soi ce principe primitif de l'unité du monde, mais comment nous devons l'employery ou plutôt son idée, relativement à l'usage systéma* tique de la raison à l'égard des choses du monde. Mais, continuera-t*on , pourrons-nous cependant

908 LOOiQin

de aette manière «dmettare an créateur da monde , unique, sage ei tout puissant? San$ ctucun doute/ nanseulement noQS pooTons l'admettre, mais il /atUmème le supposer. — Mais alors n'éteudons-nous pas notre connaissance au-delà du champ de Texpérienoe possible?—Aucunement Car nous avons seulement sup— posé un quelque chose dont nous n'avons aucun concept sur ce qu'il est en lui-même ( un objet purement transcendental); mais par rapport à Tordre systématique et final de la constitution du monde, ordre que nous devons supposer quand nous étudions la nature y nous n'avons pensé un être à nous inconnu que par analogie avec une intelligence (dont le concept est empirique); c'est-à-dire que nous l'avons doté, par rapport aux fins et à la perfection qui se fondent sur un tel être, d'attributs qui, suivant les conditions de notre raison , peuvent contenir le principe d'une semblable unité systématique. Cette idée est donc entièrement fondée sur Vusage cosmique de notre raison. Mais si nous voulions lui accorder une valeur absolument objective, nous oublierions alors que c'est simplement un être en idée que nous pensons; et comme nous partirions en ce cas d'un principe indéterminable par la contemplation du monde, nous ne pourrions pas appliquer convenablement ce principe à l'usage empirique delà raison.

Mais, demandera-t-on encore, ne puis-je pas cependant de cette manière faire usage du concept et

TRÂNSGSIfDÈirrÂUS. 30^

de la supposition d'un être suprême dans la contemplation rationnelle du monde? — Oui, et c^est proprement pour cela que cette idée a été fondée par la raison • — Mais puis-je donc considérer comme des fins des dispositions qui y resseibblent, en les déri-» Tant de la volonté divine /au moyen de dispositions particulières établies à cet effet dans le monde? — Oui^ TOUS le pouvez également; mais de telle sorte qu'il TOUS soit indifférent que quelqu'un dise quela sagesse divine a tout coordonné à ses fins suprêmes, ou que ridée de la suprême sagesse est un principe régulateur dans la recherche de la nature, et un principe de son unité systématique et finale suivant les lois physiques générales , dans le cas même où nous ne r observons pas; c'est-à-dire qu'il doit vous être tout à fait indifférent de dire quand vous la percevez : Dieu l'a ainsi voulu dans sa sagesse, ou bien la nature l'a ainsi ordonné sagement. Car la plus grande unité systématique, Tunité finale, que votre raison désirait donner pour base à toutes recherches physiques, comme principe régulateur , était précisément ce qui vous autorisait à mettre en principe l'idée d'une intelligence suprême , comme un schéme du principe régulateur ; et autant vous trouvez maintenant d'après cela de régularité dans le monde , autant vous trouvez innée la légitimité de votre idée. Mais comme ce principe n'avait d'autre but que de chercher l'unité naturelle nécessaire, et la plus grande possible.

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nous l'attribuerons, à la vérité tant que nous pourrons l'atteindrOi à l'idée d'un être suprême; mais nous ne pourrons, sans nous mettre en contradiction avec nous-mêmes, dépasser les lois générales de la nature, par rapport auxquelles seules l'idée était établie, pour regarder cette régularité de la nature comme contingente et surnaturelle par rapport à son origine, parce que nous ne sommes pas autori* ses à admettre au^essus un être de la nature revêtu de ces propriétés, mais seulement à mettre l'idée de cet être en principe, pour les considérer comme unies entre elles systématiquement suivant l'analogie d'une détermination causale des phénomènes. Nous sommes donc aussi autorisés à concevoir la cause du monde en idée, non-seulement suivant un anthropomorphisme subtil (sans lequel on n'en pourrait rien penser), à savoir comme un être qui a entendement , plaisir et peine , et en conséquence désir et volonté, mais à lui attribuer une perfection infinie, qui, par conséquent, surpasse de beaucoup celle à laquelle nous pouvons être conduits par la connaissance empirique de l'ordre du monde. Car la loi régulatrice de Tunité systématique veut que nous étudiions la nature, de manière à ce qu'on trouve partout à l'infini, unité systématique et finale, malgré la plus grande diversité possible. Car, quoique nous ne découvrions que peu de cette perfection cosmique, il est cependant de la législation de notre

