‹ La critique de la raison pure. Tome premierChapitre 28 sur 72 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

êjatE d'une logique TRAMgÇGNPEirrÀLE.

P6 1% Î4m^Q en griônéra).

Notre (CopQaisseood découle do deux prinpipjsiles soprces intellectuelles : la premièro est h mpmtè dP recevoir les représenlatious (la récaptivito de$ impressions); la seconde, la faculté d9()0|inaître uu objet par ces représentations (la spontauéito d^ cpEcepts). Par la première, un objet uous est dooué; par la se^conde, il est pensé en rapport avec cette r^pré60utar tion (comme pure déi^pmiuation d^ l'esprit), JUue intuition et de^ concepts , voilà donc les éléments de toute notre connaissance : tellement que les coucepts

sans intuition correspondante, ou une intuition sans concepts, ne peuvent donner une connaissance. L'intuition et le concept sont ou purs , ou empiriques : empiriques^ quand une sensation (qui suppose la présence réelle de l'objet) s'y trouve contenue; purs^ au contraire , quand aucune sensation ne se mêle à la représentation. On peut appeler la sensation, la malière de la connaissance sensible. Une intuition pure ne contient donc que la forme sous laquelle quelque chose est perçu ; et un concept pur, la forme seule de la pensée d'un objet en général. Mais des intuitions pures ou des concepts purs ne sont possibles qu'a pfiori; des intuitions et des concepts empiriques ne le sont qu'à posteriori.

Nous appellerons Sensibilité h capacité (réceptivité) de notre esprit d'avoir des représentations, en tant qu'il est affecté d'une manière quelconque; au contraire, la faculté de produire des représentations mêmes , ou la spontanéité de la connaissance^ s'appellera Entendement. Il est donc de notre nature que l'intuition ne puisse être que sensi6te^' c'est-à-dire qu'elle ne comprenne que la manière dont nous sommes affectés par les objets. V entendement ^ au contraire, est la faculté de concevoir Tobjet de l'intuition sensible. L'une de ces propriétés de l'âme n'est point préférable à l'autre : elles sont d'une égale importance : sans la sensibilité , aucun objet ne nous serait donné , et sans l'entendement aucun ne serait

pensé. Des pensées sans matière ou sans objet sont vaines, des intuitions sans concepts sont aveugles. Il est donc également iildispens^le, et de rendre ses concepts sensibles (c'est-à-dire de leur donner un objet en intuition), et de rendre' inteitigibles ses intuitions (en les soumeUant>à des concepts). Ces deux facultés ou capacités ne pgu^ent non plus se suppléer Tune l'autre, en changeant respectivement de rôle : l'entendement ne peut rien percevoir, et les sens rien penser. La connaissance ne résulte que de leur union.' Il ne faut donc pas confondre leurs attributions; il y a au contraire une grande raison de les séparer et de les distinguer soigneusement. Nous distinguons donc la science des lois de la sensibilité en général, c'est-à-dire l'Esthétique, de la science des lois de l'entendement en général, c'est-à-dire de la Logique.

La Logique peut encore être envisagée sous deux points de vue, suivant qu'il s'agit, ou des opérations générales, ou des opérations particulières de l'entendement. De là une Logique générale et une Logique particulière. La première comprend les règles absolument nécessaires à la peosée, sans lesquelles toute opération intellectuelle est impossible, et n'a par conséquent point à s'occuper de la diversité des objets auxquels l'entendement peut s'appliquer. La Logique particulière comprend les règles pour penser convenablement sur une espèce d'objets déterminés. La première peut s'appeler Logique élémentaire; la seconde,

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Organo [ou loitranieiit] de telle ou telle leienoe. Geller oi eit préalablement enseignée dans les écoles, comme propédeutique des #cieB06s, quoiqu'elle soit la dep* nière chose à laquelle parvienne la raison humaine dans son développei|Mnt, lorsque la science est déjà très^avancée et n'attend que la dernière main pour être perfectionnée. En effets il faut déjà connaître les choses à un degré passablement élevé pour pouvoir donner les règles qui les soumettent à une connlÙB-r sance scientifique.

