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SYSTÈME DES PRINCIPES DE L'ENTENDEMENT PUR

SECTION II

Du piincipe suprême de tous les jugçments synthétiques.

L'explication de la possibilité de tous les jugements synthétiques est un problème dont la Logique générale n'a pas à s'occuper, dont elle n'a pas même besoin de connaître ,1e nom. Mais, dans la Logique transcendeutale, c'est la chose de toutes la plus importante, et même la seule, s'il est question de ia possibilité des jugements synthétiques à priori^ ainsi que des conditions et de l'extension de leur validité. Car une fois cette question décidée, elle atteindra complètement son but, qui est de déterminer la circonscription et les bornes de l'entendement pur.

Dans le jugement analytique, je m'attache à un concept donné pour décider quelque chose à son égard. Doit-il être afiirmatif : je n'attribue alors à ce concept que ce qui y était déjà pensé. Doit-il être négatif : je ne sépare du concept que ce qui lui est opposé. Mais dans les jugements synthétiques, je

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dois aller au delàdiî concept donné, pour considéfrer en rapport avec ce concept quelque chose tout différent de ce qui y était penaé : ce qui, par conséquent, pe donnç jamais »n rapport d'identité ni de contradiction ; et, en cela, le jugement ne peut présenter en lui-même ni vérité ni erreur.

Par conséquent si l'on accorde qu'il faut sortir d'un concept donné pour le comparer synthétique^ ment avec quelque autre, il faudra un certain moyenterniie dans k(|uël sepl la synthèse ^de deux concepts puisse s'opérer. Mais quel est ce terme moyen de tous les jugements synthétiques ? Ce ne peut être qu'un ensemble dans lequel toules nos représentations sont comprises, savoir : le sens intime et sa forme àprioriy le temps. La^synthèse dés représentations repose sur rimagi|}ation, mais leur unité synthétique (qui est requise pour le jugemetat) repose sur l'unité de l'aperception ..C'est donc là qu'il faut chercher la possibi- ' lité des jugen\ents synthétiques. Et comme ces trois choses sont les sources des représentations à priori, la possibilité des jrfgements synthétiques purs y doit être également cherchée. Ils en dérivent même nécessairement, s'il doit y avoir une connaissance des objets qui ne repose que sur la synthèse des représentations.

Pour qu'une connaissance puisse avoir une réalité

objective, c'est-à-dire se rapporter à un objet, elle

doit avoir un sens et une signification par rapport à

lui ; l'objet doit donc pouvoir être donné d'une ma-

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