TRiUfSQBRDBirrALE. KM

raison de la chercher et de la soapçqnmr partout, et il doit taujouTB nous 6tre avantageux, et jamaÎB pl^ j udiciable, de régler suivant ce principe la cMtemplatiQn dé la oatnre. Mais, il est clair imasi, par eette représentation de l'idée fondamentale dhin eréateuv »iprèmd, que jeqe meta pas en principe Teiisteiice et l^f connaiesanoe d'an tel ètrCi mais settlementson idée ; et par conséquent que. je ne dérive* proprement rien de cet être, mais simplement deson^idée^ c^est^ à-dire, de la nature des choses du monde, suivant

une telle idée. Aussi uqe|eertaiiie conscience, quoique inexpliquée ou enveloppée, du légitime usage de notre ooMept Tatîônne^' semble avoir fait tenir aux philosophes de tous les twips un langage modeste et raisonnable, loraqu'Us présentant la sagesse et lapro* vidence dé la nature et de la sagesse divine, commedes locutions synonymesî, et qu'ils préfèrent même la première Locution qnand il s'agit seulement de la raison spéculative, parce qu'elle empêche la prétenticm d'affirmer plus que nous ne détona, et réduit en même temps la, raison à son propre champ, la nature. Ainsi la raison pure, qui ne semblait noua pn^ mettre d'abord rien de moins que l'extension des connaissances au delà de tont^ les bornes de l'expé^ rience, si nous la comprenons bien, ne contient que des principes régulateurs; principes qui, à la vérité, prescrivent une unité plus grandeque celle que Tusage empirique de l'entendement peut atteindre, mais qui, n. 26

4<|S LMigoB /

par oek «^éma. qu'ils placent ai kdn lalnnsDe de Tapl^xiiiHiAion de cet usage, élèvent .son açoolrd avec lui-màoMf^ par l'unitâ sjjslématiqiie^ aa plus haut degré : lanitia que ai on les eatefad mal, et si on les prend : pour' Idée' principes conetitutifs de connais- SMoeS' tffàliecfindiai|te^ psf aneiappaiènoe à la yérité lurillanAsi inais iliosoiro^ nne opinion et une pré- Idodiie aeieneeprodnisept alors d^ contradictions et des disputes éteméllea*

,Ainisi toàte oênnaisisànce humaine commence avec des â^tuiftionpf dNiù^ elle s'élèfe à de^ codcppts rt abofLtit i à des idéés% Quoiqo^dUe ait, par rapport à ces trais éléments, .des sour(5es de connaissance à priorij qui, au ) preibier aspect^ semUent dédaigner les bornes de toute expérience, une driti<^ue complète persuade 'cepen4ant qnà toute raison dans Tusage spéculatif ne,peutîàmaÎ8^ia¥ec ses éittments, déjuisser le champ . de l'expérience possible, et que la destination propre de cette faculté supréine de «onnàitre est de ne se servir de tontes les méthodes eit des principes de oes' méthodes, que pour poursuivre la nature jusque dans €0 qu'elle a de plusiûtime, suivanttous ^ priaèipeis possibles de: Tonité, dont le principal est eeluidiBsfins; qiais jamais: pour sortir des limites de la nature, hors desquelles nous ne trouvons que