Maintenanti la Logique générale est pure ou apppliquée. Dans la pr^ière, nous faisons abstraction de toutes les conditions empiriques sous lesquelles notre entendement s'exerce, par exemple de l'influence des sens, du jeu de l'imagination, des lois de la mémoire, du pouvoir de l'habitude, de celles de l'inclination, etc. } par conséquent aussi des sources des préjugés, et mêiHe en général de toutes les causes d'où nous viennent ou d'où pourraient être supposées nous venir certaines connaissances i et cela, parce que ces causes ne concernent l'entendement que dans des circonstances déterminées de son application, et qu'elles ne peuvent être connues que par l'expérience. La Logique générale, mais pure, ne consiste donc que dans des principes purement à priori, et sert de co^ non ou de rigle à V entendement et à la raison, mais uniquement par rapport à la partie formelle de Leur opération, de leur usage^ quelqu'un soit du reste

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l'objet (empirique ou transcendental). On dit d'une Logique générale qu'elle est appliquée, quand elle s'occupe dqs règles de l'usage de l'entendementi sous les conditions subjectives et empiriques que nous ensei»* gne la Psychologie. Quoique généralei en oe sens qu'elle concerne l'usage de l'entendement sans distinction d'objets, cette Logique a donc des principes empiriques. Elle n'est donc, par cette raison, ni une règle de l'entendement en général, ni |un organe de sciences particulières, mais uniquement une cathartique de l'entendement commun.

Il faut donc soigneusement distinguer, dans la Logique générale, la partie qui doit composer la théorie pure de la raison, de celle tout à fait distinete de la précédente, qui constitue la Logique pratique ou appliquée (quoique celle-ci soit elle*méme générale). La première seule, bien que courte et aride, telle, en un mot, que l'exige un traité scolastique de la science élémentaire de l'entendement, constitue à proprement parler la science. Dans cette partie de la science , les logiciens ne doivent donc jamais perdre de vue ces deux règles :

l"" Gomme Logique générale, elle fait abstfftction de toute matière de la connaissance de l'entendement et de la diversité de ses objets, pour ne s'occuper que de la forme pure de la pensée.

2** Comme Logique pure, elle n'a aucun principe empirique; elle ne tire conséquemraentrien (comme

on 86 Test quelquefois persuadé faussement) de la Psychologie^ qui n'a par conséquent pas la moindre influence sur le canon de l'entendement. Elle est une science démontrée, et tout en elle doit être par^ faitement certain à priori»

Ce que j'appelle ici Logique appliquée (contrairement à la signification ordinaire de ce mot, par lequel on doit entendre certains exercices dont la Logi* que pure donne les règles), est donc une représentation de l'entendement et des règles de son usage nécessaire in concreto, c'est-à-dire, sous les conditions contingentes du sujet, qui peuvent entraver ou favoriser cet usage, et qui toutes ne sont données qu'empiriquement. Elle traite de l'attention, de ses obstacles et de ses effets, de l'origine de Terreur, de Tétat de doute, d'hésitation, de persuasion, etc. La Logique générale et pure soutient avec elle le même rapport que la morale pure, qui comprend uniquement les lois morales nécessaires d'une volonté libre en général, soutient avec la science propre de la vertu, laquelle considère ces lois par rapport aux entraves des sens, des inclinations et des passions auxquelles les hommes sont plus ou moins sujets, et ne peut jamais être une science véritable, une science démontrée, parce qu'elle a besoin, ainsi que la Logique appliquée, de principes empiriques et psychologiques.

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' De la Logique transcendentale.

La Logique générale s'abstient, comme nous l'avons dit, de toute matière de la connaissance, c'està-dire de tout rapport de la connaissance à son objet; elle ne considère que la forme logique sous le rapport des connaissances entre elles, c'est-à-dire la forme de la pensée en général. Mais comme il y a des i intuitions pures et des intuitions empiriques (ainsi que le prouve l'Esthétique transcendentale), il pourrait bien y avoir aussi une différence entre la pensée pure et la pensée empirique des objets. Dans ce cas, il y aurait une Logique dans laquelle ou ne ferait pas abstraction de toute matière de la connaissance; car celle qui comprendrait uniquement les lois de la pensée pure d'un objet exclurait toutes les connaissances provenant d'une matière empirique. Elle traiterait aussi de l'origine de nos connaissances des objets, en tant que cette origine ne peut être attribuée aux objets : tandis que la Logique générale, au contraire, ne s'occupe poinj; de cette origine de nos connaissances , elle considère seulement les représentations suivant les lois d'après lesquelles l'entendement les emploie les unes par rapport aux autres, quand il pense, qu'elles aient primitivement leur origine en nous-mêmes à priori^ o.u qu'elles n'aient

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qu'one origine à posteriori. Elle ne traite donc que de la forme intellectuelle qui peut être attribuée aux représentations, qaelle que puisse être d'ailleurs leur origine.