TRàNSCBHDflrrjUE. M3

VespacQ vide. A la vérité, Texameii critic^ de touteff les propoeitiotia qui peaveDt 'éteindre nbti'e connaig^ sance au delà de l'expétiénee réelle nons persuade Buffidamm^t) dans rÀnalytiqtie transceudentale , qu'elles ne peaveot jamaiB conduire qu'à une expérience possible; et, si Toh ne se défiait pas des théorènaes généraux abstraits les plus clairs, et si des perspectives attrayantes et apparentes ne nous portaient à rejeter la force de ces théorèmes, assurément nous aurions pu être dispensés d'interroger pénible ment tous les témoins dialectiques qu'une raison transcendentale appelle au secours de ses prétentions; car nous savions déjà, et d'une science certaine, que tous ces préceptes, peut-être sincères, devaient être tout à fait inutiles, puisqu'il s'agissait d'une connaissance qui ne saurait être le partage de personne. Mais cependant, comme il n'y a pas de fin aux paroles, si l'on ne fait voir la véritable cause de l'apparence par laquelle la raison, même la plus subtile, peut être surprise, et comme la résolution de toute notre connaissance transcendante en tous ses éléments (comme étude de notre nature intérieure) n'est pas de peu de prix en elle-même ; c'est un devoir pour le philosophe, et non simplement une nécessité, d'examiner avec détail toute cette œuvre, si vaine qu'elle soit, de la raison spéculative, jusque dans ses premières sources. Mais comme l'apparence dialectique est illusoire et apparente^ non-seulement quant

4Q4 LOfilOVE

au jugemeat, mais encore quant à rintérêt que Ton prend ici au jugement^ et qu'elle esietaera sans doute toujours naturelle^ il était prudent de rédiger pour ainsi dire lès actes de ce procès, et de les déposer dans les archives de la raison humaine, afin d'éviter de semblables erreurs à l'avenir.

IfiTHODOLOfilE TRANSGENDENTM

Si je considère reneemble de toute connaissance de la raison pure et spéculative comme un édifice dont nous avons an moins Tidée, je puis dire que noûs en avons énuméré et déterminé, dans la science élémentaire transcendentale, les matériaux, quel que puisse être cet édifice, et quelles qu'en soient la hauteur et la solidité.Sans doute il est arrivé, quoique nous eussions dans Tesprit une tour qui devait s'élever jusqu'au ciel, qu'il ne s'est trouvé de matériaux que pour construire une habitation justement assez spacieuse et asses^ élevée pour y vaquer à nos travaux sur la plaine de l'expérience. Cette entreprise hardie a donc dû échoUiCr faute de matériaux, sans même avoir égard à la confusion qui devait inévitablement diviser les travail-* leurs sur le plan à suivre, et les disperser par tout le^ monde, pour qu'ils bâtissent chacun en particulier suivant son dessin. Maintenant^ il s*agit beaucoup^

moins des matériaux que du plan; et quoique nous soyons avertis de ne pas le hasarder sur un dessin arbitraire et aveugle, qui pourrait peutêtre dépasser toutes nosressources, nous ne pouvons cependant pas renoncer à nous élever uae demeure solide, sauf à en faire - le devis en conséquence des matériaux qui nous sont donnés, et de nos besoins en même temps.

J'entends donc par méthodologie transcendentale la détermination des conditions formelles d'un système parfait de la raison pure. En sorte que nous avons à nous occuper d'uqe dùcipHne, d'un canon, d'une architeùtoniqueji enii^. à'^xw histoire A^ la raison pure j et nous feroûiSi dans le point de va&Mnoscei»dental, ce que l'op tente dans les écolea wm le nom de logique pratique, par rapport à' l'uddge de l'entendement en général, maid qu'on exécute mal; parce qoe la logique générale n'étant restreinte à aucune espèce paarlicuUere.de connaiBsaniceintelleQtuelle (v. g« à la eonnaissapce intellectuetlef pure), n'étant pas non plus restreinte à certains objets, elle ne peut fisiire, à moins qu'elle n'emprunte à^ connaissances d'autres sciences., que de proposer des titres. aux méihodes possibles, et des expr^sions techniques dont nous nous servons par rapport à ce qu'il y a de systématique dans les différentes sciences, expressions, qui iq[>prennent d'avance à l'élève des nmns dont il ne doit qm phM^tard eonniittre la signification «t l'usage.

TRAifscBNimirrÀLB. 407

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CHAPiTi^i pjruMn«

. Discipline -de '1ï' raison pnrè/

' JLbb hdmmfsv àtideS'ide^çoiiiiBttt^y >rat «fottpea cl'<eskime, pourries jogementttiigatife^ iioa-«e«lein6iit quant à là farme^ logique, maî^ encore quant à Ib çaatière; oaks r^arde fedmfaiqieBt oôfimie des ennemia jalotix de notre Inaaliable-beddinâeeDonaître; U iaudrût presque une Apologie pobr léB'feire-toIé* ver y Beulemeut k bien plus forte pour leur Mncilier estime et faveur.

On peut eiipnmerjlô]giiqnernent'k la vérité, d'une manière négative^ toutes les propositions que l'on veutj Mais par rapport au ooiltenu de notre oonnai»saiice en général , c*es(-*àMlire si un jugement l'étend ou larestreint, les jugements négatifs ont povir fonction propre d'^mpëcAer sin^plément Y erreur. G- ert pourquoi aussi des propositions négatives, destinées à prévenir une fausse oonaaftsanee dans d^es matières où Terreur n*est jamais possible, sont à' la vérité très-vraies, mais cependant vaines, c'est-à-dire non conformes à leur but, etaont sourenl, par cette raison, ridicules. Telle est la proposition de ôe rbéteur : qu'Alexandre A*aurait rien pu conquérir saos^r niées. • :

'Mais là où les bornes de notre connaissance possible sont trè^-étroites, Vincliôatioi^ à juger grande, l'apparence très-trompeuse, et' le préjudice occa-*

408 MÉTB01H>L0Q1B

sionné par Terrear très-pernicieax, là rinstraction négathey qui ne sert qa*à nous prédenrer de rerreor, a plus d'importance qu'âne instruction positive imparfaite par laquelle notre connaissance pourrait être agrandie» La cantramle par laquelle le penchant eoatinuel à s'écarter de certaines règles est réprimé et enfin détruit^ s'appelle dUdpline. Elle difS^ de la cuUure, qui doit simplraEient procurer de Yhabii^, sans au contraire en détruire une autre déjà existante. Pour la formation d'un talent qui est déjà porté par Lui-même à se développer, la discipline donnera donc un secours ]]iég^tif(l), mais la culture et la doctrine donneront iiû secours positif.

Qvkit. 1b tempérament et des disposit^ins naturelles qui se permettent volontiers. un mouvement libre et illimité (comme l'imagination et le génie), aient besoin d'une discipline à. plusieurs égards, c'e^ ce que tout le monde accordera facilement. Mais que la raison, dont le propre est de prescrire une discipline à toutes les autres tendances de notie nature, en manque ellennème, c'est ce qui paraîtra sans doute

(I) Jfi BaSs'bien que Vùa a coutame d'employer dans la langue de l'école le nom de dUcipline comme Synonyme de celui d'instraction. Mais il y a au contraire beaucoup d'autres cas où la première expression se distingue soigneusement de la seconde et signifie correC' Hon, tandis que l'autre signifie éducation; ei la nature des choses demande que Ton conserve, en faveur de cette distinction, les expressions les plus convenables. Cest pourquoi je désirerais qu'on ne prit jamais le mot discipline que dans le sens négatif.

TRANSCnfDBlITALB. 409

étrange. Et en fait, elle s'est efliscUTement soustraite jusqu'ici à cette espèce d'humiliation , précisément

parce qu'en voyant son air imposant et solennel, personne ne pouvait bcilement la soupçonner capable de s'occuper d'un jeu frivole d'images au lieu de conceptSy et de mfots au lieu de choses.

11 n'est besoin d'aucune critique de la raison dans l'usage empirique, parce que ses. principes sont con-

tinuellemeht soumis au contrôle de l'expérience. Il en est de même dans les mathématiques, où ses concepts doivent être exposés continuellement à l'intuition pure in concreto; par-là, tout ce qui est faux et arbitraire est aussitôt rendu visible. Mais dans les cas où ni rintuitién^empirique, ni l'intuition pure ne contiennent la raison dans un orbite percevable, savoir dans son usage transcendental par les seuls concepts, alors ellea grandement besoin d'une discipline qui réprime son penchant à s'étendre au-delà des bornes restreintes de l'expérience possible, et la garantisse de TextraTaganoe et de Terreur; et toute la philosophie de la raison pure n'a d'autre but que cette utilité négative. Elle peut remédier aux erreurs particulières par la censure^ et à leurs causes par la critique. Mais dans le cas où^ comme dans' la raison pure, se trouve un système total d'illusions et de prestiges bien liés entre eux, et systématisés d'après des principes communs, il semble nécessaire d'établir une législation toute spéciale, mais négative, et qui ,

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