Je farai ioi une obienratiDn qui s'applique à tout ce qui doit suivre^ et qu'il faut toujours avoir pré* seote à l'esprit : e'est^que toute connaissance ^^pn'on' ne doit pas être appelée transoendentale, mais celle^ là seule par laquelle nous connaissons que certaines représentations (intuitions ou concepts) ne sont appliquées ou possibles qu'à priori et commentelles le sont. Le caractère transcendental des connaissances n'est donc que leur possibilité ou leur usage à priori. Par conséquent, ni l'espace, ni une détermination géométrique quelconque de l'espace à priori, ne peut être une représentation transcendentale : la connais^ sanoe de rorigine non empirique de ces représentations, et du comment il se fait cependant qu'elles ^se rapportent à priori à des objets de rexpéfienee, peut seule s'appeler tmnacendentale. L'application de l'espace aux objets en général serait de même transcendentale ; mais si cette application est restreinte aux objets des sens, on l'appelle alors empirique. La différence du transcendental et de Tempirique n'appar-* tient donc qu'à la critique des connaissances, et ne regarde point leur rapport à ce qui en est l'objet.

Dans la présomption qu'il peut y avoir des coneapts qui se rapportent d priori aux objets , non

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comide des intuitions pures ou sensibles, mais simplement comme des actes de k pensée pure^ concepts dont par coûsé(|ueBt Torigine n'est ni empirique, ni esthétique^ nous nous faisons alprs^ par anticipation^ ridée d'une science de Tentendement pur^ ût d'une connaissance rationnelle par laquelle nous pensons des objets tout à fait â priori. Une science qui déter^ minerait l'origine^ la circonscription et la valeur ob-» jective de ces connaissances, pourrait s'appeler Logi* que transcendentale, comme n'ayant aiîaire unique^ ment qu'aux lois de l'entendement et de la raison* Cette logique ne s'occupeen effel des objets que d'uni maijûère à priori^ à la différence de la logique générale, qui s'occupe sans distinction des connaissances empiriques et des connaissances pures%

De la division de la Logique générale en Analytique et Dialectique,

L'aneieqne et célèbre question par laquelle on pré* tendait poussa à bout les logiciens, en cherchant à ^ les surprendre par un misérable diallèle, ou à leuf ^^y^ faire reconnaître leur ignorance, et par conséquent la vanité de tout leur art, est celle-ci : Qu'est -cb QUE hk VÉRITÉ? La définition nominale de la vérité ^ savoir : l'accord de la connaissance avec son Ob'jet, est admise et supposée dans cet ottYrage» Mais on

voudrait savoir quel est Tuniversel et sûr critère de la vérité de toute connaissance.

C'est déjà une grande et indispensable preuve de sagesse et de lumière que de savoir ce qu'il faut raisonnablement demander ; car si la question est absurde et n'est susceptible d'aucune réponse sensée, elle emporte, outre la honte pour celui qui la fait, quelquefois aussi l'inconvénient pour celui qui répond imprudemment, d'être poussé à des réponses absurdes, et présente ainsi, sous un aspect ridicule, deux personnes dont l'une (comme disent les anciens) trait le bouc pendant que l'autre tient le 'Caquet. [^/

Si la vérité consiste dans la convenance d'une connaissance avec son objet, cet objet doit, par le fait, être distingué de tous autres ; car une connaissance est fausse si elle ne s'accorde pas avec l'objet auquel elle est rapportée, contînt-elle du reste quelqueefaose qui pût valoir par rapport à d'autres objets. Or, un critère universel de la vérité serait celui qui vaudrait pour toutes les connaissances sansjdistinction de leur objet. Mais, puisqu'on fait alors abstraction de toute matière de la connaissance (de tout rapport de la connaissance avec son objet), quoiqu'il n'y ait cependant d'autre vérité que celle qui se rapporte à cette matière, il est clair qu'il est xi à fait impossible, absurde même, de demander un caractère de la vérité de cet objet de la connaissance, et que par conséquent une marque suffisante et néanmoins univer-

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selle de la vérité, est impossible à donner. Comme nous avons déjà appelé ci-devant l'objet d'une connaissance sa matière, on devra donc dire de la vérité, quant à la connaissance de la matière, qu'il est contradictoire d'en demander un critère général.

Mais, pour ce qui est de la connaissance quant à la forme pure (sans faire attention à la matière), il est également clair qu'une Logique, en tant qu'elle traite des lois générales et nécessaires de l'entendement, doit exposer par là même les critères généraux de la vérité. Car tout ce qui les .contredit est faux, parce qu'alors l'entendement, en allant contre ces lois générales de la pensée, se contredit lui-même. Mais ces critères ne concernent que la forme seule delà vérité, c'est-à-dire de la pensée en général; ils sont justes à cet égard, il est vrai ; mais aussi ils sont insuffisants : car, quoiqu'uneconnaissance puisse être parfaitement d'accord avec la forme logique, c'est-à-dire n'être pas contraire à elle-même, elle peut cependant contredire encore l'objet. Le critère purement logique de la vérité, je veux dire l'accord de la connaissance avec les lois universelles et formelles de l'entendement et de la raison, est à la vérité la condition sine quânon et par conséquent négative de toute vérité ; mais la Logique ne peut aI18r plus loin, ni découvrir par une pierre de touche l'erreur, qui atteindrait la matière et non la forme.

La Logique géuérale résout donc en gcs éléments I, 6

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tout le trftvpij formel dp VenteqdenaeRt ç( de }» rftiçop, et présente ceg élérpents comme des principe^ dç tout jugeinent }pgiaue de nqtre conp^issance. Cette partie de la Logi(|ue peut donc s^appeler AQaly(i(|ue^ et devient par cette raison la pierre dp touc)ie| au moins négative, de la véritCi ^uisaue toute conq^tissanpe doi( être ei^apiinée et jugée d'après ces règles, quant à sa foraie^ avant d'être examinée cjuant à la ilialièrp pour ^avpir si, dans son rapport ave« sop ob* jet, elle renfermait une vérité positive. Mais comme la forme pure 4o la connaissance, quel qu'ep pyisse être l'accord avec les lo^S lo^ques, ne suffît pas à t)eaucoup près pour constituer la vérité matérielle (oJ)jjeçtive) de cette connaissance, on ne peut do^ic entreprendre à l'aide de la Logique seule déjuger dçs objets et d'en a(ïirmeï» quoi que ce soitj^ sans en avoir auparavant pris une idée approfondie, indépendamment de la Lpgique, sauf à rechercher ensqite leur usa^e et leur liaison en un tout systéniatique suiyf^p^ dpg loia logiques, ou mieux encore, à les. soumettre simplement à ces mènies lois. Il y a toutefois quelque chose de si séduisaut dans la ppssession de^l'art spécieux de donner à toutes nos connaissances la forme de Tentendement, quoiqu'on soit encore infiniment pauvre, spus le rapport de leur objet, que la Logique générale, qui n'est qu'un simple canonmxkv juger critiquement , sert en quelque sorte copime à^ Organe pour obtenir rcellemeati du moinscn appa-

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reoce, des assertions objectives, et par conséquent a été| dans le fait, employée d'une manière abusive. Or, cette Logique générale, comme prétendu Organe, s'appelle Dialectique .

Quelque différente que soit la signification que, les anciens donnaient à ce mot, de celle que nous lui donnons, on peut néanmoins conclure, d'après l'emploi réel qu'ils en faisaient, que la dialectique n'était pour eux que la Logique de Vapparence. Art sophistique de donner à son ignorance, et même à des prestiges prémédités, la couleur du vrai, en imi* tant la méthode de la fondamentalité que prescrit la Logique en général, et dont la Topique servait à pallier les plus vaines prétentions. Or, on peut remarquer, et c'est un avertissement non moins sûr qu'utile, que la Logique générale, considérée comme Organe, n'est jamais qu'une Logique de l'apparence, c'est-à-dire une Logique dialectique. Car, ne nous apprenant rien sur la matière de la connaissance et ne nous doqnant que les conditions formelles de la convenance de cette connaissance avec l'entendement, conditions qui du reste sont parfaitement indifférentes par rapport aux objets, la prétention de s'en servir comme d'un Instrument (Organe) pour étendre ses connaissances et en acquérir de nouvelles, ne doit donc aboutir qu'à un verbiage inutile, par lequel on affirme ou l'on nie tout ce qu'on veut et avec une égale apparence de raison.

Un pareil enseignement n'est point conforme à la dignité de la philosophie. C'est pour cette raison qu'on a préféré donner à la Logique le nom de Dialectique^ dans le sens de Critique de l'apparence dialectique; et c'est aussi sous ce point de vue que nous l'envisagerons ici.

Division de la Logique transcendentale en AnaXytique el Dialectique . •

transcendentcUes, ' *

Dans la Logique transcendentale, nous isolons : l'entendement (comme nous avons isolé la sensibilité dans l'Esthétique transcendentale), et nous ne prenons de notre connaissance qno la partie de la pensée qui a son origine dans l'entendement seul. Mais une condition essentielle pour l'emploi de cette connaissance pure, c'est que des objets auxquels elle puisse s'appliquer soient donnés en intuition : car, sans intuition, point d'objet de connaissance, et alors point de connaissance. La partie de la Logique transcendentale qui traite des éléments de la connaissance pure de l'entendement et des principes sans lesquels aucun objet ne peut jamais être pensé, est tout à la fois une Analytique transcendentale et une Logique de la vérité. Car aucune connaissance ne peut se trouver en opposition avec elle sans perdre aussitôt toute sa matière, c'est-à-dire tout rapport à un objet quelconque, par conséquenttoutevérité. Mais, comme

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c'est une chose très-séduisante que l'emploi de ces connaissances et de ces principes purs de l'entendement, même en dehors des bornes de l'expérience, quoiqu'elle seule puisse nous fournir la matière (les objets) à laquelle ces concepts purs de l'entendement peuvent être appliqués, l'entendement court ah)rs le risque de faire, par de vains raisonnements, un usage matériel des principes purement formels de l'entendement pur, et de juger indistinctement des objets qui ne nous sont pas donnés, et qui même ne le seront probablement jamais. Puis donc que la Logique doit proprement et uniquement servir de règle au jugement critique de l'usage empirique, ce serait en abuser que de la faire servir comme V Or gane d' un usage général et illimité, et de se hasarder avec le seul entendement pur à juger, à prononcer et à décider synthétiquement sur des objets en général. L'usage de l'entendement pur serait donc alors dialectique. La seconde partie de la Logique transcendentale doit donc être une critique de cette apparence dialectique, et s'appeler dialectique transcendentale; non pas que ce soit l'art trompeur de susciter dogmatiquement cette apparence (art des différents prestiges métaphysiques malheureusement trop fréquents), mais parce qu'elle est une critique de l'entendement et de la raison par rapport à leur usage hyperphysique, critique propre à mettre à découvert la trompeuse apparence des vaines prétentions de ces

8B LOGtQUC

deux facultés, et à modérer leurâmbitlôtl démèsufcè de connaître la vérité et d^ed étendre le domaltie, au moyen seulement de principes transcendentaux, critique propre encore à réduire cette prétention à un simple jugement criti(}Ue et à utie garantie de l'entendement pur contre les illusions sophistiques.

LOGIQUE TRANSCENDENTÂLE.

PREMIERE Division.

Analytique transcendentale.

Cette analytique est la décomposition de toute notre connaissance à priori en éléments de la connaissance de Tentendement pur. En quoi il faut faire attention aux points suivants : l'' que les concepts soient purs et non empiriques; 2° qu'ils n'appartiennent ni à l'intuition ni à la sensibilité, mais à la pensée et à l'entendement; 3^ qu'ils soient des concepts élémentaires, et tout différents des concepts dérivés ou de ceux qui en sont composés ; 4"^ que la table en soit complète et qu^ls forment tout le domaine de l'entendement pur. Or, cette intégralité d'une science ne peut être conclue avec certitude sur le comput d'un simple agrégat formé a la suite de recherches laborieuses, mais faites sans méthode : elle n'est donc possible qu'au moyen d'une idée du tout de la connaissance intellectuelle à priori^ et par la division qui sera faite des concepts qui la composent ;

TRANSCËMBËfttALE. ÈH

pÀt toÛ^ètiûM âU m^éû seulement flë lèd)- mh&l^ liénïent M^stématîqiie. L'énieUdëinent pht ëë dlëtifl^é pdffàitënietit , hôtl-àëUlemëilt dé tOUt etiipirldtnë , maid eûcôfë dé t»uté séndibilltê. 11 fbrttie done une ceHàlfiè Utiité ëùbâiStàhte par elle-ltièmey de suffisant à ëUe-iUêmë, et qui ne peut être augmentée piir au-^ ôtlUe Slâditioii étrangère. L'ensemble de sa connaissâûce foi*mera dbnd un syisitème qui devra être contenu et déterminé sous une seule idée , système dont Tin-^ têgt*alité et la distribution peuvent en même temps fournir une pierre de touche pour éprouver la légitimité et la valeur de toutes les parties de la connaissance qui le constituent. Mais cette partie de la Logique transcendentale forme deux livres^ dont l'un comprend les concepts, l'autre les principes de l'entendement piir.

ANALYTIQUE TRANSCENDENTALE

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